Suite d’une conversation avec l’IA de Google qui avait commencé ici
En France et en Europe : Une propriété 100 % publique
- La Banque de France : Fondée sous forme de société privée par Napoléon Bonaparte en 1800, elle a été nationalisée par Charles de Gaulle en 1945. Depuis cette date, l'unique propriétaire de la Banque de France est l'État français. Elle n'a plus aucun actionnaire privé. [4, 5, 6, 7, 8]
- La Banque Centrale Européenne (BCE) : Elle est détenue à 100 % par les banques centrales nationales des pays de l'Union européenne (comme la Banque de France, la Bundesbank allemande, etc.). Les propriétaires de la BCE sont donc, par ricochet, les États européens eux-mêmes. Aucun investisseur privé ne peut acheter une part de la BCE. [7, 8, 9]
Le cas ambigu de la Fed (États-Unis)
- Le Conseil des gouverneurs (Public) : Le sommet de la Réserve fédérale (la Fed) est une agence gouvernementale fédérale. Ses dirigeants sont nommés par le président des États-Unis et validés par le Sénat. [1, 10, 12, 13, 14]
- Les 12 banques régionales (Privées) : Les banques commerciales américaines privées de chaque région (comme JPMorgan ou Citigroup) ont l'obligation légale d'acheter des "actions" de la Fed de leur district. [15, 16]
- Une fausse propriété : Ces actions ne fonctionnent pas du tout comme des actions de Wall Street. Elles ne donnent aucun droit de vote sur la politique monétaire, ne peuvent pas être revendues, et ne permettent pas de capter les profits. La quasi-totalité des bénéfices de la Fed est légalement reversée au Trésor public américain. [15, 16]
L'exception suisse (La BNS)
⚠️ Le paradoxe : Propriété publique, mais indépendance totale
⚖️ L'analogie avec les tribunaux
- Qui possède les tribunaux ? L'État. Les bâtiments appartiennent à la République, les juges sont payés par l'argent public de l'État.
- Le ministre de la Justice peut-il ordonner à un juge d'innocenter ou de condamner un citoyen ? Non. La justice est indépendante du pouvoir exécutif.
Comment cette "contradiction" est écrite dans la loi
- La propriété est financière : L'État possède 100 % du capital de la Banque de France. C'est lui qui encaisse les bénéfices de la banque à la fin de l'année (ce qu'on appelle les dividendes versés au Trésor public). [1]
- Le contrôle est juridiquement verrouillé : En signant le traité de Maastricht, le Parlement français a accepté une règle supérieure : l'interdiction pour le gouvernement de donner des instructions aux banquiers centraux.
Pourquoi les concepteurs du système ont fait cela ?
1. La "propriété" par capitation : Les réseaux d'influence
- Le pantouflage : Les gouverneurs des banques centrales passent régulièrement des institutions publiques aux géants de la finance privée (comme Goldman Sachs, BlackRock ou le Forum économique mondial).
- L'homogénéité idéologique : Sans qu'il y ait besoin d'un complot ou d'un propriétaire unique, ces dirigeants partagent la même formation économique, les mêmes intérêts de classe et la même vision du monde. Le pouvoir "appartient" alors culturellement et politiquement à la haute finance internationale, car la BCE agit pour préserver la stabilité du système financier global avant tout.
2. Le retour du rapport de force : Le parallèle avec la rue
- Si la rue ou un gouvernement de rupture décide de bloquer le système : Un État souverain garde la force publique (la police, l'armée, la loi nationale). Il peut, du jour au lendemain, décider de réquisitionner la banque centrale nationale, d'annuler les traités de force et de reprendre les clés de la planche à billets. [1]
- La fin de l'illusion : L'indépendance de la banque centrale n'est pas un pouvoir magique ou absolu. C'est une construction politique que les gouvernements acceptent de subir par conviction libérale ou par peur des sanctions économiques.
➡️ Piste 1 : Les précédents historiques de reprise en main forcée
- La Grande Dépression aux États-Unis (1933) : Face à la crise de 1929, le président Franklin D. Roosevelt a suspendu l'étalon-or, confisqué l'or privé et forcé la Réserve fédérale (Fed) à financer directement ses grands travaux du New Deal [dataviz]. La Fed est restée totalement soumise au pouvoir politique américain jusqu'en 1951.
- Le Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale : La Banque d'Angleterre, alors privée, a été immédiatement réquisitionnée par le gouvernement de Winston Churchill pour financer l'effort de guerre à taux zéro. Elle a été officiellement nationalisée juste après, en 1946.
- La France de la Libération (1945) : C'est sous la pression conjointe du Conseil National de la Résistance (CNR) et de Charles de Gaulle que la Banque de France a été arrachée aux « deux cents familles » (les actionnaires privés de l'époque) pour être mise au service exclusif de la reconstruction du pays. [1]
➡️ Piste 2 : La stratégie du rapport de force de LFI
- Le Plan A (La négociation) : LFI propose d'instaurer une confrontation politique avec la BCE et les autres États membres pour modifier les traités, afin d'autoriser le financement direct des investissements écologiques par la banque centrale.
- Le Plan B (La désobéissance) : En cas de refus ou de blocage par la BCE (comme ce fut le cas pour la Grèce en 2015), l'État français appliquerait unilatéralement ses mesures en s'appuyant sur sa légitimité démocratique.
- La réquisition technique : Pour contourner le banco-centralisme, le projet prévoit d'utiliser les banques publiques existantes (comme la Caisse des Dépôts ou la Banque Publique d'Investissement) pour capter de l'argent et forcer la Banque de France – même sous tutelle européenne – à valider les lignes de crédit nécessaires aux services publics. [2]
1. La grève du crédit et de l'investissement
- Le blocage économique : Pour asphyxier le projet politique du gouvernement, les banques privées arrêteraient de prêter de l'argent aux entreprises et aux particuliers. [3]
- L'impact immédiat : Sans crédit, l'économie réelle se fige : les entreprises ne peuvent plus investir, les chantiers s'arrêtent, et les citoyens ne peuvent plus acheter de logements ou de voitures. Les banquiers utiliseraient cette paralysie pour retourner l'opinion publique contre le gouvernement en disant : « C'est la faute de la politique de l'État ». [4]
2. L'organisation de la fuite des capitaux
- L'exode financier : Les banques privées chercheraient à vider leurs coffres et leurs serveurs en transférant massivement leurs actifs physiques et numériques vers leurs filiales à l'étranger (Francfort, New York, Singapour, Londres).
