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Du 14 au 18 septembre 2026
Pierre Jovanovic
La montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon a même fait des jaloux chez les communistes français qui ont organisé la Fête de l’Humanité. Il leur a littéralement braqué leur fête en s’appropriant les lieux. Si une vague centaine de personnes étaient présentes pour le discours de Fabien Roussel, Melenchon a totalement immobilisé la Fête de l’Humanité dont les visiteurs se sont arrêtés pour l’écouter, ce qui n’a pas manqué de donner un aspect « stalinien » à la chose.
Chers lecteurs il nous a fallu attendre 18 ans pour qu’un homme politique mette enfin le rôle des banquiers centraux (Villeroy, Lagarde, Moulin le nouveau gouverneur de la Banque de France et Nagel gouverneur de la BundesBank) sur le devant de la scène, ce qui a littéralement inspiré Melenchon, donnant à son discours une hauteur pratiquement gaullienne. Regardez bien la video ci-dessous. Les gouverneurs sont désormais dans sa ligne de mire :
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JEAN-LUC MÉLENCHON - 12 septembre 2026
(...) Madame Lagarde n'a pas les moyens de me faire oublier qu'elle était ministre de l'Économie et des Finances entre 2007 et 2011, c'est-à-dire au moment où le peuple français, ayant voté qu'il ne voulait pas de la Constitution européenne qui prévoyait cette BCE indépendante, madame Lagarde, avec monsieur Sarkozy, a fait adopter par le Congrès de Versailles, c'est-à-dire le congrès du Parlement, le traité de Lisbonne. Le peuple français avait voté non à 55 % (...)
Eh bien, je dis (à Joachim Nagel gouverneur de la Bundesbank) que les Français décident, quoi qu'il en pense, et que s'il venait à me chercher d'un peu trop près, je lui rappellerai quelques épisodes pour lui rafraîchir la mémoire (épisode de 1953):
Aucun Allemand n'a jamais dit en 1953 qu'il était contre l'annulation totale de la dette de l'Allemagne après la guerre (...) Alors la France a le droit de proposer qu'on annule la dette (...) et nous autres Français, qui étions liés à vous dans le serpent monétaire européen pour suivre, nous avons dû nous aussi augmenter sans aucune raison le taux d'intérêt que l'on donnait pour nos francs (...) si bien que nous avons payé, paraît-il, plus de 100 milliards pour que vous puissiez échanger la monnaie bidon de l'Allemagne de l'Est contre de la monnaie de l'Allemagne de l'Ouest. Les comptes ne sont pas à jour entre Allemands et Français sur ces questions bancaires. J'invite le banquier central allemand à ne pas se mêler de nos affaires, parce que le moment venu, je lui parlerai comme je suis en train de le faire, si vous m'en donnez le mandat, c'est-à-dire si vous m'élisez (...).
Madame Lagarde (... ) 500 milliards de dettes. Et elle vient nous faire la leçon et nous dire comment on doit se comporte (...) ces gens se sont abattus comme des sauterelles sur la Grèce, lui ont infligé un tourment, lui ont fait vendre ceci et cela, diminuer le budget de l'éducation nationale, supprimer le budget de la cantine gratuite des enfants du peuple, et même vendu des îles pour payer ce que la banque allemande exigeait qu'elle paye, ayant oublié que les Grecs aussi avaient participé au vote qui avait annulé la dette allemande.
Ce n'est pas la reconnaissance qui les étouffe, ça. Eh bien mesdames, messieurs, aujourd'hui la Grèce, qui a subi ces années de martyre ininterrompu, doit une dette égale à plus de 130 % de son PIB. Autrement dit, 16 ans de destruction, 16 ans de privation, 16 ans de baisse de la production de ce pays d'un quart de sa valeur, pour rien, sinon remplir les caisses de la nuée de parasites qui sont venus se jeter sur les Grecs (...).
Mais quand Lagarde dit que ça n'a pas de sens techniquement ou financièrement, elle sort de son rôle. La banque centrale indépendante, nous dit-elle, n'a pas d'ordre à recevoir ni même de conseils. Pardon madame, mais votre banquier central était assis avec tous les autres chefs d'État des premières puissances européennes en 2008 quand il s'agissait de sauver toutes les banques.
Vous étiez bien dans la même pièce en train de prendre des décisions ensemble. Vous n'étiez pas en train de dire « j'espère que Mélenchon ne nous a pas vus », parce que justement Mélenchon vous a vus, et il vous le rappelle depuis 2008 et je n'oublierai jamais que vous êtes une bande de menteurs.
(...) Vous avez dit « on a violé toutes les règles, et vous savez pourquoi ? Parce qu'on ne savait pas quoi faire d'autre. ». Et bien aujourd'hui, dites-vous que vous ne savez pas quoi faire d'autre que de devoir annuler cette dette, parce que notre pays en a besoin pour respirer (...).
(...) vous faites les malins parce que vous nous regardez, nous les Français, et vous vous dites « hm, le beau fruit mûr (...) nous allons l'apprécier comme une orange ou bien comme un citron, et nous allons en faire couler un jus délicieux d'euros de plus en plus nombreux, comme dans un flux, pour avoir un beau verre que nous boirons d'un coup, à votre santé mesdames et messieurs ».
Mais à tous ceux à qui vous voulez faire ce traitement, j'ai une chose à vous dire. Premièrement, nous les Français, nous allons résister, vous prenez un risque avec nous, je ne dirai pas lequel, mais vous en prenez un. Nous sommes très instruits, nous savons quoi faire. Le pays qui a inventé la dissuasion nucléaire est capable d'inventer la dissuasion financière. Tenez-vous le pour dit, premièrement.
Ensuite toute l'Europe est à 4% de taux d'intérêt. Alors vous vous dites « les Français vont craquer », eh bien c'est ce qu'on va voir, ils ne craqueront pas (...)
Vous savez quoi, madame Lagarde? (...) Nous les Français, nous allons résister, vous prenez un risque avec nous, je ne dirai pas lequel, mais vous en prenez un. Nous sommes très instruits, nous savons quoi faire: Le pays qui a inventé la dissuasion nucléaire est capable d'inventer la dissuasion financière. Tenez-vous le pour dit."
Eh bien il était temps, il était temps qu’un homme politique se lève enfin et s’attaque à ces criminels qui n’utilisent leur planche à billets que pour se sauver eux-mêmes en évitant les révoltes.
Revue de Presse par Pierre Jovanovic
