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Signaux de sécurité des vaccins Covid dissimulés
(rapport du Sénat américain)
patatrak - 23 août 2026
PDF du Rapport officiel de la commission Johnson :
https://mai68.org/spip3/IMG/pdf/Rep…
Discussion avec ChatGPT
Oui. Il s’agit surtout du rapport publié par la commission du Sénat présidée par le sénateur républicain le 29 avril 2026, intitulé « Unmasked: How Biden Health Officials Purposely Turned a Blind Eye Toward COVID-19 Vaccine Safety Signals ».
Ce que le rapport affirme
Selon le rapport de la majorité républicaine du Permanent Subcommittee on Investigations :
- Des responsables de la FDA auraient été informés dès 2021 d'une méthode d'analyse statistique plus performante permettant de détecter des signaux de sécurité dans les données du VAERS (système américain de déclaration des événements indésirables après vaccination).
- Le rapport affirme que la FDA a continué à utiliser une ancienne méthode qui pouvait masquer certains signaux statistiques, au lieu d'adopter cette nouvelle méthode.
- Johnson affirme que cette situation aurait empêché les autorités de détecter suffisamment tôt certains événements indésirables liés aux vaccins contre le Covid.
- Le rapport fait 38 pages et est accompagné d'environ 600 pages de documents obtenus par la commission.
Point important : il faut distinguer les conclusions du rapport de Johnson d'un consensus scientifique établissant que les vaccins Covid auraient causé tous les dommages évoqués. C'est un rapport de la majorité républicaine de la sous-commission, et non un rapport scientifique indépendant établissant ces conclusions comme des faits. La page officielle du Sénat permet de consulter le rapport et les documents sources.
Si vous voulez, je peux aussi vous faire une analyse factuelle du rapport de Johnson, point par point, en distinguant ce qui est démontré par les documents, ce qui est une interprétation de Johnson et ce qui est contesté par les autorités scientifiques.
Oui
Oui. J’ai vérifié les sources officielles et voici la lecture la plus rigoureuse du rapport de Ron Johnson.
1. Ce que le rapport de Johnson établit réellement
Le point central concerne VAERS, le système américain de déclaration des événements indésirables après vaccination. Le rapport soutient que des responsables fédéraux disposaient de données permettant de rechercher des « safety signals » — des anomalies statistiques pouvant justifier une enquête — et qu'ils n'auraient pas suffisamment exploité certaines méthodes de détection.
C’est un sujet sérieux, car VAERS est effectivement conçu pour détecter rapidement des signaux inhabituels. Mais il y a une distinction essentielle : un signal n'est pas une preuve de causalité. Le CDC précise lui-même qu'un événement déclaré à VAERS ne signifie pas que le vaccin en est la cause et qu'une investigation supplémentaire est nécessaire.
2. Là où Johnson a un argument solide
Il serait faux de dire que les autorités américaines n'ont jamais identifié de risques liés aux vaccins Covid.
Par exemple, le risque de myocardite/péricardite après les vaccins à ARNm a bien été confirmé comme causal, notamment chez les adolescents et jeunes hommes, particulièrement après la deuxième dose. Le CDC le reconnaît explicitement.
Autrement dit, l'idée générale selon laquelle « les vaccins sont absolument sans risque » n'est pas défendable scientifiquement.
Les systèmes de surveillance ont également identifié d'autres signaux, notamment le syndrome de Guillain-Barré après le vaccin Janssen, et les autorités ont finalement établi un lien causal avec certains décès après ce vaccin.
3. Là où il faut être beaucoup plus prudent
C'est ici que certaines présentations du rapport vont trop loin.
Supposons que VAERS contienne 10 000 déclarations de myocardite après vaccination. Cela ne signifie pas automatiquement que 10 000 myocardites ont été causées par le vaccin.
Pourquoi ? Parce que des millions de personnes ont été vaccinées et qu'elles peuvent développer une maladie pour d'autres raisons pendant les jours ou semaines suivant la vaccination.
