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À l’époque de la peine de mort y avait-il moins de crimes que depuis qu’elle a été supprimée ?

lundi 20 juillet 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 20 juillet 2026).

Guillotine française au musée de la guerre d’Ho-Chi-Minh-ville

Discussion avec Chat GPT

À l'époque de la peine de mort y avait-il moins de crimes que depuis qu'elle a été supprimée ?
 

La réponse courte est : on ne peut pas conclure que la peine de mort réduisait la criminalité, et les données disponibles ne montrent pas de baisse systématique des crimes après son maintien, ni de hausse systématique après son abolition.

Il faut distinguer plusieurs points :

  • Le taux de criminalité global : dans les pays ayant aboli la peine de mort, il n'y a pas de tendance uniforme montrant une augmentation des crimes à cause de cette abolition. Les évolutions de la criminalité dépendent de nombreux facteurs : démographie, niveau de vie, politiques policières, trafic de drogue, chômage, etc.

  • Les homicides : c'est le domaine le plus étudié. La majorité des recherches n'a pas réussi à démontrer que la peine de mort dissuade davantage les meurtriers que la prison à perpétuité. Certaines études concluent à un effet dissuasif, d'autres à l'absence d'effet, mais le consensus est qu'il n'existe pas de preuve solide d'un effet dissuasif significatif.

  • L'exemple de la France : la peine de mort a été abolie en 1981. Depuis, le nombre d'homicides a connu des fluctuations, mais le taux d'homicides est aujourd'hui globalement inférieur à ce qu'il était dans les années 1980. En revanche, d'autres formes de délinquance ont évolué différemment, parfois à la hausse, parfois à la baisse, sans que cela puisse être attribué à l'abolition de la peine de mort.

Pourquoi est-il difficile de répondre avec certitude ? Parce qu'on ne peut pas comparer un même pays avec et sans peine de mort dans les mêmes conditions. Les sociétés changent en permanence, et de nombreux facteurs influencent la criminalité en même temps.

En résumé :

  • Il n'existe pas de preuve convaincante que la peine de mort fasse baisser la criminalité plus efficacement que les peines de prison.

  • Les pays qui l'ont abolie n'ont pas connu une augmentation systématique des homicides ou de la criminalité en raison de cette abolition.

  • Le débat sur la peine de mort repose donc souvent davantage sur des considérations éthiques, juridiques et philosophiques que sur des preuves empiriques d'un effet dissuasif.

Par conséquent, si la punition ultime n'empêche en rien les crimes, peut-on penser que les longues peines de prison ne servent à rien elles non plus ?

C'est une question intéressante, et la réponse est plus nuancée que « oui » ou « non ».

La peine de mort et les longues peines de prison poursuivent plusieurs objectifs différents :

  1. La dissuasion : décourager les personnes de commettre un crime par crainte de la sanction. Les recherches montrent que l'effet dissuasif existe dans une certaine mesure pour le fait d'être susceptible d'être arrêté et condamné, mais elles ne montrent pas clairement qu'une peine extrêmement sévère (comme la peine de mort ou des décennies de prison supplémentaires) dissuade davantage qu'une peine déjà très lourde.

  2. L'incapacitation : empêcher une personne condamnée de commettre de nouveaux crimes contre la société pendant qu'elle est incarcérée. Sur ce point, les longues peines ont un effet évident : une personne en prison ne peut pas commettre certains crimes dans la communauté pendant sa détention.

  3. La rétribution : exprimer, par la sanction, la gravité de l'acte commis. C'est une question de justice plutôt que d'efficacité.

  4. La réinsertion : essayer de réduire le risque de récidive après la sortie. Selon les pays et les individus, des peines très longues peuvent parfois compliquer la réinsertion, tandis que des programmes de prise en charge, de formation ou de soins peuvent contribuer à diminuer la récidive.

Les travaux de recherche suggèrent que la certitude de la sanction (le fait qu'un auteur ait de fortes chances d'être identifié et condamné) a généralement un effet dissuasif plus important que la sévérité de la sanction. Autrement dit, augmenter la probabilité d'être arrêté tend à avoir plus d'impact que passer d'une peine de 20 ans à une peine de 30 ans.

