Joumblatt accuse « Israël » de mentir. Smotrich chassé de Majdal Chams « Va-t-en d’ici criminel »
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Publié par Gilles Munier le 29 Juillet 2024, 09:15am
La rédaction d’Al-Manar (29 juillet 2024)
Lors d’une interview avec la chaine qatarie al-Jazeera, le chef druze libanais Walid Joumblatt a qualifié de mensonge les allégations selon lesquelles la résistance a tiré un missile sur la localité de Majdal Cham dans le Golan syrien occupé.
L’entité sioniste a accusé samedi 27 juillet 2024 le Hezbollah d’avoir tiré un missile sur cette localité druze. Selon un dernier bilan, 12 personnes dont des enfants sont tombées en martyrs et 40 autres ont été blessées dont 17 dans un état grave. Mais le Hezbollah a catégoriquement démenti ces accusations accusant à son tour un missile d’interception du Dôme de fer d’avoir causé ce drame.
Selon l’ex-chef du parti socialiste « personne ne peut donner de leçon à Majdal Chams », rappelant que cette localité « est arabe et la majorité de ses habitants ont refusé la nationalité israélienne ».
Joumblatt a ajouté qu’Israël attaque et tue tout le temps au Liban. « C’est le moment pour Israël de comprendre qu’il ne peut pas tuer l’esprit de résistance », a-t-il insisté.
Rappelant que « le Hezbollah est une résistance libanaise et il fait partie du Liban », il a souligné que « le Hezbollah respecte les règles d’engagement dans les opérations qu’il réalise et il riposte lorsque les Israéliens les enfreignent ».
Lors d’une visite ce dimanche dans cette localité, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a réitéré ses accusations et ses menaces « d’une riposte dure contre le Hezbollah ».
Joumblatt a assuré compter sur les efforts du chef du Parlement libanais Nabih Berri pour parvenir avec l’émissaire américain Anos Hochstein à un cessez-le-feu sérieux au sud du Liban.
« Hochstein m’a dit qu’Israël allait lancer une opération de grande envergure et je lui ai rappelé qu’il est un médiateur et non le transmetteur des menaces israéliennes. J’ai orienté le médiateur américain pour revenir à sa fonction essentielle qui consiste à œuvrer pour parvenir à un cessez-le-feu », a-t-il conclu.
Interrogé par le correspondant d’al-Manar en Syrie, le mukhtar du Golan syrien occupé Issam al-Chaalane a qualifié l’attaque de Majdal Chams « d’acte criminel planifié d’avance par l’ennemi israélien »
Les habitants de Majdal Chams ont refusé ce dimanche la visite du ministre des Finances israélien Betsalel Smotrich qui voulait participer aux obsèques des martyrs. Des images vidéo relayées sur les réseaux sociaux montrent des jeunes habitants crier contre lui : « va-t’en d’ici criminel. Nous ne voulons pas de toi au Golan. Tu veux danser sur le sang de nos fils ».
Les chefs de cette communauté et les familles des victimes ont demandé aux ministres israéliens de ne pas participer aux obsèques. Selon Channel 13, des habitants de Majdal Chams ont scandé contre des membres du Likoud qui y ont fait part.
Le guide spirituel de la communauté druze cheikh Amine al-Sayegh a déclaré pour al-Manar : « le Golan restera le bastion de l’arabité, de la dignité et de l’honneur ». Il a fait remarquer que la région traverse un tournant dangereux et mis en garde contre les tentatives de zizanie.
Après l’attaque de Majdal Shams, le spectre du chaos entre Israël et le Liban
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29 juillet 2024
Assawra
Les attaques israéliennes contre la bande de Gaza se multiplient. Sur le plateau du Golan, occupé et annexé par Israël, une explosion a tué 12 personnes. Le Hezbollah dément toute implication, mais Tel-Aviv promet une réponse sans précédent, au risque de faire basculer la région dans le chaos.
