Plutôt amusant ce petit article de Branko Milanovic… Utile, tout de même, dans la mesure où il commence par un assez bon résumé de la problématique de la composition organique du capital. En nous rappelant notamment que la plus-value extractible de la production tend bien vers zéro avec la robotisation totale. Pour le reste il est d’ores et déjà tout simplement complètement dépassé par la réalité, et surtout, celle de la tertiarisation. La société de classes continue à tenir debout sur cette base, qui ne produit plus que très peu de plus-value réelle, mais cela n’empêche pas la classe dominante d’engranger des profits records, et cela malgré la "crise". Malgré ou à cause, c’est donc une autre histoire…
Il nous faut donc encore répéter ici que profit et plus-value ce n’est pas forcément la même chose. Le profit dépend d’abord de la masse monétaire en circulation et de la demande, et ne se limite pas à la réalisation de la plus-value extractible de la production.
Et la masse monétaire est presque indéfiniment extensible, via la dette publique transformée en actif financier de base circulant comme collatéral des autres opérations financières spéculatives.
La dette est elle-même devenue une pyramide de Ponzi dont la base est indéfiniment renouvelable et extensible, une nouvelle dette "remboursant" et remplaçant chaque ancienne arrivant à "maturité".
Et en cas de "problème" une nouvelle vague de "Quantitative Easing" est toujours possible.
Ce système banco-centraliste est donc relativement "stable" dans la mesure où il arrive à contrôler et à "gérer" lui-même ses propres "crises".
Il n’a donc pas de "fin" systémique "programmée", contrairement au capitalisme, borné par la limite "zéro" du taux de plus-value selon l’évolution du ratio c/v fort justement résumée par Milanovic.
Il n’a donc pas besoin non plus de grandes "purges" style "guerres mondiales" avec destruction totale du capital fixe et "reconstruction".
Une situation de guerres larvées et plus ou moins permanentes lui fournit un excellent motif pour "justifier" l’extension non moins permanente de la dette publique, d’une part, et pour faire circuler des liquidités liées au cycle de renouvellement du capital fixe, d’autre part.
La guerre permanente et la menace d’une conflagration "finale" étant en outre un double levier de terreur et de contrôle des populations. Le terrorisme "classique" restant en quelque sorte une "option complémentaire"…
Bref, le prolétariat industriel étant réduit à peau de chagrin sinon tout à fait à néant, il n’y a qu’un sursaut collectif de l’ensemble des classes populaires "tertiarisées" et "éclatées" par cette tertiarisation qui peut mettre fin à ce nouveau système d’oppression.
En fonction de l’évolution systémique des rapports de production la dette qu’elle engendre en partie inévitablement ne peut donc pas être totalement réduite, mais elle peut être collectivement maîtrisée et réduite à ce qui est réellement socialement nécessaire au bien commun.
D’où le principe du rétablissement du Conseil National du Crédit, sur une base constitutionnelle démocratique et donc avec les pouvoirs de contrôle y afférents, par nature supérieurs au pseudo-"droit constitutionnel européen" et d’une manière plus générale à tout droit d’origine supranationale, dont le prétendu droit US "extraterritorial".
Malgré ce qui semble être à priori un "bon début" le texte de Milanovic dévie donc totalement de la réalité du sujet et étant donné l’histoire et la situation du personnage on peut légitimement s’interroger sur la "sincérité" de sa démarche, entre fausse "naïveté" et opportunisme de "situation" sociale et "académique".
Mais comme souvent avec ce type de pseudo-"marxiste" plus ou moins dévoyé c’est au moins une occasion de réflexion supplémentaire et de mise à jour d’une approche critique en fonction de l’actualité malheureusement brûlante pour les victimes des guerres en cours.
Luniterre
PS >>> Merci au camarade Bouhamidi Mohamed pour nous avoir signalé ce petit article particulièrement "révélateur" de Branko Milanovic.
Répondre à ce message