Cela ne signifie pas que les longues peines « ne servent à rien ». Elles peuvent protéger la société en écartant durablement des personnes qui présentent un risque élevé, répondre à un objectif de justice et, dans certains cas, prévenir de nouvelles infractions pendant la durée de l'incarcération. En revanche, les données ne permettent pas de conclure que des peines toujours plus longues réduisent proportionnellement la criminalité.

En pratique, les politiques pénales cherchent souvent à trouver un équilibre entre protection de la société, justice envers les victimes, respect des droits fondamentaux et réduction durable de la récidive. Le poids accordé à chacun de ces objectifs varie selon les pays et les choix de société.

En comparant avec d'autres pays, sachant que la France possède les pires prisons d'Europe, peut-on dire que si la cellule est surpeuplée et n'est rien qu'un WC agrandi, la récidive est diminuée par rapport aux prisons où le prisonnier est traité comme un être humain?

Les recherches disponibles vont plutôt dans le sens inverse de cette hypothèse.

D'abord, il faut nuancer l'affirmation selon laquelle la France aurait "les pires prisons d'Europe". La France est régulièrement critiquée pour la surpopulation carcérale, les conditions de détention dans certains établissements et les difficultés d'accès aux soins ou aux activités. Elle a d'ailleurs été condamnée à plusieurs reprises par des juridictions nationales et européennes sur ces questions. En revanche, dire qu'elle a les pires prisons d'Europe est difficile à soutenir : certains pays connaissent des conditions encore plus dégradées, tandis que d'autres (comme les pays nordiques) offrent des conditions nettement meilleures.

Sur le fond de votre question : des conditions de détention très dégradées ne semblent pas réduire la récidive. Les études comparatives suggèrent plutôt que :

  • Les prisons très surpeuplées, avec violence, inactivité et manque de suivi, ont tendance à augmenter le risque de récidive ou, au minimum, à ne pas l'améliorer.

  • Les établissements où les détenus ont accès à l'éducation, à une formation professionnelle, à des soins psychologiques et à une préparation à la sortie obtiennent souvent de meilleurs résultats en matière de réinsertion.

Cela peut paraître contre-intuitif. Beaucoup pensent qu'une prison très dure décourage davantage. Pourtant, plusieurs mécanismes jouent dans l'autre sens :

  • les liens sociaux et familiaux se dégradent davantage ;

  • les problèmes de santé mentale ou d'addiction sont moins bien pris en charge ;

  • les détenus peuvent sortir avec moins de perspectives d'emploi et davantage de contacts criminels.

Les pays nordiques, comme la Norvège ou la Finlande, sont souvent cités en exemple. Les détenus y vivent dans des conditions plus dignes qu'en France, mais les peines restent des privations de liberté réelles. L'objectif est aussi de préparer le retour dans la société. Ces pays affichent généralement des taux de récidive plus faibles que de nombreux autres pays, même si une partie de cet écart s'explique aussi par d'autres facteurs (système social, justice, niveau de vie, accompagnement après la sortie, etc.). Il serait donc excessif de dire que c'est uniquement grâce aux conditions de détention.

En résumé, les données disponibles ne montrent pas qu'une prison plus dure et plus dégradée diminue la récidive. Elles suggèrent plutôt qu'une prison qui combine sécurité, responsabilité et préparation à la réinsertion est plus efficace pour réduire les nouvelles infractions après la libération. Cela ne signifie pas qu'il faut rendre la prison confortable, mais que la manière dont la peine est exécutée peut influencer le risque de récidive.

C'est bien ce qui me semblait. Combien en France coûte par jour un prisonnier ?

Le chiffre le plus souvent retenu aujourd'hui est d'environ 130 € par détenu et par jour en moyenne. Ce montant couvre les dépenses de personnel (surveillants, administration, santé en partie), le fonctionnement des établissements, la restauration, l'entretien, etc. (Assemblée Nationale)

Ce coût varie toutefois beaucoup selon le type d'établissement. Les données communiquées par l'administration pénitentiaire indiquent environ :

  • Maison d'arrêt : 118 € par jour.