C'est précisément pourquoi les États-Unis utilisent plusieurs systèmes complémentaires : VAERS, Vaccine Safety Datalink (VSD), CISA et BEST, qui permettent de comparer les taux observés avec ceux attendus et d'étudier la causalité.
Donc :
VAERS → détection d'un signal → investigation → comparaison statistique → étude clinique/épidémiologique → éventuellement causalité.
Le premier maillon ne suffit pas à conclure au dernier.
4. Et concernant les décès ?
C'est probablement le point sur lequel il faut être particulièrement vigilant.
Des milliers de décès ont été déclarés après une vaccination Covid. Mais « décès après vaccination » et « décès causé par la vaccination » sont deux catégories différentes.
Le CDC indique par exemple que les déclarations de décès à VAERS ne constituent pas, à elles seules, une preuve de causalité. Les autorités examinent notamment les certificats de décès, dossiers médicaux et autopsies lorsqu'elles évaluent ces cas.
Cela ne signifie pas qu'aucun décès n'a été causé par un vaccin : des décès causaux ont effectivement été identifiés, notamment avec Janssen.
La bonne question est donc : combien de décès supplémentaires par rapport au nombre attendu ont été provoqués par chaque vaccin, dans chaque groupe d'âge et de risque ?
C'est beaucoup plus informatif que le nombre brut de déclarations VAERS.
5. Mon évaluation du rapport
Je le résumerais ainsi :
| Affirmation | Évaluation |
|---|---|
| Des événements indésirables graves ont existé | Oui |
| Certains risques des vaccins Covid ont été confirmés | Oui |
| La myocardite après ARNm est un risque causal reconnu | Oui |
| VAERS peut révéler des signaux importants | Oui |
| Un signal VAERS prouve qu'un vaccin a causé l'événement | Non |
| Tous les décès déclarés après vaccination ont été causés par le vaccin | Non |
| Les autorités américaines auraient pu améliorer certaines méthodes de surveillance | Question légitime à examiner |
| Le rapport démontre que les vaccins Covid ont provoqué une catastrophe sanitaire de grande ampleur | Non démontré par VAERS seul |
6. Le point qui mérite vraiment d'être vérifié
À mon avis, la partie la plus intéressante du dossier n'est pas le nombre de déclarations VAERS, mais la question suivante :
Les autorités disposaient-elles suffisamment tôt d'un signal statistique crédible, l'ont-elles correctement analysé, et auraient-elles dû modifier leurs recommandations avant de le faire ?
C'est une question beaucoup plus forte scientifiquement que de simplement compter les déclarations.
Et il faut aussi regarder les données primaires utilisées par la commission Johnson, plutôt que seulement les conclusions du sénateur.
Le CDC reconnaît d'ailleurs aujourd'hui que VAERS est un système de détection de signaux, tout en insistant sur ses limites et sur la nécessité de confirmer les signaux avec des systèmes plus robustes.
Si vous voulez aller au fond du dossier
Je peux faire quelque chose de plus utile : prendre le rapport Johnson page par page et vérifier ses 10–15 principales affirmations, avec pour chacune :
- confirmé par les données
- plausible mais non démontré
- trompeur ou non étayé
- ce que montrent réellement les chiffres
Et notamment examiner les affirmations concernant les décès, myocardites, cancers, infertilité, turbo-cancers et excès de mortalité.
Oui, et aussi pour les sténoses aortiques, arythmie, insuffisance ventriculaire gauche aigüe
Oui. J’ai regardé spécifiquement ces trois problèmes cardiaques, en les mettant en regard du rapport Johnson et des données de pharmacovigilance. Le résultat est assez différent selon le diagnostic.
Le rapport Johnson du 29 avril 2026 porte principalement sur la manière dont les signaux de sécurité auraient été détectés ou masqués dans VAERS ; il ne démontre pas, pour chaque maladie particulière, une causalité vaccinale.
1. Sténose aortique
/ Ce que montrent les données
Je ne trouve pas de preuve solide que les vaccins Covid provoquent une sténose aortique.
