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FTP - La puissance de la résistance à l’invasion nazie (RAR, PDF)

samedi 12 septembre 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 12 septembre 2026).

On m’a prêté un livre concernant la résistance à Saint-Flour pendant la deuxième guerre mondiale. Il s’agit des événements de 1944. Le livre s’intitule Soubizergues terre de sang. Son chapitre intitulé Saint-Flour, cité inviolée montre à quel point la résistance était puissante à l’époque. Dans cette présentation, je ne vous citerai que la première phrase ce chapitre : « Ils étaient venus en plein jour, ils sont partis à la lueur bleue de leurs lampes de poches. ». Vous trouverez dans cet article deux PDF, celui du livre au complet, et les premières pages du chapitre Saint-Flour, cité inviolée. Je livre aussi les images obtenues avec mon scanner réunies dans un .RAR. Comme ça, si quelqu’un a envie de faire un PDF mieux que celui que j’ai fait, il le pourra.

Le fichier contenant les images :

https://mai68.org/spip3/IMG/rar/Sou…

Le PDF des premières pages de Saint-Flour, cité inviolée :

https://mai68.org/spip3/IMG/pdf/Sou…

Le PDF du livre entier :

https://mai68.org/spip3/IMG/pdf/Sou…

CHAPITRE  II

Saint-Flour,  cité  inviolée

Ils étaient  venus en  plein  jour, ils sont  partis  à la lueur  bleue  de  leurs  lampes  de  poche.
 
Du  24  mai  au  24 août,  l’éclipse  fut  progressive,  mais  totale.
 
Avec  quelle  consternation nous  avions  vu  arriver  leurs convois   interminables  et  puissamment  armés  !  A  leurs  innombrables  engins  motorisés,  à  leurs  canons,  à leurs  mitrailleuses,  à  leurs  avions,  nos  braves  maquisards  ne  pourront  opposer  que  leurs  mitraillettes  et leurs  poitrines.
 
Mais finalement,  ce furent leurs  mitraillettes  qui  parlèrent  le  plus fort, car  il  y avait  dans  leurs  poitrines  un irréductible  idéal  :  Sauver  la France  ! 
 
Vaincre  ou  mourir  ’ Telle  était  la  devise  des  petits  soldats  du  Brassard  à croix  de Lorraine.
 
Ils  ont  commencé  par  mourir  :
Luttant  un. contre  dix,  sans  armes,  sans  remparts,
Harassés,  débordés,  cernés  de  toutes  parts, 
Quand  l’ Allemand  rageur  vous  sommait  de  vous  rendre, 
Fiers, vous  vous  raidissiez,  refusant  de  comprendre 
« Parlez-nous  de  mourir,  mais  nous  rendre  :  Jamais ! 
« Impossible d’ailleurs,  car  nous  sommes  Français  ! »
Ils  ont  fini  par  vaincre.
 
Chaque  jour  augmentait  le  nombre  des  véhicules  ennemis  remorqués,  je  veux   dire  détruits,   tandis  que  les  occupants  de  leurs  «voitures  silencieuses»  fondaient  à vue  d’œil.  De  huit,  ils  tombaient  à sept,  puis  à six,  puis  à cinq...
 
En l’espace  d’une  semaine,  Saint-Odilon  fut occupé  deux  fois  par  le  même  contingent  de  mitrailleurs  allemands.   La  première  fois,  ils  étaient  quarante-cinq,  la  deuxième  fois  vingt-huit.  Au  Frère  qui  demandait  s’il  fallait  attendre les  autres,  il  fut  répondu  :  « Non,  ils  ont  été  regroupés. »  En  effet,  ils  avaient  passé...  l’arme  à gauche.
 
