ou les 10 jours qui ébranlèrent le monde des ondes franco-suisses
Note de Dominique
Contrairement à ce que peut laisser entendre le titre, Radio Pirate aura sans doute beaucoup plus ébranlé le monde politico-médiatique en Suisse qu’en France.
il est faux de dire que l’état est propriétaire des ondes. L’attribution des bandes de fréquences est fixée, dés l’invention de la radio et en fonction des connaissances des époques par des organisations internationales comme la Conférence mondiale des radiocommunications (CMR) et l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Ce que font les états est dans ce cadre, d’attribuer les différentes fréquences à différent acteurs civils ou militaires (les premiers servis), publics ou privés.
En 1976, les radios pubs comme Energie ou Radio plus existaient déjà en France, par contre en Suisse, aucun acteur privé n’avait été autorisé et les discussions politiques à ce sujet promettaient de durer au moins 10 ans avant d’aboutir à la moindre autorisation.
Radio Pirate 101 aura créé une véritable effervescence politique, du jamais vu en Suisse. Une année après radio pirate, la confédération avait donné l’ordre à la SSR (prédécesseur de la RTS) de prendre les choses en main. Pendant 6 mois, il y avait eu la phase préliminaire de Couleur 3, puis son officialisation, puis des acteurs privés avaient été autorisés.
Sources Radio Zones : http://bande-a-part.org/radiopirate.php
A l’occasion de la Journée Mondiale de la Radio 2013 décrétée par les Nations Unies, Radio Zones diffuse du lundi 11 au vendredi 15 février, les six bandes de Radio Pirate 101 de 1976. Plus de trente-six ans après les faits.
Découvrez l’histoire de ces Pirates des ondes suisses, leur organisation, leurs intentions politiques et leur profil. Aujourd’hui, il y a prescription des faits. Notre invité, qui en a été le Coordinateur, a tenu à garder l’anonymat pour préserver le caractère collectif de l’action de ses camarades. Il est toutefois bien connu de notre Rédaction. REPORTAGE EXCLUSIF de Radio Zones.
Il est environ 20 h, ce lundi 31 mai 1976, lorsque débute la première émission de Radio Pirate 101. Elle ne durera que 20 minutes 24 secondes. Les émissions sont entendues sur une quarantaine de km autour de Genève et en France voisine. Pendant dix jours, les Pirates suisses vont mettre les PTT (Poste Télégraphe Téléphone) helvétiques et français en émoi.
Quand la puce militante chatouille l’éléphant PTT
Mise à part les brèves expériences des « Ondes Rouges » du Parti Communiste Genevois dans les années trente, c’est la première fois que le monopole officiel des ondes tombe en Suisse. L’article 42 de la Loi fédérale de 1922 réglant le Service télégraphique et téléphonique prévoit une amende, voire une peine jusqu’à un an de prison pour quiconque contrevient au monopole des ondes. Les Pirates le savent et s’en moquent.
C’est le début du mouvement des radios libres en Europe, surtout en Italie, en Scandinavie et même en Russie. Les émissions pirates s’y multiplient, malgré la répression. Les autorités, helvétiques comme françaises, n’ont jamais pu empêcher les émissions de Radio Pirate, ni arrêter leurs diffuseurs, malgré d’énormes moyens policiers et militaires mis en œuvre. Personne n’a jamais été pris, ni arrêté, ni inquiété.
Commandos « autonomes » sur la FM
Ils étaient une vingtaine de militants marqués par la « mouvance autonome » post soixante-huit. Ils n’ont jamais été identifiés ni n’ont parlé publiquement. Ils ont pourtant bravé tous les interdits pour se faire entendre, grâce à de véritables opérations commando sur la FM franco-suisse. Pendant plusieurs mois, ils ont préparé minutieusement leurs bandes, se divisant les tâches par groupes cloisonnés, les uns ne connaissant pas les autres, question de sécurité.
Le contenu des programmes partage l’ambiance des luttes de l’époque, avec la Crise (déjà !), la dénonciation des familles du grand Capital, l’état du Travail, la situation des travailleurs saisonniers et des prostituées, la contestation dans les prisons genevoises, les luttes ouvertes des féministes, etc. Avec une bonne dose d’humour et la musique des Pink Floyd, on donne dans le créatif, parfois un peu baba, mais très humain.