La sténose aortique est généralement une maladie dégénérative de la valve, liée notamment à l'âge et à des facteurs cardiovasculaires, ou une anomalie congénitale dans certains cas.
Il existe bien des cas de sténose aortique rapportés après vaccination. Mais c'est précisément là qu'il faut être prudent avec VAERS : le fait qu'un diagnostic apparaisse après une injection ne signifie pas que l'injection l'a provoqué. VAERS indique explicitement que ses déclarations peuvent être fortuites et ne permettent pas, à elles seules, d'établir la causalité.
J'ai trouvé par exemple un rapport européen concernant un homme de 87 ans décédé neuf jours après une vaccination VidPrevtyn Beta. Mais ce patient avait déjà reçu le diagnostic de sténose aortique critique quatre mois avant la vaccination. C'est donc un très mauvais exemple pour démontrer une causalité vaccinale.
Il existe également une étude récente portant sur les malformations cardiaques congénitales qui ne retrouve pas d'augmentation des sténoses de la valve aortique chez les enfants exposés au vaccin à ARNm pendant le premier trimestre : OR ajusté 0,76 (IC95 % 0,30–1,90).
Conclusion :
➡️ Sténose aortique : signal/cas
rapportés ≠ preuve de causalité. À ce jour, je ne vois pas de démonstration
convaincante que le vaccin crée une sténose aortique.
2. Arythmies
Ici, la situation est plus intéressante.
Il existe un mécanisme plausible dans certains cas
Le CDC reconnaît que la vaccination Covid peut provoquer, rarement, une myocardite/péricardite. Les symptômes peuvent comprendre des palpitations, et les recommandations demandent justement de rechercher une myocardite lorsqu'une personne présente douleur thoracique, dyspnée ou palpitations après vaccination.
Or une inflammation du myocarde peut secondairement provoquer des troubles du rythme.
Cela signifie qu'il existe une chaîne physiopathologique plausible :
vaccination → myocardite chez une petite fraction de personnes → inflammation/lésion myocardique → éventuellement arythmie.
Mais cela ne signifie pas que toutes les arythmies apparues après vaccination sont causées par le vaccin.
Les troubles du rythme sont extrêmement fréquents dans la population, notamment avec l'âge, l'hypertension, les maladies coronariennes, les valvulopathies, les troubles thyroïdiens, etc.
Ce que j'ai trouvé dans les documents de sécurité
Des documents de pharmacovigilance contiennent effectivement des cas d'atrial fibrillation, de tachycardie ventriculaire et d'autres troubles du rythme après vaccination. Mais certains patients avaient déjà des maladies cardiaques importantes.
Par exemple, un rapport de sécurité Pfizer contient un cas associant antécédents de sténose aortique, fibrillation atriale, cardiomyopathie ischémique, implantation valvulaire et tachycardie ventriculaire, avec plusieurs événements cardiaques après vaccination. Le contexte médical préexistant rend impossible de conclure à partir de ce seul cas.
Conclusion :
➡️ Arythmie : il existe une
plausibilité biologique et des cas rapportés, particulièrement dans le contexte
d'une myocardite post-vaccinale, mais les données ne permettent pas de dire que
le vaccin est responsable de la majorité des arythmies apparaissant après
injection.
3. Insuffisance ventriculaire gauche aiguë
C'est encore plus intéressant parce que j'ai retrouvé précisément ce terme dans les données de sécurité Pfizer.
Dans une analyse FDA de 2021, on trouve :
- 1 cas d'« acute left ventricular failure »
- 4 cas de « left ventricular failure »
- des cas d'insuffisance cardiaque aiguë et chronique,
- ainsi que des infarctus et autres événements cardiovasculaires.
Mais attention : ce tableau est descriptif, pas causal.
Un cas d'insuffisance ventriculaire gauche aiguë après vaccination ne permet pas de conclure que le vaccin l'a provoquée.