Devant le Congrès américain, mercredi 24 juillet, Benyamin Netanyahou affirmait sans broncher qu’il avait demandé à l’état-major de l’armée israélienne combien de civils avaient été tués à Gaza. On lui avait répondu : « Pratiquement aucun, à l’exception d’un incident où des éclats d’obus ont frappé une bombe d’un dépôt d’armes du Hamas et tué involontairement deux douzaines de personnes. » Personne n’a évidemment cru en cette fable, mais ces propos sont révélateurs de la dialectique israélienne, inscrite dans la loi du talion.
Une frappe israélienne sur une école à Deir Al-Balah a fait 30 morts, samedi 27 juillet, et une opération à Khan Younès a tué 170 Palestiniens en six jours. L’armée israélienne a indiqué avoir mené une opération dans cette école, dans le centre de la bande de Gaza, en ciblant les « terroristes » qui y opéraient.
« Cibler une zone peuplée de familles déplacées est inhumain et méprisable », a dénoncé le premier ministre irlandais Simon Harris, estimant qu’Israël continue d’utiliser une force « disproportionnée » dans une guerre qui fait un nombre de morts et de blessés civils « inacceptable, particulièrement chez les enfants ». Ces derniers mois, l’armée est retournée dans plusieurs zones du territoire palestinien, d’où elle avait dit avoir chassé le Hamas.
« Nous voyons chaque jour les missiles du Dôme de fer rater leur cible et tomber sur nous »
Cette guerre risque de s’étendre régionalement chaque jour un peu plus. La preuve par la mort de 12 personnes sur le plateau du Golan annexé par Israël, une zone où vivent des communautés druzes, tuées par ce qui est présenté comme une roquette. Tel-Aviv a immédiatement pointé du doigt le Hezbollah libanais, donc l’Iran, en droite ligne des accusations réitérées devant le Congrès par Netanyahou. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a promis dimanche 28 juillet de « frapper l’ennemi avec force ».
Pourtant, le Hezbollah a nié toute implication, y compris dans un message aux Nations unies. Le président du comité de l’initiative druze, Ghaleb Saif, a expliqué que « les missiles qui tombent sur les villages druzes du Golan et de Galilée sont des missiles intercepteurs israéliens et causent de grands dégâts. Nous voyons chaque jour les missiles du Dôme de fer (bouclier antimissiles israélien – NDLR) rater leur cible et tomber sur nous ».
Aux États-Unis, Benyamin Netanyahou a pu mesurer le fossé existant entre républicains et démocrates concernant la guerre à Gaza. Si tous louent « l’amitié indéfectible entre les États-Unis et Israël », selon la formule consacrée, les propos de Kamala Harris et de Donald Trump sont à l’opposé.
La première, qui devrait être officiellement candidate à la Maison-Blanche au mois d’août, a fait savoir, après sa rencontre avec Netanyahou : « Il est temps que cette guerre prenne fin. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être insensibles à la souffrance et je ne serai pas silencieuse. » Ce que n’a visiblement pas apprécié Netanyahou.
Dimanche, s’exprimant sur X à propos du plateau du Golan, il a écrit : « Je peux dire que l’État d’Israël ne laissera pas passer cela sous silence. » La veille, il avait dit qu’il enverrait une délégation à Rome pour des pourparlers qui devaient avoir lieu ce 28 juillet.
Mais il n’avait pas pu s’empêcher de lancer cette pique à l’intention de la vice-présidente américaine : « Je pense que, dans la mesure où le Hamas comprend qu’il n’y a pas de désaccords entre Israël et les États-Unis, cela accélérera l’accord. Et j’espère que ces commentaires (de Kamala Harris – NDLR) ne changeront pas ça. » Pour Netanyahou, mieux vaut miser sur Trump, qui a demandé à plusieurs reprises qu’Israël « termine le travail » à Gaza et détruise le Hamas.
Pierre Barbancey
L’Humanité du 28 juillet 2024

