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Hiroshima, Nagasaki : maintenir la mémoire des bombes atomiques (vidéo 1h35)

vendredi 7 août 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 7 août 2026).

https://www.arte.tv/fr/videos/05419…

Hiroshima, la véritable histoire

ARTE - 4 août 2026 à 21 heures

Lucy van Beek - 2014

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Hiroshima, Nagasaki : maintenir la mémoire des bombes atomiques

https://reporterre.net/Hiroshima-Na…

Publié le 6 août 2026 à 16h34
Modifié le 7 août 2026 à 10h50

Alexandre-Reza Kokabi, Émilie Massemin, Laure Noualhat

81 ans après le largage des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, la pression de l’arme atomique ne cesse d’augmenter. Reporterre conseille ainsi de s’armer intellectuellement pour maintenir la mémoire de cet événement historique déflagrateur.

Quatre-vingt-un ans après le largage des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, le temps passe et efface le spectre de l’arme atomique, comme menace existentielle planant sur l’humanité. Pourtant, les nouveaux rapports de force géopolitiques jouent du recours à l’arme atomique. Et, au niveau mondial, les dépenses pour la modernisation et miniaturisation des arsenaux nucléaires continuent d’augmenter : les neuf États dotés de la bombe ont consacré 119 milliards de dollars à leurs arsenaux en 2025, soit 19 % de plus qu’en 2024, selon la Campagne internationale contre les armes atomiques.

Le 6 août, le maire de Hiroshima, Kazumi Matsui, a profité du 81e anniversaire du bombardement sur sa ville pour dénoncer le « comportement arrogant » des grandes puissances « qui bafouent le droit international » et « utilisent l’arme nucléaire comme moyen de pression ». Même dans ce pays deux fois touché par la bombe, la révision de la stratégie de sécurité nationale ravive le débat et menace les trois principes antinucléaires de la doctrine de défense japonaise qui interdisent à l’archipel de posséder, produire et introduire de telles armes sur son territoire.

Chez Reporterre, on n’oublie pas. Et l’on conseille même de s’armer intellectuellement, encore et encore, pour maintenir la mémoire de cet événement historique déflagrateur.

Le premier territoire sacrifié de l’âge atomique

Le 6 août 1945, à 8 h 15, Hiroshima disparaissait sous un éclair. Et dans cette seconde, le monde basculait dans l’ère atomique. En 95 minutes, Hiroshima, la véritable histoire ne raconte pas l’explosion de « Little Boy » et les dizaines de milliers de morts immédiates : le documentaire de Lucy van Beek ausculte la fabrication politique du récit qui a suivi. Celui d’une bombe présentée comme un « mal nécessaire », seule capable d’arracher au Japon sa capitulation et d’épargner des vies étasuniennes.

Mais à rebours de cette version officielle, le film soutient que l’archipel, déjà défait, cherchait une issue, tandis que Washington voulait aussi éprouver son arme en conditions réelles et prendre de vitesse l’Union soviétique. Archives inédites et témoignages de survivants révèlent l’autre déflagration : la confiscation des images, le silence imposé sur les irradiés, les études menées sur leurs corps sans qu’on les soigne, puis la propagande chargée de rendre l’atome fréquentable. De le « civiliser » pour nos besoins électriques…

La confiscation des images, le silence imposé sur les irradiés, les études menées sur les corps, la propagande…

Le titre promet de nous livrer « la véritable histoire », formule toujours un peu dangereuse tant le débat historique demeure vif. Mais le film réussit surtout à déplacer le regard : du champignon, spectaculaire jusqu’à l’obscène, vers les chairs brûlées, les maladies, les exclusions et la contamination durable. Hiroshima n’est pas seulement le point final de la Seconde Guerre mondiale. C’est le premier territoire sacrifié de l’âge atomique, celui où la science, l’armée et le mensonge d’État ont appris à marcher du même pas. À voir sur Arte jusqu’au 29 septembre 2026. L.N.

Les derniers témoignages

Keiji Nakazawa avait 6 ans ce 6 août 1945, quand la bombe s’est abattue sur Hiroshima. Il y a perdu son père, sa sœur et son petit frère. Près de trente ans plus tard, il a mis tout cela en dessins. Gen aux pieds nus — 2 600 planches en dix volumes, publiées entre 1973 et 1985 — reste à ce jour le témoignage le plus monumental jamais consacré à la bombe atomique en manga.