  • Centre pénitentiaire : 128 € par jour.

  • Centre de détention : 134 € par jour.

  • Maison centrale (détenus les plus surveillés) : 262 € par jour.

  • Établissement pour mineurs : près de 700 € par jour, en raison d'un encadrement beaucoup plus important. (Assemblée Nationale)

À l'échelle nationale, avec plus de 80 000 personnes détenues, cela représente environ 10 millions d'euros par jour, soit près de 3,7 milliards d'euros par an.

Il faut toutefois garder à l'esprit que ce coût n'est pas une somme « versée » au détenu : la majeure partie correspond aux salaires des personnels, à la sécurité, aux bâtiments et au fonctionnement des établissements. Les personnes détenues disposent généralement de peu de ressources personnelles et doivent souvent financer elles-mêmes certains achats courants (tabac, produits d'hygiène supplémentaires, téléphone, télévision, etc.). (justice.gouv.fr)

Ne vaudrait-il pas mieux donner la moitié de cette somme aux pauvres plutôt que de les envoyer en prison ?

C'est une idée qui est parfois défendue, mais elle soulève plusieurs questions.

D'un côté, certains économistes et criminologues font valoir que prévenir la pauvreté, l'exclusion, les addictions ou le décrochage scolaire coûte souvent moins cher que gérer leurs conséquences (délinquance, incarcération, procédures judiciaires, etc.). Investir dans le logement, l'éducation, la santé mentale ou l'insertion professionnelle peut réduire certains types de criminalité.

En revanche, verser simplement de l'argent à une personne qui a commis une infraction ne remplace pas la fonction de la justice. La prison n'a pas uniquement un objectif économique ; elle sert aussi à :

  • protéger la société lorsqu'une personne représente un danger ;

  • sanctionner une infraction ;

  • reconnaître le préjudice subi par les victimes ;

  • tenter, selon les cas, de favoriser la réinsertion.

Par ailleurs, la criminalité n'est pas uniquement liée à la pauvreté. Beaucoup de personnes en situation de précarité ne commettent jamais de crime, et certaines infractions sont commises par des personnes qui ne sont pas pauvres (fraude financière, corruption, violences conjugales, agressions sexuelles, etc.).

Il existe cependant des politiques qui vont dans le sens de votre réflexion. Par exemple, certains pays investissent davantage dans :

  • l'accompagnement des jeunes à risque ;

  • le traitement des addictions ;

  • les alternatives à l'incarcération pour les délits mineurs (travail d'intérêt général, probation, suivi renforcé) ;

  • l'aide à la réinsertion après une condamnation.

L'idée est que, pour certaines personnes et certaines infractions, ces mesures peuvent coûter moins cher à la collectivité et réduire davantage la récidive qu'un emprisonnement court.

En résumé, utiliser davantage de ressources pour prévenir la précarité peut être rentable socialement et économiquement, mais cela ne remplace pas la nécessité d'une réponse pénale lorsqu'une infraction est commise, notamment pour les faits graves ou lorsque la protection du public l'exige. Les deux approches peuvent être complémentaires plutôt que s'exclure.

Merci

Avec plaisir. Ce sont des questions complexes, et il est utile de les examiner sous plusieurs angles plutôt que de s'en tenir à des intuitions.

Si ce sujet vous intéresse, on peut aussi discuter de questions connexes, par exemple :

  • pourquoi certains pays ont des taux de récidive beaucoup plus faibles que d'autres ;

  • si les peines planchers sont efficaces ;

  • ce que montrent les études sur les travaux d'intérêt général et les alternatives à la prison ;

  • ou encore pourquoi certains systèmes pénitentiaires, comme ceux des pays nordiques, obtiennent souvent de meilleurs résultats malgré des conditions de détention plus humaines.

N'hésitez pas si vous souhaitez approfondir l'un de ces aspects.

 

 

 

 

 

 

 

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