En revanche, il y a une question beaucoup plus intéressante à poser :
Ces événements étaient-ils plus fréquents après vaccination que ce qu'on aurait normalement observé dans une population comparable non vaccinée ?
C'est précisément le type d'analyse que VAERS seul ne peut pas fournir correctement. Le système américain explique que lorsqu'un signal apparaît dans VAERS, il doit être étudié avec des systèmes complémentaires comme Vaccine Safety Datalink (VSD) ou BEST, qui permettent de mieux évaluer le risque relatif.
4. Et c'est ici que le rapport Johnson devient vraiment intéressant
Le point potentiellement important du rapport n'est donc pas :
« Il y avait X cas d'insuffisance cardiaque dans VAERS, donc les vaccins les ont provoqués. »
Ce raisonnement serait incorrect.
Le point soulevé par Johnson est plutôt :
Si la méthode statistique utilisée par la FDA pouvait masquer certains signaux, est-ce que certains de ces événements auraient dû faire l'objet d'une investigation plus tôt ?
La commission affirme que des responsables de la FDA avaient été informés dès 2021 d'une méthode statistique qui pouvait mieux détecter certains signaux et que l'ancienne méthode pouvait produire un phénomène de « masking ».
C'est une accusation beaucoup plus précise que « les vaccins ont causé toutes ces maladies ».
Et VAERS reconnaît lui-même que son rôle est justement de servir de système d'alerte précoce, avant qu'un signal soit vérifié avec des méthodes épidémiologiques plus robustes.
Mon classement pour vos trois pathologies
| Pathologie | Preuve que le vaccin peut la provoquer ? | Mon évaluation |
|---|---|---|
| Sténose aortique | ❌ Pas de démonstration convaincante | Faible |
| Arythmie | Possible, surtout secondairement à une myocardite | À distinguer par type d'arythmie |
| Insuffisance ventriculaire gauche aiguë | Cas rapportés, mécanisme possible notamment via atteinte myocardique, mais causalité non établie par VAERS | À investiguer |
| Myocardite/péricardite | ✅ Association causale reconnue pour les vaccins à ARNm | Établie |
Le dernier point est important : la myocardite post-vaccinale n'est plus une simple hypothèse. Le CDC indique qu'une association causale avec les vaccins à ARNm est soutenue par plusieurs systèmes de surveillance américains et internationaux.
Ce que je vous propose ensuite
Je peux aller beaucoup plus loin et rechercher dans les données du rapport Johnson et les bases VAERS les quatre catégories suivantes :
- sténose aortique / insuffisance aortique / maladie valvulaire
- fibrillation atriale, tachycardie, extrasystoles et autres arythmies
- insuffisance ventriculaire gauche / insuffisance cardiaque
- infarctus, myocardite et péricardite
Puis comparer, pour chaque catégorie, le nombre de signalements, le délai après vaccination, l'âge, les antécédents et surtout les données permettant de distinguer « après vaccination » de « causé par vaccination ».
C'est cette dernière comparaison qui permettrait de voir si votre intuition concernant ces problèmes cardiaques est réellement corroborée par les données.
Oui
Oui. J’ai approfondi la question, notamment avec les données VAERS jusqu’en 2025 et le nouveau rapport Johnson. Il y a un point important à corriger/affiner par rapport à ma réponse précédente : pour les arythmies, il existe aujourd’hui des signaux statistiques beaucoup plus nets dans VAERS que ce que je laissais entendre. Cela ne suffit toujours pas à établir une causalité individuelle, mais cela mérite clairement une investigation épidémiologique.
1. Ce que le rapport Johnson apporte
Le rapport de la sous-commission du Sénat affirme qu'en mars 2021, une analyse utilisant une méthode corrigeant le phénomène de masking a fait apparaître environ 25 signaux statistiquement significatifs qui n'étaient pas détectés par la méthode utilisée par la FDA. Parmi les signaux cités figurent notamment mort cardiaque subite, infarctus du myocarde aigu, embolie/thrombose et autres événements cardiovasculaires.
