En revanche, le médicament porte un avertissement concernant un risque potentiel de cancer médullaire de la thyroïde, car des tumeurs ont été observées chez des rats traités par tirzépatide. On ne sait pas si ce risque existe chez l'humain.
Le Mounjaro est contre-indiqué chez les personnes ayant :
- un antécédent personnel ou familial de cancer médullaire de la thyroïde ;
- un syndrome de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (MEN2).
Il faut consulter rapidement si des symptômes apparaissent : boule dans le cou, difficulté à avaler, enrouement persistant ou gêne respiratoire.
Si votre question est plus spécifique (par exemple « J'ai eu un cancer, puis-je prendre le Mounjaro ? » ou « J'ai un cancer de la thyroïde et je suis sous Mounjaro »), indiquez le type de cancer et votre situation, et je pourrai vous donner des informations plus adaptées.Oui, c’est probablement de cela qu’ils parlaient à la radio.
Les médicaments comme Mounjaro, Ozempic ou d’autres agonistes du GLP-1 suscitent actuellement beaucoup d’intérêt en cancérologie. Mais il faut distinguer deux choses :
- Traiter un cancer existant
- Réduire le risque de développer ou d’aggraver certains cancers
Pour l’instant, les résultats les plus solides concernent surtout le deuxième point.
Des études observationnelles récentes suggèrent que les patients prenant des médicaments de type GLP-1 présentent moins de cancers liés à l’obésité ou une progression plus lente de certains cancers (sein, côlon, foie, poumon notamment).
Une étude présentée au congrès de l’American Society of Clinical Oncology en 2026 a même observé une diminution importante du passage à des cancers métastatiques chez certains patients déjà atteints de cancer.Les chercheurs pensent que plusieurs mécanismes pourraient intervenir :
- perte de poids importante ;
- diminution de l’inflammation chronique ;
- amélioration du métabolisme et de l’insuline ;
- éventuellement des effets directs sur certaines cellules tumorales.
À l’heure actuelle :
- le Mounjaro n’est pas un traitement du cancer ;
- il est autorisé pour le diabète de type 2 et la perte de poids selon les indications ;
- mais il existe un véritable enthousiasme scientifique autour de son potentiel effet protecteur contre certains cancers liés à l’obésité.
Si vous avez entendu l’émission sur une radio française, je peux aussi essayer de retrouver l’étude ou l’interview exacte dont ils parlaient.
Ils viennent encore d'en parler à France-info
Oui, ça correspond très probablement à une information reprise aujourd’hui par plusieurs médias après une présentation au grand congrès américain de cancérologie (ASCO à Chicago).
Ce qui a été présenté est assez impressionnant : chez plus de 20 000 patients atteints de certains cancers, ceux qui prenaient des médicaments de type GLP-1 (comme Mounjaro ou Wegovy) semblaient moins souvent évoluer vers un cancer métastatique. Selon les résultats présentés, la réduction du risque de passage au stade métastatique pouvait atteindre environ 50 % dans certains groupes de patients.
Les cancers concernés dans cette étude étaient notamment :
- cancer colorectal ;
- cancer du foie ;
- cancer du sein ;
- cancer du poumon non à petites cellules.
C’est ce qui explique l’enthousiasme actuel : on ne parle plus seulement de prévention liée à la perte de poids, mais de la possibilité que ces médicaments influencent aussi l’évolution d’un cancer déjà diagnostiqué.
En revanche, les oncologues restent prudents :
- ce ne sont pas encore des essais cliniques randomisés ;
- on ne sait pas si l’effet est direct sur les cellules tumorales ;
- il est possible qu’une partie du bénéfice vienne simplement de l’amélioration du poids, du diabète, de l’inflammation et de l’état général des patients.
Donc la phrase « très efficaces contre le cancer » est un peu plus forte que ce que les chercheurs affirment aujourd’hui. Ce qu’ils disent plutôt, c’est : les résultats sont très prometteurs et pourraient changer une partie de la prise en charge de certains cancers, mais ce n’est pas encore considéré comme un traitement anticancéreux validé. Si vous voulez, je peux aussi vous expliquer pourquoi les médicaments GLP-1 pourraient biologiquement freiner certaines tumeurs — c’est un sujet assez intéressant et différent du simple effet amaigrissant.
Oui
Les chercheurs explorent plusieurs mécanismes possibles, et c'est justement ce qui rend le sujet intéressant.
1. La perte de poids
L'obésité augmente le risque de nombreux cancers (sein après la ménopause, côlon, foie, rein, endomètre, etc.). En réduisant fortement le poids, des médicaments comme Mounjaro peuvent diminuer plusieurs facteurs qui favorisent la croissance tumorale.
2. La baisse de l'insuline
Les personnes en surpoids ou diabétiques ont souvent des taux élevés d'insuline. Or l'insuline n'est pas seulement une hormone qui régule le sucre : elle peut aussi stimuler la multiplication cellulaire. En améliorant la sensibilité à l'insuline et en réduisant son taux circulant, les agonistes du GLP-1 pourraient rendre l'environnement moins favorable à certaines tumeurs.
3. La réduction de l'inflammation chronique
L'obésité s'accompagne souvent d'une inflammation de bas grade permanente. Cette inflammation est associée au développement et à la progression de plusieurs cancers. Les traitements GLP-1 semblent réduire certains marqueurs inflammatoires.
4. Un effet direct sur certaines cellules cancéreuses ?
C'est l'hypothèse la plus fascinante, mais aussi la moins prouvée. Certaines études de laboratoire suggèrent que des cellules tumorales possèdent des récepteurs liés à la voie du GLP-1. Les chercheurs cherchent à savoir si ces médicaments pourraient agir directement sur la croissance ou la survie de certaines tumeurs. Pour l'instant, cela reste un domaine de recherche.
Pourquoi les médecins restent prudents
Quand une étude montre que les patients sous Mounjaro ou médicaments similaires ont moins de métastases ou une meilleure survie, il est difficile de savoir quelle part du bénéfice vient :
- de la perte de poids ;
- d'un meilleur contrôle du diabète ;
- d'une meilleure santé cardiovasculaire ;
- ou d'un effet anticancéreux direct.
Pour répondre à cette question, il faut des essais cliniques où les patients sont répartis au hasard entre traitement et comparateur.
C'est pour cela que les spécialistes parlent aujourd'hui de résultats très prometteurs, mais pas encore d'une « révolution anticancer » démontrée.
D'ailleurs, si les résultats se confirment dans les prochaines années, il est possible que des médicaments comme Mounjaro ou Wegovy deviennent des compléments aux traitements de certains cancers liés à l'obésité, plutôt que des remplacements de la chimiothérapie, de la chirurgie ou de l'immunothérapie.