Emissions
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EXCLUSIF : Interview du Coordinateur de Radio Pirate 101
Note de Dominique
À l’époque, nous ne parlions pas d’autonomes, mais de culture alternative et de marxistes. Ceux qui conchiaient la politique la laissaient aux marxistes et s’occupaient du programme culturel. Ce qui ne ressort pas bien dans cet interview du marxiste le plus connu de l’équipe de Radio pirate. C’était une façon de faire qui nous permettais de faire ensemble au lieu de nous prendre la tête pour des virgules avec une gauche où toutes les décisions importantes ont toujours été prises en petits comités de fidèles des fidèles.
Aussi il est nul quand il dit que c’était trop compliqué de faire un émetteur pirate TV. Le problème est autre. Radio Pirate, en pratique c’était une batterie de voiture avec un radio-cassette et un tonton (jargon des radio-amateurs pour désigner un émetteur de puissance supérieure à celle autorisée) au pied d’un sapin, une antenne en haut du sapin et un câble entre les deux.
Pour faire une TV pirate, c’est les mêmes blocs, il faut juste changer le radio-cassette par un lecteur VHS portable et utiliser une antenne et un tonton adapté à la TV.
Le problème est celui de la réception. Quand on est pas dans un trou du relief, s’il est très facile avec n’importe quel antenne de recevoir les chaînes FM de la région, le faire en TV nécessite une installation d’antenne adaptée pour chaque chaîne souhaitée. Pour cette raison, cela n’aurait simplement pas eu de sens de le faire.
Aujourd’hui avec internet, tout le monde peut faire une chaîne radio ou TV chez lui.
Ce que j’aime dans ces émissions est qu’elles représentent bien une partie des luttes politiques de l’époque, ceci avec une liberté de ton qui n’avait jamais existé sur un média à grande diffusion comme la FM. Une liberté de ton qu depuis, à mesure que la gauche a réussi à phagocyter, souvent en les subventionnant, l’ensemble des mouvements culturels alternatifs, s’est complètement perdue…
On y découvre aussi que les féministes parlaient de males, de femelles et même de lutte des classes.
Et de la bonne musique dont beaucoup de chansons aujourd’hui peu connues ou oubliées.
Le contraste avec aujourd’hui est saisissant. On a vu pendant le covidisme, la culture alternative devenue subventionnée s’est fait collabo et exigeait le passe de la honte discriminatoire à l’entrée de ses événements.
Plus vite une telle culture aura fait faillite, plus vite nous pourrons tourner la page et passer à quelque chose d’autre qui ne pourra qu’être plus intéressant.
"À bas le boulot"
"Radio pirate - un simple bricolage"
"Comme si c’était une catastrophe naturelle que la crise tombe pile au moment où il y a plus de richesses que jamais. … Ils ont inventé un mot, la crise."
"65 tones de mercure déversé dans le lac. Leur solution : chacun doit y mettre du sien : ne jetez pas vos vieux thermomètres dans le lac. Ils ont dit ça dans la tribune. Notre solution : chacun doit y mettre du sien : Foutons dans le lac les patrons pollueurs du Valais et espérons qu’il crèvent avant les derniers poissons."
"L’homme mourra dans ses poubelles que tu n’auras pas descendues."
"Personne n’a jamais changé de vie après avoir reçu des coups de matraques."
"La liberté, c’est pas l’travail." "Le travail, ça nous empêche de penser, ça nous abruti."
"Le produit d’une heure de travail en 1952 est fini au bout d’un quart d’heure en 1973, mais nous on continue à travailler toute l’heure."
"En prison, le travail (payé 25 ct/h) est facultatif, mais si on refuse d’y aller on se prend 10 jours de cachot."
Quand à Radio-Zones, Bien que son bassin soit franco-suisse et qu’elle ait un studio à Genève, c’est une des plus vieilles radio associatives françaises à bénéficier de la loi de Mitterand sur les radios associatives.
Quand je lis ce qu’elle publie ici : « Nous sommes aujourd’hui à un tournant de la littérature russe » avec Mikhaïl Chichkine, écrivain russe,un gars qui prétend lutter contre le fascisme russe, ce qui en soit est très bien, mais qui quand il parle de la guerre en Ukraine la fait commencer avec le début de l’intervention militaire spéciale de la Russie, oublie le coup d’état nazi du Maïdan sponsorisé par le fascisme occidental (Kagan-Nulland-Obama) ainsi que les massacres et la guerre civile qui a suivi. Je sais que Radio-Zones fait aujourd’hui partie intégrante de cette gauche des kibboutz qui a phagocyté des pans entiers de la gauche occidentale et que son objectif est, sous prétexte de lutter contre le fascisme russe, de nous manipuler pour nous amener à soutenir le fascisme occidental.