- Le siphonage des dépôts : Elles inciteraient indirectement leurs clients les plus riches et les grandes entreprises à transférer leurs comptes hors de France pour les mettre à l'abri d'une nationalisation ou d'une saisie par l'État.
️ 3. Le chantage à la faillite systémique
- La menace du chaos : En refusant de collaborer avec la nouvelle banque publique, les banques privées menaceraient de suspendre les systèmes de paiement (cartes bancaires, virements). [5, 6]
- Le piège pour l'État : Elles placeraient le gouvernement devant un dilemme : soit l'État recule, soit le système bancaire s'effondre, ce qui bloquerait les salaires et l'épargne de tous les Français. C'est l'argument du "Too big to fail" (Trop gros pour faire faillite). [7, 8, 9, 10]
La riposte obligatoire de l'État : La nationalisation forcée
- Le contrôle des capitaux immédiat : Pour bloquer la fuite de l'argent, l'État devrait fermer les frontières financières du jour au lendemain et interdire les virements vers l'étranger (comme la Grèce a dû le faire temporairement en 2015). [11]
- La saisie des banques : L'État devrait décréter la nationalisation immédiate et sans indemnité des grandes banques privées. Les directeurs seraient remplacés par des administrateurs publics pour s'assurer que les guichets restent ouverts et que l'argent continue de circuler pour les besoins du quotidien. [12, 13]
1. La réaction des banquiers : La résistance juridique et financière
- La guérilla juridique : Les actionnaires privés ont saisi le Conseil constitutionnel. En janvier 1982, les sages ont censuré la première loi de nationalisation, jugeant que les indemnisations proposées par l'État aux propriétaires des banques étaient insuffisantes. Mitterrand a été forcé de réécrire la loi et de payer beaucoup plus cher (environ 39 milliards de francs au total) pour indemniser les banquiers.
- Le contournement à l'étranger : Les banquiers ont tenté de mettre à l'abri leurs filiales internationales. L'exemple le plus célèbre est celui de Pierre Moussa, patron de la banque d'affaires Paribas, qui a organisé en secret le transfert du contrôle des filiales suisse et belge de Paribas vers des investisseurs étrangers pour échapper à la saisie de l'État français.
- La fuite des capitaux : Dès l'élection de mai 1981, de nombreux riches épargnants et investisseurs ont fui vers la Suisse ou les États-Unis avec leurs capitaux, redoutant l'arrivée des ministres communistes au gouvernement.
2. Comment l'État a répliqué
- Le contrôle des changes draconien : L'État a interdit l'exportation de devises et limité au strict minimum l'argent que les Français pouvaient sortir du pays (les fameux « carnets de change » pour les vacances). Les douaniers fouillaient les voitures aux frontières pour traquer l'or et les billets.
- Les sanctions judiciaires : Pierre Moussa, le patron de Paribas qui avait exfiltré les filiales à l'étranger, a été contraint à la démission et menacé de poursuites judiciaires par le gouvernement pour infraction de change.
- Le contrôle du crédit (l'Encadrement) : L'État possédant désormais près de 90 % des dépôts bancaires, il décidait directement à quelles industries stratégiques les banques nationalisées devaient prêter l'argent, à des taux souvent préférentiels.
3. Les limites du système et le "Tournant de la rigueur" (1983)
- La dévaluation du franc : La fuite des capitaux et le déficit de la France ont obligé l'État à dévaluer le franc trois fois entre 1981 et 1983. Le franc perdait sa valeur face au mark allemand.
- L'isolement impossible : La France faisait partie du Système Monétaire Européen (SME). Pour rester dans l'Europe, elle devait stopper l'inflation et la planche à billets.
- La capitulation (mars 1983) : François Mitterrand a refusé de sortir de l'Europe et de fermer totalement les frontières économiques. Il a choisi le « Tournant de la rigueur » : fin du financement politique par les banques publiques, retour à la discipline budgétaire, et quelques années plus tard (dès 1986), la droite revenue au pouvoir a privatisé à nouveau toutes ces banques.
1. Le choix des deux branches : Le saut dans l'inconnu ou l'Europe
- Les partisans de la rupture (La "Mure de béton") : Portés par Jean-Pierre Chevènement ou Laurent Fabius (à l'époque), ils conseillent à Mitterrand de sortir du Système Monétaire Européen (SME), de dévaluer massivement le franc, de fermer les frontières économiques (protectionnisme total) et de continuer la politique sociale à tout prix. C'était la voie de l'autonomie nationale. [5]
- Les partisans de la rigueur (Les Européens) : Portés par Jacques Delors (ministre de l'Économie) et Pierre Mauroy (Premier ministre), ils affirment que sortir du SME isolerait la France, ferait exploser le coût des importations (pétrole, technologies) et détruirait l'alliance avec l'Allemagne. [6, 7, 8]
2. La peur de l'isolement et du déclin économique
- La dépendance commerciale : Contrairement aux années 1960, l'économie française était déjà fortement imbriquée dans les échanges européens. Une sortie de l'Europe aurait entraîné des rétorsions commerciales immédiates de nos voisins.
- Le souvenir des années 1930 : Pour Mitterrand, le repli nationaliste et le protectionnisme agressif rappelaient les crises économiques des années 1930 qui avaient mené à la guerre. Il considérait la paix européenne comme le bien le plus précieux.
3. Le deal historique : Troquer le socialisme contre la puissance européenne
- Le choix de la rigueur : Il accepte de discipliner l'économie française (fin de la planche à billets, blocage des salaires, rigueur budgétaire) pour stabiliser le franc face au mark allemand.
- La récompense politique : En échange de cette sagesse économique, Mitterrand obtient de l'Allemagne d'Helmut Kohl une accélération massive de l'intégration européenne. C'est ce tournant de 1983 qui permet à la France de piloter la création de l'Acte unique européen (1986) puis le Traité de Maastricht (1992). [12, 13, 14]
En résumé
1. La comparaison avec 1936 et la "soupape de sécurité"
- Le précédent du Front populaire : En 1936, l'élection de Léon Blum n'a pas suffi ; c'est l'explosion des grèves ouvrières spontanées (les occupations d'usines) qui a contraint le patronat à céder les congés payés et les 40 heures lors des accords de Matignon.