Le héros, Gen Nakaoka, est un gamin de 6 ans que l’on suit de l’explosion jusqu’à l’adolescence, au milieu des ruines, de la faim et du rejet frappant les survivants irradiés. Keiji Nakazawa n’atténue rien : les corps qui brûlent, les peaux qui fondent, les maladies qui s’installent des années plus tard. Mais Gen n’est pas un récit de mort, c’est un récit de survie, porté par une métaphore filée dès les premières pages : le blé, qu’on peut piétiner, mais qui continue de pousser droit.

Longtemps épuisée en français, l’intégrale est rééditée depuis octobre 2025 aux éditions Le Tripode, au moment même où l’extrême droite japonaise redouble de pression pour la faire disparaître des bibliothèques scolaires. Alors que s’éteignent les derniers hibakusha — une personne ayant survécu aux bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki — et que les dépenses nucléaires mondiales atteignent des sommets, la lecture de cette œuvre hors normes s’impose. A.-R.K.

Ces arbres encore debout

« De toutes classes, officialisés ou relégués, rétablis au contraire dans leur dignité d’arbres “victimes de la bombe”, comme celui que l’on surnomme “l’arbre de fer”, au temple bouddhique Hôren, en hommage à sa capacité de résistance, ils sont là, dans l’absolu de leur présence, telles des retenues dans le fleuve de l’oubli. »

Le 9 août 1945, une bombe atomique étasunienne explosait dans le ciel de Nagasaki, faisant 70 000 victimes. Soixante-dix ans après, l’autrice et traductrice Véronique Brindeau nous emmène à la rencontre des hibakujumoku, survivants à aiguilles ou à feuilles : le camphrier desséché de l’école Inasa, qui veille sur les enfants ignorants du désastre ; le magnolia de l’hôpital Saint-François aux éclatantes fleurs blanches, dont le tronc porte encore les traces de brûlures radiologiques ; et même les cerisiers offerts par un des premiers médecins à avoir secouru les victimes.

Ici, pas de grands discours sur la résilience, ce concept honni. Mais une courte et délicate déambulation poétique, qui explore les ramifications de la destruction, de la mémoire traumatique et de la vie qui, malgré tout, bourgeonne. É.M.

8 Messages de forum

  • Dans ces histoires de bombe atomique, le film réalisé par Yves Ciampi, "Typhon sur Nagasaki" - un drame romantique franco-japonais où Jean Marais tenait le rôle principal avec Danielle Darrieux - m’interpelle.

    En effet, ce film a été tourné à peine 10 ans après le largage de la bombe atomique sur la ville japonaise, et on n’y voit plus aucune trace de cette bombe dans le film ??

    Vous devriez pouvoir visionner ce film ICI :
    https://ok.ru/video/5537665649173

    — -
    Note :

    Le film de Ciampi, une grosse co-production franco-japonaise, avec des techniciens et une équipe nippons[3], fut le premier pont culturel en 1956 entre l’Europe et le Japon, pays vaincu à la fin de la guerre en 1945.

    Le personnage de Noriko mourant dans les décombres de Nagasaki détruite par un typhon, constitue, bien évidemment, une allusion directe à ce cataclysme nucléaire que connurent les villes d’Hiroshima et de Nagasaki et un plan du film montre une stèle commémorative de Nagasaki, cette ville martyre dévastée par le largage, le 9 août 1945, d’une bombe atomique américaine faisant 73 800 morts, 76 700 blessés graves et détruisant 13 800 maisons.

    Pour réaliser la séquence finale du cataclysme, un quartier entier avec rues et maisons fut construit pour être démoli à l’aide de moteurs d’avion tournant à plein régime, emportant par la violence du souffle tout sur le passage du typhon.

    Les assureurs s’opposèrent à la présence de Jean Marais dans ces scènes dangereuses, où l’acteur est bousculé, plaqué contre les murs, estimant que la peau de son visage risquait d’éclater pendant la prise.