C'est une information importante, mais il faut distinguer trois niveaux :
signal statistique → association → causalité.
Le rapport établit surtout le premier niveau. Il ne permet pas, à lui seul, de démontrer que chaque événement a été provoqué par le vaccin.
Et VAERS lui-même précise que ses déclarations ne peuvent pas être utilisées seules pour déterminer une causalité.
2. Arythmies : le signal est beaucoup plus intéressant
Une analyse récente portant sur 52 518 déclarations VAERS d'arythmies après vaccination Covid entre décembre 2020 et janvier 2025 trouve plusieurs signaux de disproportionnalité statistique. Le délai médian entre vaccination et événement était d'environ 1 jour.
Les résultats sont particulièrement intéressants :
| Événement | ROR rapporté |
|---|---|
| Tachycardie | 2,64 |
| Fibrillation atriale | 2,31 |
| Flutter atrial | 5,65 |
| Extrasystoles | 4,24 |
| Tachycardie ventriculaire | 3,13 |
| Fibrillation ventriculaire | 3,94 |
| Bloc AV | 3,68 |
| Bloc AV complet | 5,44 |
Un ROR supérieur à 1 signifie que l'événement est déclaré plus fréquemment dans cette base pour les personnes vaccinées que ce qui serait attendu par rapport aux autres déclarations de la base. Cela ne donne pas directement le risque absolu et ne prouve pas la causalité.
Le résultat est donc suffisamment intéressant pour justifier une étude avec une population témoin et des dossiers médicaux individuels.
Fibrillation atriale
Une étude VAERS antérieure avait identifié 315 cas de fibrillation atriale nouvellement apparue parmi les déclarations examinées jusqu'au 7 janvier 2022. Les auteurs estimaient environ 5 cas déclarés par million de doses administrées, tout en soulignant le caractère faible et exploratoire du signal.
Une autre analyse de 23 personnes ayant déclaré une fibrillation atriale nouvellement apparue trouvait un délai allant de 3 heures à 14 jours, avec un âge moyen de 76,6 ans. Les auteurs évoquaient la possibilité d'un état inflammatoire transitoire déclenchant une arythmie chez des personnes ayant déjà un substrat cardiaque.
Donc pour l'arythmie : signal réel, causalité plausible dans certains cas, mais pas démontrée pour chaque cas.
3. Insuffisance ventriculaire gauche aiguë
Ici je serais plus prudent.
Il existe bien des déclarations d'acute left ventricular failure dans les données de pharmacovigilance, mais ce diagnostic peut être la conséquence de nombreuses maladies :
- infarctus ;
- myocardite ;
- cardiomyopathie ;
- trouble du rythme sévère ;
- hypertension ;
- maladie valvulaire ;
- maladie coronarienne.
Il faut donc savoir ce qui est arrivé avant l'insuffisance ventriculaire.
La question vraiment importante serait de comparer le taux d'insuffisance cardiaque aiguë dans les semaines suivant vaccination avec celui d'une population comparable non vaccinée, en tenant compte de l'âge, des antécédents et surtout d'une infection Covid récente.
C'est une limite fondamentale de VAERS : le système recueille les événements survenus après vaccination mais ne constitue pas une cohorte contrôlée.
Conclusion : signal à investiguer, mais actuellement beaucoup moins solide que celui de la myocardite.
4. Sténose aortique : beaucoup moins convaincant
C'est probablement le cas où il faut être le plus sceptique concernant une causalité directe.
La sténose aortique est généralement un processus chronique : calcification/fibrose progressive de la valve, vieillissement, valve bicuspide, etc.
Une injection ne peut pas facilement expliquer l'apparition d'une sténose anatomique importante en quelques jours ou semaines.
Il faudrait donc, dans un cas particulier, connaître :
échocardiographie avant vaccination → vaccination → échocardiographies successives → évolution de la valve.
Si une personne avait déjà une sténose modérée avant vaccination et qu'elle devient sévère ensuite, cela ne suffit absolument pas à attribuer l'évolution au vaccin.