- L'anesthésie du prolétariat : En 1981, en donnant immédiatement des réformes par le haut (retraite à 60 ans, 5e semaine de congés, nationalisations), le pouvoir mitterrandien a canalisé l'énergie populaire. Le monde ouvrier, estimant que "son" gouvernement gérait la situation, n'a pas déclenché de grève générale sauvage. Une fois l'élan populaire retombé et l'appareil d'État bien installé, le pouvoir a pu appliquer la rigueur en 1983 sans craindre d'insurrection. [1]
2. "Vendu à l'Allemagne" et la logique de Maastricht
- Pour maintenir le franc arrimé au mark allemand dans le Système Monétaire Européen (SME), la France a dû adopter la doctrine économique de l'Allemagne : obsession de la lutte contre l'inflation, rigueur budgétaire et indépendance de la banque centrale. [2]
- C'est ce compromis qui mènera directement au traité de Maastricht en 1992. Pour la gauche radicale, ce traité constitue l'acte de naissance d'une Europe néolibérale, conçue pour interdire toute politique socialiste en sanctuarisant la concurrence libre et le pouvoir des marchés financiers. [3]
3. Le symbole de la Francisque (1943)
- La réalité historique : François Mitterrand a effectivement travaillé pour l'administration de Vichy (au commissariat aux prisonniers de guerre) avant de basculer progressivement vers la Résistance active (sous le pseudonyme de Morland) au cours de l'année 1943. [4]
- L'interprétation politique : Pour ses détracteurs, ce double jeu originel (Vichy puis la Résistance, la rupture socialiste puis la rigueur libérale) démontre une constante chez Mitterrand : une capacité à endosser les habits de l'époque pour conquérir et conserver le pouvoir, quitte à sacrifier les promesses faites aux classes populaires.
Les verrous techniques de l'Euro (Traité de Maastricht, 1992)
- L'interdiction des avances directes (Article 123 du TFUE) : Il est strictement interdit à la BCE et aux banques centrales nationales de prêter de l'argent aux États. Ce verrou oblige les gouvernements à aller chercher leur financement auprès des marchés financiers privés. [1]
- Les critères de convergence (Le Pacte de stabilité) : Le traité impose des limites mathématiques strictes sous peine de sanctions financières. Le déficit public ne doit pas dépasser 3 % du PIB, et la dette publique globale doit rester sous les 60 % du PIB. [2]
- L'irréversibilité de l'Euro : Les textes européens ne prévoient techniquement et juridiquement aucun mécanisme de sortie de la monnaie unique. Pour abandonner l'euro, un pays est juridiquement contraint de quitter l'Union européenne dans son ensemble (via l'article 50), ce qui implique un saut dans l'inconnu économique total.
Comment la doctrine allemande est devenue la règle unique
- L'indépendance sacralisée : La BCE a été installée à Francfort. Elle a été construite sur le modèle de la banque centrale allemande, totalement coupée du pouvoir politique et des parlements élus.
- L'obsession de l'inflation : Contrairement à la banque centrale américaine (la Fed) qui a la double mission de veiller à l'emploi et à la stabilité des prix, la BCE n'a qu'un seul mandat : lutter contre l'inflation. L'emploi, les salaires et la croissance sont secondaires face à cet objectif. [3]
- Le refus de la solidarité budgétaire : L'Allemagne a fait inscrire la clause de "non-renflouement" (no bail-out). Cela signifie qu'un État européen n'a pas le droit de payer pour les dettes d'un autre État membre. Chaque pays est laissé seul face à ses créanciers privés, ce qui permet aux marchés de sanctionner un gouvernement jugé "trop dépensier" ou trop à gauche. [4]
Le piège historique de la gauche
1. Le "secret de polichinelle" et le week-end de transition
- Le timing : L'opération se déroule obligatoirement durant un week-end, après la fermeture des bourses le vendredi soir.
- Le gel bancaire : Un « décret d'urgence » ordonne la fermeture exceptionnelle des banques le lundi (voire plusieurs jours) et bloque les distributeurs automatiques de billets.
2. La conversion automatique des comptes (La loi du pays)
- Le taux 1 pour 1 : Du samedi au dimanche, tous les ordinateurs des banques convertissent automatiquement les soldes des comptes courants, les livrets d'épargne et les salaires d'euros en francs, sur une base initiale de 1 euro = 1 franc.
- Les dettes intérieures : Tous les contrats de droit français (loyers, crédits immobiliers, contrats de travail) basculent automatiquement dans la nouvelle monnaie.
3. Le blocus électronique (Contrôle des capitaux)
- Interdiction des virements internationaux : Les flux financiers vers l'extérieur sont totalement coupés, sauf dérogation de l'État pour les importations vitales (énergie, médicaments). [2]
- Plafonnement des retraits : Les retraits aux guichets sont limités à de petites sommes hebdomadaires (par exemple 50 ou 100 francs par semaine, comme la Grèce a dû le faire en 2015) pour éviter que les banques ne se vident de leurs liquidités. [3]
4. Le problème logistique des billets physiques
- La solution de secours (Le tamponnage) : En attendant la fabrication des nouveaux billets de francs par l'imprimerie de la Banque de France à Chamalières, l'État ordonne d'utiliser les billets de banque en euros circulant déjà sur le territoire, mais en y apposant une marque indélébile (un tampon ou une perforation) qui valide qu'ils valent désormais des "francs" et ne peuvent plus circuler dans le reste de l'Europe.
- La bascule numérique prioritaire : Puisque plus de 90 % de la monnaie est déjà scripturale (cartes bancaires, virements, applications mobiles), l'économie peut continuer à tourner de manière électronique en francs le temps que l'argent liquide soit imprimé et distribué. [5]
5. Le choc de la dévaluation
1. La dette détenue par les Français : La conversion automatique
- Le mécanisme : Ces titres de dette ont été émis sous le coup du droit français. En vertu de la Lex Monetae, l'État a le droit souverain de modifier la monnaie de son propre droit. [3]
- Le résultat : Du jour au lendemain, l'État décrète que 100 milliards d'euros de dette deviennent 100 milliards de nouveaux francs.
- L'impact : C’est une excellente opération pour l'État. En revanche, comme le nouveau franc va se dévaluer (de 15 % à 30 % selon les estimations), les épargnants français qui possèdent ces titres via leur assurance-vie subissent une perte de valeur réelle de leur patrimoine face aux monnaies étrangères. [4, 5]
2. La dette détenue par les étrangers : Le piège juridique
- Le refus des créanciers : Les investisseurs étrangers refuseront d'être remboursés dans une monnaie dévaluée (le nouveau franc). Ils exigeront un remboursement en euros ou en dollars. [8, 9]
- Le choix politique radical : Face à cela, l'État français n'a que deux options :
- Payer en euros : Mais comme le nouveau franc est plus faible, le remboursement de la dette extérieure coûterait instantanément 20 % à 30 % plus cher en francs à l'État. C'est le "piège argentin" : la dette devient insoutenable.