    Ciampi ne voulait plus tourner ces plans. Jean Marais, prenant tous les risques à son compte, exigea qu’on les réalise. Gilles Durieux écrit : « Ils sont dans le film. Et il est un certain plan que je ne peux revoir sans émotion, quand la peau du visage de Marais se déforme, se décompose, prête à être déchirée. Marais avait besoin de la démesure. Ce qui ne lui convenait pas, c’étaient les personnages trop proches de la vie quotidienne, même s’ils alternent humour et émotion. »…

    Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Typho…

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    • Afin de ne pas mourir idiot, j’ai posé au chat qui pète cette question :

      À l’endroit où est tombée une bombe nucléaire, quel est le taux de radioactivité le jour de l’impact et 10 ans après ?

      Si tu parles d’une bombe atomique de type Hiroshima/Nagasaki, il faut distinguer deux choses : la dose reçue par une personne (en Gy ou Sv) et le débit de radioactivité dans l’environnement (en Sv/h). Ce ne sont pas les mêmes mesures.

      Au moment de l’explosion

      À proximité immédiate du point zéro, la dose de rayonnement initial était énorme, principalement due aux rayons gamma et aux neutrons. Elle pouvait être mortelle en quelques minutes.

      Mais il n’existe pas un unique « taux de radioactivité » : il dépend énormément de la distance, du bâtiment dans lequel on se trouve et du type de bombe.

      Pour Hiroshima et Nagasaki, la radioactivité résiduelle au sol a été beaucoup moins importante qu’on pourrait l’imaginer, car les bombes ont explosé en altitude (environ 600 m à Hiroshima et 503 m à Nagasaki).

      La RERF estime que la radioactivité induite au point zéro a surtout été libérée très rapidement : environ 80 % de la dose résiduelle cumulée l’a été durant le premier jour, puis environ 10 % entre les jours 2 et 5.

      Dix ans après

      À Hiroshima et Nagasaki, 10 ans après, le niveau de radioactivité résiduelle au point d’impact était déjà extrêmement faible.

      La RERF indique qu’aujourd’hui la radioactivité y est si faible qu’elle est difficile à distinguer des traces provenant des essais nucléaires atmosphériques réalisés dans le monde dans les années 1950-60.

      C’est un point assez surprenant : une bombe nucléaire ne laisse pas nécessairement un endroit inhabitable pendant des décennies, contrairement à ce qui peut se produire après un accident de réacteur ou une explosion nucléaire au sol produisant beaucoup de retombées.

      En revanche, cela ne signifie pas que les conséquences sanitaires disparaissent après quelques années. Les personnes qui avaient reçu une forte dose lors de l’explosion pouvaient avoir un risque accru de cancers des décennies plus tard.

      La RERF observe notamment que l’excès de risque de nombreux cancers solides commence à apparaître autour de 10 ans après l’exposition.

      En résumé :

      Moment - Situation au point zéro

      Immédiatement

      Rayonnement initial extrêmement intense, potentiellement mortel

      Quelques heures/jours

      Forte diminution de la radioactivité résiduelle

       1 semaine

      Une grande partie de la radioactivité résiduelle initiale a disparu

      10 ans

      À Hiroshima/Nagasaki : radioactivité environnementale très faible, proche du bruit de fond

      10–70 ans

      Les effets biologiques d’une irradiation initiale peuvent néanmoins continuer à se manifester

      Si tu veux, je peux aussi te donner des chiffres approximatifs en Sv/h à 1 m du point zéro : 1 heure, 24 heures, 1 semaine, 1 an et 10 ans après, ce qui permet de voir concrètement à quelle vitesse ça diminue.

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  • Ce qui n’est qu’ébauché dans ce doc par ailleurs essentiel, c’est la complicité « objective » des autorités US avec le système impérial japonais, chacun trouvant son « compte » dans ce massacre afin de sauver la face. La guerre n’aurait sans doute pas duré beaucoup plus longtemps, même sans les deux bombes, et les américains n’auraient donc eu qu’à attendre quelques semaines de plus, en maintenant leur blocus, pour finir de faire plier le régime, mais sans « porte de sortie honorable » que les horreurs atomiques ont finalement fournies à l’aristocratie japonaise. Une « transition de phase » qui reste donc systémique, tout comme l’évolution de la situation conflictuelle actuelle dans le monde :

    1945-2026, de Nagasaki à Gaza, une continuité criminelle systémique

    https://cieldefrance.eklablog.com/2026/08/1945-2026-de-nagasaki-a-gaza-une-continuite-criminelle-systemique.html

    Sur AgoraVox, également :

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/1945-2026-de-nagasaki-a-gaza-une-271145

    Luniterre

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