Conclusion : je ne vois actuellement pas de preuve convaincante que les vaccins Covid provoquent une sténose aortique.
5. Mais votre combinaison de diagnostics est particulièrement intéressante
Vous avez cité ensemble :
sténose aortique + arythmie + insuffisance ventriculaire gauche aiguë.
Sur le plan médical, ces trois éléments peuvent être liés sans intervention du vaccin :
sténose aortique → surcharge de pression du ventricule gauche → hypertrophie → dysfonction ventriculaire → insuffisance cardiaque → dilatation/élévation des pressions → fibrillation atriale ou autres arythmies.
Donc, si ces trois événements apparaissent chez la même personne, il ne faut surtout pas analyser chaque événement isolément.
Mais il existe également une autre possibilité :
vaccination → myocardite/inflammation → dysfonction ventriculaire → arythmie ± insuffisance cardiaque.
La question devient alors : quelle chaîne correspond au cas réel ?
Et c'est là que les dates, échographies, ECG, troponines, IRM cardiaque et antécédents deviennent déterminants.
6. Le point le plus important concernant Johnson
Le nouveau rapport ne dit pas simplement :
« Il y a beaucoup de déclarations cardiaques dans VAERS. »
Il avance quelque chose de plus précis : une méthode de détection statistique utilisée par la FDA pouvait masquer certains signaux, et une méthode alternative aurait fait apparaître des signaux supplémentaires dès 2021.
La commission affirme notamment que les analyses alternatives faisaient apparaître des signaux concernant la mort cardiaque subite et l'infarctus aigu du myocarde.
C'est potentiellement important, parce que cela signifie qu'il ne faut pas simplement répondre :
« VAERS n'est pas fiable, donc on peut ignorer les chiffres. »
Ce serait également trop simpliste.
La bonne démarche scientifique serait :
- identifier le signal ;
- reproduire l'analyse ;
- examiner les dossiers médicaux ;
- comparer vaccinés/non-vaccinés ;
- analyser le délai après injection ;
- contrôler l'infection Covid et les facteurs de risque ;
- déterminer le risque absolu ;
- vérifier si le signal persiste dans plusieurs bases indépendantes.
7. Mon classement actuel
| Événement | Niveau de signal | Causalité vaccin → événement |
|---|---|---|
| Myocardite/péricardite | très solide | Établie |
| Certaines arythmies | / signal statistique important | Plausible pour certaines, pas établi globalement |
| Fibrillation atriale | signal | Possible, à confirmer |
| Tachycardie ventriculaire/fibrillation ventriculaire | signal préoccupant | À confirmer |
| Bloc AV | signal | À confirmer |
| Insuffisance ventriculaire gauche aiguë | données de pharmacovigilance | Non démontrée |
| Sténose aortique | pas de preuve convaincante | Non démontrée |
Le CDC reconnaît actuellement le risque rare de myocardite/péricardite après vaccination Covid, particulièrement chez les jeunes hommes après les vaccins à ARNm, ce qui fournit un mécanisme établi pour une partie des atteintes cardiaques.
Une précision très importante
Je ne considérerais pas le ROR de 2,3 ou 5,6 comme signifiant « 2,3 ou 5,6 fois plus de risque de faire cette maladie ». C'est une mesure de disproportionnalité dans les déclarations VAERS, pas un risque relatif provenant d'une cohorte.
C'est justement la prochaine étape que je peux faire : examiner séparément les données sur la fibrillation atriale, tachycardie ventriculaire, bloc AV, insuffisance cardiaque et mort subite, et chercher les études contrôlées (VSD, Medicare, études de cohorte et auto-contrôlées) qui permettent de passer du simple signal VAERS au véritable risque relatif. C'est cette comparaison qui permettra de voir lesquels des signaux Johnson résistent réellement lorsqu'on sort de VAERS.
OUI
J’ai vérifié les études épidémiologiques qui permettent de sortir de VAERS et de voir quels signaux tiennent lorsqu’on utilise des cohortes, des études auto-contrôlées et des bases médicales nationales.