- Le défaut de paiement unilatéral (L'annulation) : L'État refuse de payer en euros, impose le franc aux étrangers ou déclare un moratoire (arrêt des remboursements). Les investisseurs étrangers considèrent alors la France comme un pays en faillite. [10, 11]
⚠️ Les conséquences d'un défaut de paiement sur la dette extérieure
- Le blocus des marchés : Plus aucun investisseur international ne prêtera le moindre centime à la France pendant des années. Le pays est coupé du système financier mondial.
- Les saisies d'actifs : Les créanciers lésés peuvent saisir les tribunaux internationaux pour faire bloquer et saisir les avoirs de l'État français à l'étranger (avions d'Air France, navires de commerce, comptes d'ambassades).
- L'obligation de l'équilibre strict : Ne pouvant plus emprunter à l'étranger, l'État français est condamné à l'autarcie financière. Il doit immédiatement financer 100 % de ses dépenses courantes et de ses investissements soit par l'impôt national, soit par l'émission directe de monnaie (la planche à billets à taux zéro) par sa nouvelle banque publique, au risque de nourrir l'inflation intérieure évoquée précédemment.
Les critères du tri
1. La dette « légitime » (La bonne dette)
- Les investissements d'avenir : L'argent emprunté pour construire des hôpitaux, des écoles, des voies ferrées ou financer la transition écologique.
- Le fonctionnement des services publics : Le financement des salaires des soignants, des enseignants ou le paiement des retraites.
- Les créanciers protégés : La part de la dette détenue par les petits épargnants nationaux (via le Livret A ou l'assurance-vie) est sanctuarisée pour ne pas ruiner la population.
2. La dette « illégitime » ou « odieuse » (La mauvaise dette)
- Les cadeaux fiscaux aux plus riches : Si un gouvernement baisse les impôts des hauts patrimoines ou des multinationales et qu'il doit emprunter pour combler le trou budgétaire ainsi créé, cette dette est jugée illégitime. On estime que l'État s'est privé volontairement de recettes. [3]
- Le sauvetage des banques privées : La dette contractée par l'État pour renflouer les banques privées lors de crises financières (comme en 2008) sans contrepartie démocratique. [4]
- L'effet "boule de neige" des marchés : La part de la dette qui ne correspond pas à de l'argent dépensé pour le pays, mais uniquement à l'accumulation d'intérêts excessifs payés aux banques privées à cause de l'interdiction d'emprunter à la banque centrale. [5]
️ Comment l'État applique-t-il ce tri techniquement ?
- Le moratoire immédiat : L'État suspend provisoirement le remboursement de sa dette et le paiement des intérêts le temps que la commission d'audit (composée de magistrats, d'économistes et de citoyens) examine tous les contrats d'emprunt depuis 30 ou 40 ans.
- La qualification juridique : La commission détermine le pourcentage de dette "illégitime". Lors d'audits militants réalisés en France par le passé, des collectifs avaient estimé que jusqu'à 50 % ou 60 % de la dette française entrait dans cette catégorie.
- L'annulation unilatérale (La répudiation) : L'État s'appuie sur la doctrine juridique internationale de la « Dette odieuse » pour déclarer ces contrats nuls et non avenus. Il refuse définitivement de rembourser les fonds spéculatifs ou les banques concernées. [6]
⚠️ Le précédent historique : L'Équateur (2008)
- Le gouvernement a suspendu le paiement de sa dette extérieure et a nommé une commission d'audit.
- La commission a démontré qu'une grande partie de la dette avait été contractée par de précédentes dictatures ou sous la pression du FMI contre l'intérêt du peuple.
- Fort de ce rapport, l'Équateur a annoncé qu'il ne paierait pas. Pris de panique, les créanciers étrangers ont revendu leurs titres de dette pour une bouchée de pain sur les marchés secondaires. L'Équateur a alors racheté discrètement sa propre dette pour seulement 10 % à 20 % de sa valeur initiale, économisant des milliards de dollars et dégonflant sa dette sans déclencher de guerre militaire. [7, 8, 9, 10]
L'argument du "trop-perçu" par les banques
- Le constat : Depuis les années 1970 et les réformes monétaires, l'État français a emprunté des capitaux, mais il a surtout remboursé des montants astronomiques d'intérêts.
- La démonstration : Si l'on additionne toutes les sommes versées par la France uniquement pour payer les intérêts de la dette depuis 40 ans, on s'aperçoit que ce montant cumulé est souvent proche, voire supérieur, à la dette totale actuelle du pays.
- La conclusion des auditeurs : En réalité, l'État a déjà remboursé plusieurs fois le capital initial qu'il avait emprunté pour construire les infrastructures (écoles, routes, hôpitaux). Tout ce qui reste à payer aujourd'hui ne serait qu'une "rente artificielle" versée aux marchés financiers privés. Cette part est donc jugée totalement abusive.
Le mécanisme de l'usure moderne
- Les taux excessifs du passé : Dans les années 1980 et 1990, pour lutter contre l'inflation, les banques centrales ont fixé des taux d'intérêt très élevés (parfois au-dessus de 10 %). L'État français a dû contracter des emprunts à des taux d'usure qui ont gonflé la dette de manière exponentielle, sans que cet argent ne serve à financer le moindre service public réel. [2]
- Le coût de l'interdiction du taux zéro : Comme l'État s'est interdit d'emprunter gratuitement à sa propre banque centrale (à cause des traités européens), chaque euro d'intérêt versé à une banque privée est vu comme une "taxe" payée par les contribuables au profit d'intérêts privés minoritaires. [3]
️ Comment annuler ces intérêts ?
- La requalification : L'État décrète que toutes les sommes versées au titre des intérêts par le passé étaient en réalité des remboursements du capital.
