Quand M. Thouvenel se permet de dire que « comme déporté et résistant, on a connu mieux », je pense qu’il ne mesure pas la dureté du calvaire qu’on a fait subir à ces élus du peuple déchus arbitrairement par ceux qui sont devenus des collabos. Ce commentaire méprisant est une honte absolue et digne d’une bouche d’égout.
J’ai été aussi particulièrement accablé par la manière dont M. Thouvenel évoque la création et la mise en place de la sécurité sociale. Il explique que Croizat n’est pas ministre quand les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 font leur apparition et que cela valide une participation minimale de celui-ci. Mais quand on relate des faits historiques, la moindre des choses conduisant à l’honnêteté consiste à prendre connaissance du rôle qu’ont tenu les uns et les autres dans l’élaboration de ces ordonnances. Le texte qui leur donnera naissance a été discuté à l’Assemblée consultative provisoire. Et dans celle-ci, la commission du Travail et des Affaires sociales, dont Croizat était le président, a pesé de tout son poids pour que ces ordonnances soient conformes à ses orientations.