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Les renards, c’est tout calinou, Faut pas les tuer ! Un corbeau sauvage avait adopté ma mamie, Faut pas tuer les corbeaux !

lundi 24 août 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 24 août 2026).

« Une aberration » : l’autorisation de tuer les renards et autres animaux classés « nuisibles » renouvelée

https://reporterre.net/Destruction-…

Publié le 24 août 2026 à 09h40
Modifié le 24 août 2026 à 16h39

Léa Guedj

Les renards roux peuvent être tués par tirs, piégeage et déterrage toute l’année, en quantité illimitée, même en dehors des périodes de chasse. - Luca Casale / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons

Renards, fouines, corbeaux… Le gouvernement a publié vendredi 21 août la liste des espèces considérées comme « nuisibles » qu’il est permis de tuer toute l’année. Une « aberration » pour les associations environnementales et les scientifiques.

Vendredi 21 août, le ministère de la Transition écologique a publié au Journal officiel la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (Esod) valable pour les trois prochaines années. Neuf espèces sont désignées : la belette d’Europe, la fouine, la martre des pins, le renard roux, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet.

Chaque année en France, 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés sont abattus, au prétexte de réduire les risques sanitaires, les pertes économiques et autres dégâts pour les activités et les biens humains. Ces animaux peuvent être tués par tirs, piégeage et déterrage toute l’année, pour certains en quantité illimitée, même en dehors des périodes de chasse.

« Au-delà de l’irrationalité biologique qui condamne injustement ces espèces, de l’avis même des scientifiques, cet arrêté est un non-sens économique puisque l’éradication des Esod coûte quatre fois plus cher que les prétendus dégâts », a réagi Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux auprès de l’AFP. L’association a indiqué son intention de porter « un recours devant le Conseil d’État contre cet arrêté ».

Des espèces « indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes »

Cette politique de « régulation » par espèces et par départements a-t-elle un sens ? « La réponse est non », réagit Martin Plancke, chargé de mission spécialisé sur la biodiversité et les politiques publiques associées pour la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, interrogé par Reporterre. Il a corédigé une synthèse des connaissances sur le sujet en 2023. Aux yeux de cet écologue de formation, cette politique est même « une aberration écologique dans un contexte d’érosion de la biodiversité, et une hérésie vis-à-vis des connaissances scientifiques ».

Définir des « destructions » à l’échelle d’une espèce entière, « comme s’il y avait une unité de la faune sauvage », d’autant plus à l’échelle « bien trop large » des départements, est un système qu’il juge « inadapté » d’un point de vue écologique. « Les comportements des espèces susceptibles de causer des dégâts, sont généralement issus d’un apprentissage à l’échelle individuelle et non d’une espèce en général », souligne Martin Plancke.

Par ailleurs, si ces espèces sont considérées comme « communes », elles n’en sont pas moins « indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes », qui permettent notamment « l’adaptation de la biodiversité aux changements globaux », rappelle-t-il.

Certaines sont des espèces « ingénieures », comme le geai des chênes qui « participe à la reforestation en dispersant les glands » et le renard dont les terriers contribuent à « l’oxygénation des sols forestiers » et à « créer des refuges pour d’autres espèces ». Elles participent d’une « hétérogénéité indispensable des écosystèmes, en particulier dans le contexte actuel de multiplication des sécheresses et des incendies ».

Le conflit au détriment de la coexistence

De son point de vue, cet arrêté relève d’une conception de la faune sauvage « uniquement par le prisme du conflit », au détriment d’une « logique de coexistence ». Pourtant, des fonctions écologiques de ces espèces découlent des « services écosystémiques pour les humains ». « Les fouines, les martres, les belettes et les renards consomment les rongeurs qui s’attaquent aux cultures, comme le campagnol et le mulot », mentionne l’écologue.

Ce sont aussi « des agents sanitaires qui travaillent dans l’ombre à éliminer les individus malades et les carcasses d’animaux morts, ou encore les hôtes de tiques transportant la maladie de Lyme, ce qui permet d’éviter des transmissions de maladies pouvant aller jusqu’à l’homme ».