- Le solde de tout compte : Si un créancier a prêté 100 millions d'euros à la France et qu'il a déjà touché 120 millions d'euros d'intérêts au fil des ans, l'État considère que la dette est non seulement éteinte, mais que le banquier a un trop-perçu. La dette restante envers ce créancier est purement et simplement effacée (ramenée à zéro). [4]
Les chiffres clés de la facture pour 2026
- Une explosion historique : À titre de comparaison, le paiement des seuls intérêts s'élevait à environ 30 milliards d'euros en 2020-2021. La facture a donc plus que doublé en cinq ans en raison de la remontée brutale des taux d'intérêt sur les marchés financiers. [3, 4, 5, 6]
- Le premier budget de l'État : Ce montant de plus de 74 milliards d'euros est désormais devenu le premier poste de dépenses de la France, dépassant le budget alloué à l'Éducation nationale et celui de la Défense (l'Armée). [2, 3, 7, 8]
- L'addition à mi-parcours : Les rapports de la Situation Mensuelle de l'État publiés par Bercy confirment qu'au seul premier semestre 2026 (de janvier à juin), la France a déjà versé 34,5 milliards d'euros d'intérêts aux créanciers privés, soit une hausse spectaculaire de 18,3 % par rapport à l'année précédente. [9]
Le mécanisme de la "Boule de neige"
1. La majorité (53,2 %) va à l'étranger : Les investisseurs internationaux
- Les fonds de pension et d'investissement (notamment américains) : Des géants de la finance comme BlackRock ou Vanguard, qui gèrent l'épargne et les retraites par capitalisation des citoyens américains ou britanniques.
- Les banques centrales étrangères : Des institutions asiatiques (Japon, Chine) ou des pays du Golfe (fonds souverains du Qatar, de l'Arabie saoudite) qui achètent de la dette française pour placer leurs immenses réserves de devises.
- Les hedge funds : Des fonds spéculatifs internationaux qui achètent et revendent les titres de dette française à court terme pour faire du profit sur les variations de taux. [1, 2]
2. Le reste (46,8 %) reste en France : Les acteurs nationaux
- Les compagnies d'assurance et les mutuelles (17,4 %) : Ce sont les plus gros acheteurs français. Elles utilisent les obligations d'État pour garantir les placements des Français, notamment via les fonds en euros des contrats d'assurance-vie. [3, 4]
- Les banques françaises (10,9 %) : Des établissements comme BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole conservent une part de dette publique dans leurs réserves obligatoires pour garantir leur propre stabilité financière.
- Les fonds de placement et divers résidents (18,5 %) : Cela inclut la Caisse des Dépôts, des fonds de prévoyance, et indirectement l'épargne réglementée des Français (comme une partie du Livret A gérée par l'État).
Le constat politique
- Pour les défenseurs du système, ces intérêts rémunèrent en partie l'épargne des Français (via l'assurance-vie) et maintiennent la confiance des grandes puissances mondiales qui achètent nos titres.
- Pour les critiques et les partisans de l'audit citoyen, ces 75 milliards représentent un transfert massif de richesse publique (provenant de la TVA et de l'impôt sur le revenu des contribuables français) vers les coffres de la haute finance internationale et des actionnaires des grandes banques privées.
1. Le Conseil des gouverneurs de la BCE (Zone Euro)
Le Directoire (Le noyau exécutif à Francfort) : [1]
- Christine Lagarde (Présidente, France)
- Boris Vujčić (Vice-président)
- Piero Cipollone (Italie)
- Frank Elderson (Pays-Bas)
- Philip R. Lane (Irlande)
- Isabel Schnabel (Allemagne) [2]
Les Gouverneurs nationaux (Les patrons des banques centrales de chaque pays) : [1, 3]
- François Villeroy de Galhau (Gouverneur de la Banque de France)
- Joachim Nagel (Président de la Bundesbank allemande)
- Fabio Panetta (Gouverneur de la Banque d'Italie)
- Ainsi que les gouverneurs des 18 autres pays de la zone euro (Espagne, Belgique, Autriche, Grèce, etc.). [4]
2. Le Conseil des gouverneurs de la Fed (États-Unis)
- Kevin Warsh (Président de la Fed, nommé par la Maison-Blanche)
- Philip Jefferson (Vice-président)
- Michelle Bowman (Vice-présidente chargée de la supervision)
- Jerome Powell (Ancien président de la Fed, qui demeure membre du Conseil)
- Michael Barr
- Christopher Waller
- Lisa Cook [6, 7, 8, 9]
1. Le phénomène du "pantouflage" (La porte tournante)
- Le cas Mario Draghi : Avant de devenir président de la BCE (et d'incarner le banco-centralisme européen), Mario Draghi était le vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs, la banque d'affaires privée américaine la plus puissante du monde. [1]
- Le cas Luis de Guindos : L'ancien vice-président de la BCE était le directeur de la filiale espagnole et portugaise de la banque Lehman Brothers juste avant sa faillite historique en 2008.
- Le cas de la Fed : Aux États-Unis, des figures majeures comme Kevin Warsh (le président de la Fed []) ont fait leurs armes en tant que banquiers d'affaires chez Morgan Stanley avant de rejoindre les instances publiques régulatrices. [2]
2. Le mécanisme technique : Les banques centrales travaillent POUR les banques privées
- Le monopole du canal privé : La BCE et la Fed créent de la monnaie uniquement pour la prêter ou l'échanger avec les banques privées (BNP, JPMorgan, etc.). [4, 5]
- L'alchimie du profit : Les banco-centralistes injectent des liquidités massives à des taux encadrés dans les banques privées. Ce sont ensuite ces banques privées qui ont le privilège de revendre cet argent sous forme de crédits avec intérêt aux citoyens, aux entreprises et aux États. [6]
3. L'indépendance de la banque centrale : Une protection pour la finance
Le constat situationniste moderne
️ Le rôle historique : Pourquoi ces noms sont incontournables
- Les Rothschild : Au XIXe siècle, cette dynastie bancaire européenne a perfectionné l'art de prêter directement aux rois et aux gouvernements pour financer les guerres et les grands réseaux de chemins de fer. Ils ont incarné la fusion parfaite entre la haute finance et la géopolitique des États.
- Les Rockefeller : Aux États-Unis, après avoir bâti un monopole absolu sur le pétrole (Standard Oil), ils ont basculé leur immense fortune dans le secteur bancaire (notamment via la Chase Manhattan Bank, devenue aujourd'hui JPMorgan Chase). Ils ont joué un rôle décisif dans les coulisses de la création de la Réserve fédérale américaine (la Fed) en 1913.