L’arrogance  de  ces  messieurs  suivit  la  même  courbe  descendante.  A  la  dernière  réquisition   de Saint-Odilon,  un  sous-officier demanda  :  « Quand  pensez-vous  que  la  guerre  finira  ? 
—  Mais  vous êtes  mieux  placé  que  moi  pour  le savoir. 
—  Oui,  oui,  vous  ne  voulez  pas  vous compromettre.  Eh  bien !  il  faudra  qu’elle  finisse  bientôt,  d’une  façon  ou  d’une  autre. »  Et  ce  disant,  il  fit  le  geste  de  jeter bas  ses  armes.  Un  mois  plus  tôt,  c’était  le  geste  circulaire  de  l’index  autour  du  cou  :  « On  leur  coupera  la  tête  à tous  vos  maquis  ! »
 
A partir  de l’Assomption,  les colonnes  répressives  quittent  le  Cantal.  Il  ne  reste  plus  à  Saint-Flour  que  la  garnison  de  notre  Pensionnat  du  Sacré-Cœur. Le  maquis,  qu’on  avait cru  anéanti,  renaît  de ses  cendres  et  se  groupe  en  vue d’attaquer  la  Kommandantur.   Celle-ci  déclare  la  ville  en  état  de  siège.  Müller  plastronne  :  « Nous  nous  défendrons jusqu’à  la  dernière  goutte  de  sang. »  Le  23  août,  de  deux  heures   à  quatre  heures  de  l’après-midi, leurs  mitrailleuses  crachent   sans  interruption.
 
Mais  toute  cette  belle ardeur  belliqueuse  n’est  qu’apparente.  Elle  est  destinée  à  camoufler  leur  intention  réelle  :  prendre  le large.
 
Redoutant  des  destructions  au  Pensionnat,  je  me  tiens  à  proximité  depuis  le  21  août,  prêt  à intervenir.
 
Et  c’est  ainsi  que, dans  la  nuit  du 23 au  24 août,  je pus  constater  qu’il  y  régnait  une  animation  insolite.   Mais  l’occultation  parfaite  ne  laissait  rien  surprendre   de  ce  qui  se  passait  à l’intérieur.  Soudain,  jardin  et  cours  sont  envahis  par  d’innombrables feux  follets. C’était  la  Wehrmacht  qui  faisait  ses  malles  et  les  chargeait  sur ses camions  en s’éclairant...  de ses  lampes de  poche  !
 
Je  distingue  nettement  la  silhouette  de  M.  Desfonds,  chauffeur  réquisitionné,  qui s’escrime  — ou  fait  semblant  —  à  mettre en  marche  une  camionnette.  J’entends  un  officier  allemand  lui  dire  :  « Monsieur,  cinq  minutes  pour  partir,  sinon  fusillé.»  Du  coup le  moteur  tourne et  la  camionnette  descend  docilement   jusqu’au...  Faubourg,  où,  non  moins  docilement  elle  refuse de  continuer  la  roule.  Malheureusement  son  chauffelir  devra  la  continuer...  jusqu’en  Allemagne.
 
Je  reconnais  aussi  le camion  de M. Gaspard  Védrine. Celui-là,  avec la  complicité  de son  chauffeur, cale  net...  au  foirail.
 
Une  à  une,  toutes  les  automobiles  quittent  les  dépendances  du Sacré-Coeur et,  au  fur  et  à  mesure  de leurs  départs,  la  maison  se  vide  de  tous ses  occupants.
 
Le  lieutenant  Gross  en  sort  le  dernier.
 
M.  Jouve,  chez  qui  j’avais  pris  pension,  me  pousse  alors  du coude  :  « Dites donc, Monsieur  Mayet,  ils  f......  le camp  ! »
 
De  fait,  quelques  instants  après,  le  roulement   de  leur convoi  se  perdit  dans  le  fracas assourdissant  du  plus  terrible  orage  que  j’ai  vu  à  Saint-Flour  et  « qui  faisait  de  cette  fugue  dans la  nuit  une vision d’apocalypse  ». (Semaine  catholique.).
 
Les  coups  de  tonnerre  se  chevauchaient  en   un  roulement  ininterrompu,  et  sur  le  goudron  humide  et  brillant  des  routes,  d’interminables chapelets d’éclairs harcelaient  le  monstrueux  serpent, la  pitoyable colonne qui rampait  vers le col de La Fageole.

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