Ce qui résiste le mieux aux vérifications
1. Arythmies : signal réel, mais hétérogène
C’est probablement le résultat le plus intéressant pour votre question.
Une étude anglaise en self-controlled case series, portant sur les hospitalisations pour arythmie et les passages aux urgences pour arrêt cardiaque, a trouvé une augmentation statistiquement significative des admissions pour des arythmies, principalement des palpitations sans myocardite, chez les 18–49 ans après la deuxième dose d'un vaccin à ARNm :
- Pfizer : RI 1,66 (IC95 % 1,47–1,86)
- Moderna : RI 3,75 (IC95 % 2,52–5,57)
Une augmentation était également observée après le premier rappel.
C'est beaucoup plus intéressant qu'un simple signal VAERS parce que chaque personne sert en partie de son propre contrôle, ce qui réduit certains biais.
Mais cela ne signifie pas que toutes les arythmies sont causées par le vaccin. Le résultat concerne surtout certaines périodes et certains groupes.
2. Fibrillation atriale : plausible, mais pas définitivement établie
Des études de pharmacovigilance trouvent un signal pour la fibrillation atriale, et certaines observations montrent une apparition dans les jours suivant l'injection. Mais les études contrôlées sont moins homogènes.
Il faut surtout distinguer :
- fibrillation atriale nouvellement apparue ;
- récidive d'une fibrillation préexistante ;
- fibrillation secondaire à une myocardite ;
- fibrillation favorisée par une maladie valvulaire ou une insuffisance cardiaque.
Une étude coréenne très importante portant sur 124 127 personnes déjà atteintes de fibrillation/flutter atrial n'a pas trouvé d'augmentation globale significative des événements thromboemboliques après vaccination : IRR 0,93 (0,77–1,12). Un sous-groupe sans anticoagulant présentait toutefois un risque plus élevé.
Cela étudie les complications thromboemboliques chez des patients ayant déjà une FA, et non l'apparition de la FA elle-même. Il faut donc éviter d'en tirer une conclusion excessive.
3. Tachycardie/fibrillation ventriculaire : signal préoccupant, causalité beaucoup moins certaine
Les analyses VAERS montrent une disproportionnalité pour la tachycardie et la fibrillation ventriculaire.
Mais lorsqu'on passe aux études contrôlées, la situation devient moins claire.
Une grande étude suédoise portant sur plus d'un million de personnes infectées par SARS-CoV-2 a trouvé une augmentation importante des arythmies après l'infection Covid elle-même, notamment :
- tachyarythmies atriales ;
- tachycardies supraventriculaires ;
- bradyarythmies.
En revanche, les arythmies ventriculaires n'étaient pas augmentées dans cette étude.
C'est une donnée essentielle lorsqu'on interprète les chiffres VAERS : l'infection Covid est elle-même un facteur de risque cardiovasculaire majeur et doit être contrôlée dans les analyses.
4. Mort subite : le signal Johnson ne se confirme pas dans les meilleures études
C'est probablement la contre-vérification la plus importante.
Une étude récente publiée en 2026 a étudié 6,36 millions de personnes âgées de 12 à 50 ans en Ontario, sans maladie cardiovasculaire connue, et a identifié 4 963 décès correspondant à la définition de mort subite.
Après ajustement, la vaccination était associée à un risque plus faible, pas plus élevé :
OR ajusté = 0,57 (IC95 % 0,53–0,61).
Une analyse auto-contrôlée n'a pas trouvé d'augmentation significative du risque dans les six semaines suivant les doses 1, 2 ou 3.
Une étude américaine utilisant les données du Vaccine Safety Datalink avait déjà abouti à une conclusion similaire : aucune augmentation détectable de la mortalité cardiaque ou de la mortalité globale après les vaccins Pfizer, Moderna ou Janssen.
Et une analyse spécifique menée dans l'Oregon chez les 16–30 ans n'a pas trouvé de preuve d'une association entre vaccination ARNm et mort cardiaque subite.