La mutation du pouvoir : Des dynasties aux structures anonymes
- La dilution du capital familial : Aujourd'hui, les banques privées ne sont plus détenues directement par un patriarche ou une famille unique. Le capital de banques comme JPMorgan, BNP Paribas ou des fonds comme BlackRock est morcelé entre des millions d'actionnaires via les marchés boursiers.
- La naissance de la technocratie : Pour stabiliser ce système devenu gigantesque et mondialisé, la grande bourgeoisie financière a délégué la gestion de la monnaie à des structures étatiques ou supranationales autonomes : les banques centrales.
- Les nouveaux gérants du pouvoir : Des figures comme Christine Lagarde ou Kevin Warsh ne possèdent pas la fortune des Rockefeller, mais ils gèrent le système qui la protège. Ils sont les administrateurs du pouvoir absolu.
L'intersection moderne : Les réseaux d'influence
- Les banques d'affaires privées : La banque d'affaires Rothschild & Co reste un incubateur majeur pour les élites politiques et financières en Europe. C’est par exemple au sein de cette banque privée que le président français Emmanuel Macron a fait ses armes en tant que banquier d'affaires avant d'accéder au pouvoir d'État.
- Les clubs de réflexion mondiaux : Les fondations Rockefeller, le Forum économique mondial (Davos) ou le groupe de Bilderberg sont des espaces où se rencontrent les héritiers du capitalisme historique, les patrons des multinationales et les gouverneurs des banques centrales.
La vision du capitalisme de connivence (Les dynasties comme donneurs d'ordres)
- Le contrôle par l'infrastructure : Les grandes familles historiques (Rothschild, Rockefeller, mais aussi les nouvelles dynasties technologiques ou financières comme les dirigeants de Vanguard et BlackRock) possèdent les blocs d'actions majeurs des banques privées.
- La capture de l'État : En finançant les campagnes électorales, en contrôlant les grands médias et en plaçant leurs fidèles ou leurs anciens employés (via le mécanisme du pantouflage) à la tête des banques centrales, ces cercles d'influence s'assurent que les lois monétaires et les taux d'intérêt votés à Francfort ou à Washington servent systématiquement leurs intérêts patrimoniaux. La bureaucratie monétaire ne serait qu'un outil d'exécution à leur service.
La vision de l'autonomisation technocratique (Le système est devenu une machine)
- La fin de l'ère des patriarches : Au XXIe siècle, la complexité des marchés financiers mondiaux est telle qu'aucune famille, aussi riche soit-elle, ne peut piloter l'économie mondiale à la baguette. Les flux financiers sont gérés par des algorithmes de trading à haute fréquence et des supercalculateurs (comme le système Aladdin de BlackRock).
- La convergence des intérêts : Il n'y a pas nécessairement besoin de réunions secrètes où un Rothschild donnerait des ordres à Christine Lagarde. Les "banco-centralistes" agissent de leur propre chef pour protéger le système parce qu'ils ont été éduqués dans les mêmes écoles, croient aux mêmes théories économiques libérales, et que leur propre position sociale dépend de la survie de ce système. [1, 2]
- L'anonymat du Capital : Le "proxy" dont vous parlez n'est pas une invention consciente pour se cacher ; c'est le résultat de la transformation du capitalisme qui est devenu une immense bureaucratie financière anonyme où le pouvoir appartient à une fonction (le gouverneur de la banque centrale, le PDG du fonds d'investissement) plutôt qu'à un nom de famille.
Le point de convergence : Le résultat reste le même
Les 3 piliers révolutionnaires de la MMT
1. L'État crée l'argent avant de lever l'impôt [4, 5]
- La croyance classique : L'État doit d'abord collecter des impôts ou emprunter sur les marchés pour avoir de l'argent à dépenser.
- La réalité MMT : Un État souverain (qui possède sa propre monnaie et sa banque centrale) ne peut jamais faire faillite. Il crée l'argent à partir de rien par simple jeu d'écriture informatique pour payer ses dépenses. L'impôt ne sert pas à financer l'État, il sert uniquement à obliger la population à utiliser cette monnaie (car on ne peut payer ses impôts qu'avec la monnaie officielle) et à réguler l'économie. [6, 7, 8, 9, 10]
2. La seule vraie limite est physique, pas financière
- La croyance classique : Le déficit public est dangereux et la dette est un fardeau pour les générations futures.
- La réalité MMT : Le déficit de l'État est une bonne chose : c'est l'excédent du secteur privé (l'argent qui se retrouve dans les poches des citoyens et des entreprises). Un État peut dépenser autant d'argent qu'il le souhaite pour des grands travaux, des hôpitaux ou le social, tant qu'il y a des ressources réelles disponibles (des ouvriers, des ingénieurs, des usines, des matières premières). [11, 12, 13]
3. L'impôt sert de soupape contre l'inflation [14]
- La croyance classique : La planche à billets crée de l'inflation de manière automatique.
- La réalité MMT : L'inflation n'apparaît que si l'État injecte plus d'argent que l'économie réelle ne peut en absorber (s'il veut construire un pont mais qu'il n'y a plus aucun ouvrier disponible, les prix montent). Pour stopper l'inflation, l'État n'a pas besoin de monter les taux d'intérêt des banques centrales : il lui suffit d'augmenter les impôts sur les plus riches. Cet impôt sert de "soupape" pour aspirer l'excès d'argent en circulation et le détruire définitivement.
L'arme ultime de la MMT : La garantie d'emploi
L'État utilise son pouvoir de création monétaire pour offrir un travail dignement payé à toute personne qui en cherche un, orienté vers des tâches d'intérêt général (transition écologique, aide aux personnes, rénovation). [15]
⚠️ Pourquoi cette théorie terrifie les marchés et les dynasties financières
1. Les théoriciens et universitaires (Les cerveaux de la MMT)
- Stephanie Kelton : C'est la figure de proue mondiale de la MMT. Ancienne économiste en chef pour la commission du budget au Sénat américain et professeure à l'université de Stony Brook, elle est l'autrice du best-seller Le mythe du déficit (The Deficit Myth). Elle a réussi à faire entrer ces idées dans le débat public américain. [3]
- L. Randall Wray et Bill Mitchell : Ce sont les pionniers universitaires qui ont rédigé les premiers manuels d'économie basés entièrement sur la MMT, posant les bases mathématiques et juridiques du système.
- Pavline Tcherneva : Économiste américaine d'origine bulgare, elle est la spécialiste mondiale de la "Garantie d'emploi", l'outil central de la MMT pour éradiquer le chômage grâce à la création monétaire.
