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Les émeutes du foot

vendredi 5 juin 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 5 juin 2026).

5 juin 2026 : j’aimerais qu’un jeune, je suppose que ce sont des jeunes, qui participe à ces émeutes m’explique pourquoi (s’il le comprend lui-même !) il y participe. Je comprends les émeutes quand il y a une colère contre le système capitaliste, contre la société de consommation, contre la société du spectacle, contre les fondements mêmes de cette société ; mais là, j’ai du mal.

Normalement ils devraient être contents de gagner la coupe et se réjouir au lieu de se mettre en colère ? À moins qu’ils soient en colère sans le savoir contre les fondements mêmes de la société et qu’ils profitent d’être ensemble pour laisser s’exprimer cette colère sans même savoir que c’est pour ça qu’ils font des émeutes ?

Ce qu’en dit ChatGPT :

Votre interrogation est assez proche de celle que se posent les sociologues lorsqu'ils étudient les violences associées aux célébrations sportives. Le plus difficile est qu'il ne faut probablement pas imaginer "un émeutier type" avec une motivation unique et clairement formulée.

Si vous demandiez à cent jeunes ayant participé à des dégradations après une victoire sportive, vous obtiendriez vraisemblablement des réponses très différentes :

  • Certains diraient : « Je me suis laissé entraîner par le groupe. »
  • D'autres : « C'était l'excitation du moment. »
  • D'autres encore : « J'avais bu. »
  • Certains reconnaîtraient : « C'était pour l'adrénaline. »
  • D'autres : « Tout le monde le faisait. »
  • Quelques-uns pourraient dire : « J'en voulais à la société » ou « Je me sens exclu. »
  • D'autres enfin n'auraient aucune justification élaborée : « Je ne sais pas, c'est arrivé. »

Ce qui frappe souvent les chercheurs, c'est que les participants à des violences collectives ne sont pas nécessairement porteurs d'un projet politique cohérent. Une partie des émeutes historiques étaient effectivement motivées par des revendications précises : hausse des prix, répression politique, injustice sociale, droits civiques, etc. Mais d'autres épisodes de violence collective sont davantage liés à une dynamique de foule qu'à une idéologie.

Votre hypothèse d'une colère diffuse est néanmoins intéressante. Certains sociologues ont défendu l'idée que des frustrations accumulées — sentiment de déclassement, manque de reconnaissance, ennui, absence de perspectives valorisantes — peuvent trouver une occasion de s'exprimer lors d'événements exceptionnels. Dans cette perspective, la victoire sportive ne serait pas la cause profonde mais le prétexte ou le déclencheur.

Cependant, il faut être prudent. Dire que ces jeunes seraient « en colère contre la société sans le savoir » est une interprétation possible, mais difficile à démontrer. Elle risque aussi de prêter aux acteurs des motivations qu'ils ne reconnaîtraient pas eux-mêmes.

Une autre explication, plus simple, est que certains participants ne sont pas du tout mus par la colère. Pour eux, l'événement est avant tout une occasion exceptionnelle où les règles ordinaires semblent suspendues. Dans une foule immense, de nuit, avec une forte charge émotionnelle, le coût psychologique de la transgression diminue. Brûler une voiture ou casser une vitrine devient pensable alors que cela ne le serait jamais seul, un mardi matin.

D'ailleurs, un élément qui va dans ce sens est que des phénomènes comparables existent dans des contextes très différents. On a vu des violences après des victoires mais aussi après des défaites sportives, dans des pays riches comme dans des pays pauvres, dans des sociétés très diverses. Cela suggère que l'identification au club ou à l'équipe, la foule, l'excitation et l'opportunité jouent souvent un rôle au moins aussi important que les revendications sociales ou politiques.

Au fond, votre étonnement vient peut-être d'une attente implicite : vous supposez que la violence collective doit avoir une signification politique ou sociale profonde. Or une partie des chercheurs considère qu'une fraction de ces violences n'a pas nécessairement de message. Elles peuvent être l'expression d'une recherche d'intensité, d'un effet de groupe, d'un rapport ludique à la transgression ou d'un désir de puissance momentanée.

Cela ne signifie pas qu'il n'existe aucune cause sociale en arrière-plan. Mais il est possible que, pour certains participants, la réponse sincère à la question « Pourquoi as-tu fait ça ? » soit beaucoup moins élaborée qu'on ne l'imagine : « Parce que j'étais là, avec les autres, et que ça a dégénéré. » C'est une réponse frustrante intellectuellement, mais elle est souvent présente dans les témoignages recueillis après ce type d'événements.

1 Message

  • Les émeutes du foot 7 juin 11:11, par Dominique

    Huxley le disait déjà, la prochaine révolution sera nihiliste.

    Nous ne pouvons pas en vouloir à ces jeunes car dans une société qui n’a aucun sens et aucune alternative à offrir, il faut bien que jeunesse se fasse.

    Si au lieu de bruler les voitures des voisins, ils brulaient les stades, je pourrais y croire à l’éventualité d’une révolution.

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