À l’inverse d’une « régulation », il estime que cette chasse, vaste et ininterrompue, introduit des « déséquilibres » et une « cascade de conséquences » pour l’ensemble des écosystèmes, y compris pour les humains. « En éradiquant une population sur un territoire, on se prive d’auxiliaires naturels, et on en vient à devoir introduire des pesticides chimiques pour recréer leurs fonctions, avec ce que cela induit d’empoisonnement des sols et des corps », résume Martin Plancke.

L’écologue est aussi critique des motifs qui sous-tendent parfois ces « prélèvements », en particulier « la gestion de stocks cynégétiques, c’est-à-dire la préservation d’un certain nombre d’individus d’espèces chassables », précise-t-il.

« La spécificité française, c’est que si une Esod consomme une proie qui lui est naturelle, mais qui est chassable, on va considérer que c’est un dégât », poursuit-il. Une façon de « mettre en équivalence un renard qui chasse un animal sauvage ou une poule domestique » et de « placer le renard en compétition avec les chasseurs ».

« Inefficace et économiquement injustifiable »

En mars dernier, une équipe du Muséum national d’histoire naturelle a épluché sept années de résultats officiels sur la chasse des Esod pour en évaluer l’efficience. Résultat : tuer des renards, des pies et des corneilles par centaines de milliers ne réduit pas les dégâts qu’on leur attribue, et la réduction, voire l’arrêt, de cet effort n’augmente pas non plus les dommages.

De plus, les populations de ces animaux ne se réduisent pas. « Plus on tire dessus, plus il y aura de la place et d’accès aux ressources pour que de nouveaux individus viennent les remplacer, plus il y aura de succès de reproduction et de survie des jeunes, donc la population va se reconstituer », explique Elsa Bonnaud, enseignante-chercheuse au sein du laboratoire Écologie systématique évolution de l’université Paris-Saclay.

Les auteurs de l’étude ont aussi évalué le coût économique de cette politique, estimé entre 103 et 123 millions d’euros par an, en incluant la main-d’œuvre et le matériel de chasse, tandis que les coûts annuels officiels des dommages s’élèvent entre 8 et 23 millions d’euros. Les scientifiques en concluent que ce dispositif est « inefficace » et « économiquement injustifiable ».

Elsa Bonnaud plaide pour un système bien plus « ciblé » que l’actuel. À ce jour, la liste établie par département repose sur des déclarations via des formulaires envoyés par les particuliers, les éleveurs, les agriculteurs et les chasseurs. « Il faudrait aller vers des régulations ponctuelles et très localisées lorsqu’il y a des dégâts avérés », estime la chercheuse, qui propose la mise en place d’une « cellule de réponse rapide » pour réagir efficacement aux dégâts que peuvent notamment subir les agriculteurs.

L’argent « gaspillé » pour le dispositif actuel « trop généralisé » pourrait ainsi servir, par exemple, à la mise en place de solutions alternatives pour prévenir des dommages dans les cultures. La chercheuse cite par exemple « la plantation de haies et la mise en place de perchoirs, afin de favoriser le retour de rapaces », prédateurs naturels des corneilles et des corbeaux. Cet argent pourrait aussi être investi dans « l’urgente restauration de la biodiversité » pour « rétablir des équilibres naturels ».

Un corbeau sauvage avait adopté ma mamie

Il venait de dehors et rentrait chez elle quand la fenêtre était ouverte. Quand elle était fermée, il frappait au carreau avec son bec. Elle lui ouvrait, il lui faisait des bisous et elle lui donnait à manger et à boire ; ma mamie lui parlait, et il lui faisait encore des bisous ; puis, au bout d’un moment, il repartait vivre sa vie de corbeau.

Les corbeaux seraient-ils plus intelligents que les chimpanzés ? (vidéo 52’17)

https://mai68.org/spip/spip.php?article3688

Les corbeaux ont-ils une cervelle d’oiseau ?

Enregistré sur Arte le 6 janvier 2012

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En Russie, les corbeaux font de la luge sur les toits ! (vidéo 1’23)

https://mai68.org/spip/spip.php?article3687

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