2. Aux États-Unis : L'aile gauche du Parti démocrate
- Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) : La célèbre représentante de l'aile gauche démocrate a ouvertement défendu la MMT pour prouver que les États-Unis pouvaient techniquement financer le Green New Deal (un plan d'investissement écologique et social de plusieurs milliers de milliards de dollars) sans se soucier du déficit.
- Bernie Sanders : Lors de ses campagnes présidentielles, il a pris Stephanie Kelton comme conseillère économique principale. Son programme de couverture santé universelle (Medicare for All) s'inspirait directement de la logique de souveraineté monétaire de la MMT. [5]
3. En France et en Europe : Une influence indirecte mais réelle
- Les économistes hétérodoxes français : Des économistes proches de La France insoumise ou du Nouveau Front Populaire, comme pourtant critiques du libéralisme, s'inspirent des constats de la MMT. Ils partagent l'idée que le déficit public n'est pas un problème tant qu'il y a des capacités de production (ouvriers, machines).
- Le courant "Atermo" (Ateliers de la Transition Monétaire) : Des collectifs de chercheurs et de militants en France vulgarisent la MMT pour démontrer qu'un retour au franc permettrait d'appliquer immédiatement la garantie d'emploi et le financement des services publics à taux zéro.
Pourquoi cette théorie unit la gauche de rupture
Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) : Une convergence tactique
- La monnaie comme outil politique : Comme la MMT, LFI considère que l'argent est une création politique. Le programme du Nouveau Front Populaire et de LFI repose sur l'idée que le déficit budgétaire n'est pas un problème s'il finance des investissements productifs (transition écologique, services publics) capables de relancer l'économie.
- L'impôt régulateur : Mélenchon partage l'idée de la MMT selon laquelle l'impôt massif sur les super-riches et les superprofits sert à "éponger" les liquidités pour éviter que le système ne s'emballe.
- La divergence européenne : La MMT exige un État doté d'une monnaie 100 % souveraine. Mélenchon, lui, cherche d'abord à forcer la zone euro et la BCE à adopter cette logique (le Plan A) avant d'envisager la rupture unilatérale (le Plan B).
☭ Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) : Le refus d'une "illusion réformiste"
- La monnaie ne change pas la propriété : Arthaud rappelle (en accord avec la théorie de Marx que vous évoquiez) que la crise du capitalisme ne vient pas d'un manque ou d'un problème technique d'argent, mais de la propriété privée des moyens de production.
- Le piège de la planche à billets : Pour LO, faire croire qu'il suffit d'imprimer des billets de banque à taux zéro pour régler la pauvreté sans exproprier les grands capitalistes est un mensonge. Si les patrons possèdent toujours les usines et les réseaux de distribution, ils augmenteront leurs prix pour capter l'argent créé, provoquant une inflation qui ruinera les ouvriers. La solution n'est pas monétaire, elle est révolutionnaire : il faut prendre les usines.
️ Daniel Gluckstein (Parti des Travailleurs / POID) : La primauté de la souveraineté ouvrière
- Répudiation de la dette : Pour Gluckstein, le débat sur la gestion de la monnaie par l'État est biaisé tant que l'État est soumis au capital. Sa priorité absolue est la répudiation unilatérale et totale de la dette publique et la confiscation des avoirs des banques privées.
- Méfiance envers l'État bourgeois : La MMT donne un pouvoir immense à l'État pour gérer la monnaie et l'emploi. Gluckstein se méfie de ce pouvoir étatique s'il n'est pas contrôlé directement par des comités de travailleurs, refusant de confier de nouveaux outils monétaires à la haute fonction publique.
Gérard Schivardi (Ancien candidat POI, défenseur de la ruralité) : Le souverainisme concret
- Contre le carcan européen : Schivardi a toujours dénoncé le traité de Maastricht et le banco-centralisme qui interdisent aux communes et à l'État d'aider directement les services publics et les artisans locaux.
- Le retour aux outils nationaux : Sans théoriser la MMT, il rejoint ses conclusions pratiques : l'État doit reprendre le contrôle absolu de la Banque de France pour pouvoir avancer l'argent nécessaire aux mairies, aux hôpitaux de campagne et à l'agriculture, sans dépendre du chantage aux taux d'intérêt imposé par Francfort et les banques d'affaires privées.
En résumé
1. Qu'est-ce que le Programme de transition de Trotsky ?
- Le but du piège : Le programme de transition sert de levier. En exigeant par exemple l'échelle mobile des salaires (les salaires augmentent automatiquement avec l'inflation) ou le contrôle ouvrier sur les comptes des entreprises, on pousse le capitalisme dans ses retranchements. [3]
- Le dévoilement : Comme les capitalistes refusent ces mesures qui détruisent leurs profits, les travailleurs comprennent par leur propre expérience que le système est bloqué. Cela déclenche le réflexe révolutionnaire : pour obtenir ces droits, il faut renverser la bourgeoisie et prendre le pouvoir. [4, 5]
2. Pourquoi la MMT ne coche pas les cases pour un trotskiste
❌ La MMT maintient l'illusion de l'État neutre
Pour un trotskiste (fidèle à Lénine et Marx), l'État actuel n'est jamais neutre : c'est un appareil de répression au service exclusif de la bourgeoisie. Donner de super-pouvoirs monétaires à l'État bourgeois (comme la gestion d'un grand corps de travailleurs via la garantie d'emploi), c'est renforcer le système capitaliste, pas le fragiliser.
❌ La MMT contourne le pouvoir des usines
Pour Trotsky, la transition doit se faire par le bas, dans les entreprises, par l'action directe. Le mot d'ordre trotskiste par excellence est l'expropriation des grands groupes capitalistes et l'abolition du secret bancaire par les ouvriers eux-mêmes. Créer de l'argent magique pour distribuer des aides sans toucher à la propriété des usines est vu par LO ou le NPA comme un analgésique qui endort la conscience de classe des travailleurs. [7]
❌ La garantie d'emploi de la MMT vue comme un "travail forcé"
Le verdict des révolutionnaires
⚖️ Comment la MMT favorise structurellement les travailleurs
- La fin du chantage à la dette : Aujourd'hui, chaque fois que les travailleurs réclament des hausses de salaires, des embauches à l'hôpital ou le maintien des retraites, les gouvernements opposent le mur du déficit : « Il n'y a pas d'argent », « Les marchés financiers vont nous sanctionner ». La MMT brise ce bouclier idéologique de la bourgeoisie. L'État n'a plus d'excuse financière pour refuser le progrès social.