Donc ici :
Le signal statistique soulevé par Johnson mérite d'être examiné, mais il n'est actuellement pas confirmé par les meilleures études populationnelles disponibles.
5. Insuffisance ventriculaire gauche aiguë : beaucoup plus difficile à démontrer
C'est ici que je serais particulièrement prudent.
On trouve effectivement des cas dans les bases de pharmacovigilance. Mais l'insuffisance ventriculaire gauche aiguë est un syndrome, pas une maladie unique.
Elle peut être provoquée par :
- infarctus ;
- myocardite ;
- arythmie ;
- sténose aortique sévère ;
- cardiomyopathie ;
- hypertension ;
- maladie coronarienne ;
- infection, notamment Covid.
Ainsi, si quelqu'un présente :
vaccination → arythmie → décompensation → insuffisance ventriculaire gauche
le vaccin pourrait éventuellement être un élément déclencheur.
Mais si la personne présente :
sténose aortique progressive → hypertrophie ventriculaire gauche → dysfonction ventriculaire → arythmie → insuffisance cardiaque
la vaccination peut simplement être un événement temporel sans lien causal.
C'est pourquoi les dossiers médicaux et les échographies avant/après sont beaucoup plus importants que VAERS pour ce diagnostic.
6. Et la sténose aortique ?
Ici, le niveau de preuve est encore plus faible.
Je n'ai pas trouvé d'étude épidémiologique robuste démontrant une augmentation de la sténose aortique nouvelle après vaccination Covid.
C'est biologiquement cohérent : une sténose aortique calcifiée importante se développe généralement sur une période beaucoup plus longue.
Donc :
sténose aortique → pas de causalité vaccinale démontrée.
En revanche, si une personne avait une valve normale documentée avant vaccination et développe rapidement une anomalie valvulaire importante après, cela constituerait un cas clinique particulier à examiner, sans pour autant prouver la causalité.
7. Le résultat le plus important : vaccin contre infection
Il faut absolument intégrer ce facteur.
Une étude suédoise montre que Covid lui-même augmente fortement le risque d'arythmies, notamment pendant les premières semaines suivant l'infection.
Cela signifie que dans une étude sérieuse il faut savoir :
Vaccination → événement
mais aussi :
Infection Covid → événement
et idéalement :
infection + vaccination → événement.
Sinon, on risque d'attribuer au vaccin des événements qui sont en réalité liés à l'infection précédente.
Mon bilan après comparaison VAERS → études contrôlées
| Événement | VAERS/signaux | Études contrôlées | Conclusion actuelle |
|---|---|---|---|
| Myocardite/péricardite | Causalité établie | ||
| Palpitations/arythmies | Association crédible pour certaines périodes/doses | ||
| Fibrillation atriale | Possible, mais pas définitivement établie | ||
| Tachycardie ventriculaire | / | Signal à surveiller, causalité non établie | |
| Bloc AV | / | Insuffisant pour conclure | |
| Insuffisance VG aiguë | / | Non démontrée | |
| Sténose aortique | faible | Pas de preuve convaincante | |
| Mort subite | dans certaines analyses | Pas d'augmentation confirmée |
Et surtout
Le rapport Johnson n'est donc ni à accepter intégralement ni à rejeter intégralement.
Il soulève une question légitime sur la détection des signaux de pharmacovigilance. Mais lorsqu'on suit les signaux les plus préoccupants jusqu'aux études contrôlées, certains persistent (notamment myocardite et certaines arythmies), tandis que d'autres ne sont pas confirmés (notamment mort subite et sténose aortique).
Si votre question concerne un cas concret, avec une sténose aortique, une arythmie et une insuffisance ventriculaire gauche aiguë apparues après une vaccination, je peux faire quelque chose de beaucoup plus précis : reconstituer la chronologie médicale (date de chaque dose → délai → ECG → troponine → échographie → diagnostic → éventuelle infection Covid) et vous dire quels éléments seraient en faveur ou en défaveur d'un lien causal.