Les psychostimulants, y compris les dérivés
d'amphétamines (comme l'Adderall ou le
Ritalin), ne sont pas
recommandés par les guides de santé internationaux pour
traiter l'encéphalomyélite myalgique (EM/SFC). [1, 2]
Bien que certains médecins les prescrivent
parfois de manière exceptionnelle pour stimuler la concentration ou la
vigilance, leur utilisation comporte un risque majeur pour cette maladie. [2, 3]
Le piège du « faux crédit d'énergie »
Les amphétamines masquent temporairement la
sensation d'épuisement en stimulant artificiellement le système nerveux. Le
patient ressent un regain d'énergie trompeur qui le pousse à dépasser ses
limites physiques ou cognitives. [4, 5]
Lorsque l'effet du médicament s'estompe, le
contrecoup est souvent violent : cela déclenche un malaise post-effort
(MPE) sévère et durable, aggravant l'état de santé
général de la personne. [4, 6]
Risques et effets secondaires
Le système nerveux et cardiovasculaire des
personnes atteintes d'EM/SFC est déjà fragilisé (souvent sujet à une intolérance
orthostatique ou de la tachycardie). Les amphétamines peuvent aggraver ces
symptômes en provoquant : [6, 7]
- Une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle.
- Une insomnie accrue ou
des troubles du sommeil profonds.
- Une accoutumance ou un épuisement
complet des réserves de l'organisme. [4, 5, 7, 8]
En Europe et en France, leur prescription est
d'ailleurs strictement réglementée et réservée à des pathologies très précises
comme le TDAH ou la narcolepsie. Les instances officielles comme le
NICE britannique
déconseillent formellement l'usage de stimulants de type amphétaminique pour
l'EM/SFC.
[1, 9]
Comment distinguer la
narcolepsie du syndrome de fatigue chronique ?
Bien que la narcolepsie et l’encéphalomyélite
myalgique / syndrome de fatigue chronique (EM/SFC) partagent une
fatigue extrême au quotidien, il s'agit de deux maladies neurologiques
fondamentalement distinctes. [1]
La principale différence réside dans la nature de
l'épuisement (somnolence versus manque d’énergie) et
dans la réaction à l'effort. [2, 3]
1. La nature de la fatigue et l'impact des siestes
- Narcolepsie : Le
problème central est une somnolence diurne excessive. Le
cerveau ne parvient pas à réguler les cycles de veille et de sommeil. Le
patient subit des « attaques de sommeil » brutales et
incoercibles en pleine journée. Fait marquant : Une sieste courte
(15-20 minutes) est généralement très réparatrice et
permet de se sentir d'attaque pour quelques heures.
[1, 2, 4, 5, 6, 7]
- EM/SFC : Le
problème est un épuisement physique et cognitif
profond, un manque d'énergie global plutôt qu'une
pure envie de dormir. L'endormissement en journée est souvent difficile malgré
l'épuisement. Fait marquant
: Le sommeil nocturne et les siestes ne sont jamais réparateurs. Le patient se réveille tout aussi
fatigué. [2, 3, 5, 8]
2. Le symptôme cardinal propre à chaque
maladie
- Le Malaise Post-Effort (MPE) → Spécifique à
l'EM/SFC
Toute activité physique, mentale ou émotionnelle, même
minime, provoque une aggravation sévère de tous les symptômes 12 à 48 heures
après l’effort. Ce crash peut durer des jours ou des semaines. Ce phénomène
n’existe pas dans la narcolepsie. [1, 2, 8]
- La Cataplexie → Spécifique à la narcolepsie
(Type 1)
Il
s'agit d'une perte de tonus musculaire soudaine (les genoux lâchent, les
paupières tombent, impossibilité de parler) déclenchée par une émotion forte,
souvent positive comme le rire ou la surprise. La personne reste pleinement
consciente pendant la crise. [6, 7, 9]
3. Les autres symptômes associés
| Symptômes
secondaires |
Narcolepsie |
EM / SFC |
| Sommeil paradoxal anormal |
Fréquent
(Paralysies du sommeil au réveil, hallucinations visuelles intenses en
s'endormant, cauchemars). |
Rare (Le
sommeil est fragmenté ou perturbé, mais sans intrusion directe du sommeil
paradoxal à l'éveil). |
| Douleurs et
immunité |
Absents en règle générale (sauf fatigue
liée). |
Fréquents
(Douleurs musculaires/articulaires chroniques, maux de gorge, ganglions
gonflés, symptômes de type grippal). |
| Intolérance orthostatique |
Rare. |
Très fréquente
(Étourdissements, palpitations ou malaises dès que l'on reste debout). |
4. Comment les médecins font-ils le diagnostic ?
- Pour la narcolepsie
: Le diagnostic est objectif. Il se fait à l'aide
d'examens médicaux dans un centre du sommeil. On réalise une
polysomnographie (enregistrement de la nuit) suivie d'un Test Itératif de
Latence d'Endormissement (TILE / MSLT). Ce test
prouve que le patient s'endort anormalement vite en journée et plonge
directement en sommeil paradoxal.
- Pour l'EM/SFC : Il
n'existe aucun test biologique ou examen d'imagerie pour le confirmer. Le
diagnostic est purement clinique. Le médecin valide des
critères précis (comme le MPE depuis plus de 6 mois) et procède par
élimination en écartant toutes les autres causes médicales de fatigue (bilans
sanguins complets, recherches hormonales, etc.). [1,
2, 4, 5, 9, 10, 11]
Si vous réalisez des démarches médicales,
avez-vous déjà
consulté un spécialiste dans un centre du sommeil ou
suspectez-vous l'une de ces pathologies en particulier ?