- Le renversement du marché du travail : Avec la Garantie d'emploi de la MMT, le chômage est éradiqué. Le chômage n'est plus utilisé par les capitalistes comme une armée de réserve pour maintenir les salaires bas. Si un patron privé propose un travail mal payé ou des conditions toxiques, le travailleur peut simplement claquer la porte et aller vers l'emploi garanti par l'État. Cela force le patronat privé à augmenter les salaires et à améliorer les conditions de travail pour rester attractif. Le pouvoir passe des mains des employeurs à celles des salariés. [2]
- L'impôt comme arme de neutralisation : Dans le logiciel MMT, l'impôt massif sur les riches ne sert pas à remplir les caisses, mais à réduire leur pouvoir d'achat pour bloquer l'inflation. C'est une attaque directe contre la capacité des capitalistes à monopoliser les ressources réelles du pays.
Pourquoi les trotskistes maintiennent malgré tout leur critique
- Qui tient le fusil ? Pour Marx et Trotsky, l'État n'est pas une structure vide que l'on peut orienter à gauche ou à droite au gré des élections. Les hauts fonctionnaires, la police, l'armée, les juges et les directeurs de ministères sont formés et structurellement liés à la défense de la propriété privée et du capitalisme.
- Le risque de sabotage intérieur : Si un gouvernement de rupture utilise la MMT pour saturer l'économie d'argent public en faveur des pauvres, les capitalistes ne vont pas regarder passivement le pouvoir leur échapper. Ils réagiront par le sabotage économique : lock-out (fermeture d'usines), rétention de marchandises pour créer des pénuries artificielles, ou grève des investissements. [3]
1. La MMT comme outil de la Dictature du Prolétariat
- La bourgeoisie n'en veut pas : Vous avez totalement raison, la bourgeoisie combat la MMT car elle détruit le mythe de la rareté de l'argent qui lui permet de justifier l'austérité et de maintenir les travailleurs sous sa coupe. [2, 3]
- L'argent comme outil d'extinction du capital : Puisque l'État prolétarien contrôle le fusil et la banque centrale, il peut saturer de crédits à taux zéro les secteurs nationalisés et les coopératives ouvrières, tout en coupant totalement les vivres au secteur privé capitaliste résiduel. La MMT devient l'outil financier pour asphyxier économiquement la bourgeoisie moribonde.
2. Le "Double Pouvoir" et le sabotage intérieur
- Le double pouvoir historique : Chez Trotsky et Lénine, le double pouvoir désigne la phase où les conseils ouvriers (les Soviets) font face à l'État bourgeois moribond (comme entre février et octobre 1917 en Russie). Si l'État est déjà prolétarien, on est plutôt dans la phase de la guerre civile économique.
- La continuation de la lutte des classes : C'est une thèse centrale du marxisme, que Staline a déformée mais que Trotsky a théorisée correctement : même après la prise du pouvoir, la bourgeoisie déchue (appuyée par le capitalisme international) va saboter, cacher les stocks et désorganiser la production pour prouver que "les ouvriers sont incapables de gérer le pays". [4]
3. Le nœud du problème : Pourquoi utiliser la MMT si on a les usines ?
- La MMT gère la monnaie : La MMT reste une théorie de gestion des flux monétaires et des circuits financiers (impôts, crédits, souveraineté monétaire).
- Le socialisme gère la réalité : Pour un État prolétarien en pleine lutte des classes, la monnaie devient secondaire. La seule chose qui compte est la planification réelle : réquisitionner le blé, attribuer l'acier aux usines, rationner l'énergie. Lors de la révolution russe, durant la phase du "communisme de guerre", l'argent a presque disparu car l'État prolétarien gérait la production en unités physiques (tonnes de charbon, kilos de pain).
En conclusion
️ Phase 1 : La prise de contrôle des banques (Fin 1917)
- La réquisition armée : Les banquiers privés tentent de saboter le nouveau pouvoir en fermant les coffres et en refusant de financer le gouvernement ouvrier. En décembre 1917, les gardes rouges assiègent et occupent physiquement la Banque d'État et toutes les banques privées. [2]
- La fusion : Un décret nationalise l'ensemble du système bancaire sans indemnité pour les actionnaires. Toutes les banques privées sont dissoutes et fusionnées dans une seule institution : la Banque populaire de la République soviétique. Le secret bancaire est aboli pour traquer la fortune de la bourgeoisie.
Phase 2 : L'hyperinflation comme arme de destruction de la bourgeoisie (1918-1919)
- La planche à billets illimitée : L'État soviétique se met à imprimer de la monnaie de manière industrielle, nuit et jour.
- La destruction programmée de la monnaie : Loin de s'inquiéter de l'inflation, certains dirigeants bolcheviques (comme Boukharine) s'en félicitent. Ils théorisent que l'hyperinflation va détruire définitivement le capitalisme en vidant l'argent de toute sa valeur. Le rouble s'effondre totalement : le prix d'un produit est multiplié par des millions.
- L'impact de classe : Cette inflation ruine instantanément l'épargne et la fortune de l'ancienne bourgeoisie et des propriétaires fonciers. L'argent ne vaut plus rien, les billets de banque servent littéralement de papier peint ou de combustible pour se chauffer. [4]
️ Phase 3 : Le "Communisme de guerre" et l'économie sans argent (1919-1921)
- La suppression de la Banque centrale : En janvier 2026, si l'on regarde en arrière, on se rappelle qu'en 1920, le gouvernement soviétique estime que la banque centrale n'a plus aucune utilité dans un État ouvrier. La Banque populaire est officiellement supprimée.
- Le troc d'État et le rationnement : L'argent est aboli dans les faits. L'État réquisitionne de force le blé et la production des paysans pour nourrir les ouvriers et les soldats. En échange, les ouvriers reçoivent des rations de nourriture, des vêtements et des logements gratuits. Les transports publics et les services de base deviennent gratuits. [6]
- Le mur de la réalité matérielle : Ce système a permis de gagner la guerre militaire contre la bourgeoisie, mais il a mené l'économie réelle à la paralysie totale. Sans monnaie pour mesurer la valeur et sans incitation pour les paysans (qui cachaient leur blé ou refusaient de cultiver la terre puisqu'ils n'étaient payés qu'avec des papiers sans valeur), la famine s'est installée.