« On était à deux doigts que ça tombe », Le directeur de cabinet du Président de la République, le 2 décembre 2018.
« Poujadistes », « beaufs », « racistes ». Alors que le pays bascule, la gauche est sidérée par un mouvement qui bouscule toutes les formes classiques. Face à l’inconnu, les milieux de gauche éprouvent une peur bleue de sortir des certitudes militantes et de leur entre-soi confortable. En décembre, les directions syndicales font même bloc derrière le gouvernement. Le numéro 1 de a CGT se soumet publiquement à l’Élysée, lors d’une conférence médiatique entre « partenaires sociaux », et assure qu’il ne soutiendra pas les Gilets Jaunes, alors même que de nombreux militants CGT s’impliquent sur les ronds-points. Pour des dizaines de milliers de Gilets Jaunes, rien ne sera plus comme avant.
Le soulèvement sera écrasé par une violence d’Etat jamais vue depuis des décennies contre un mouvement social. Plus de 10 000 arrestations. Des milliers de peines de prison. Des centaines de milliers de munitions tirées. Des mutilations à vie. Malgré cela, la vague de colère va durer pendant plus d’un an. Il y aura les coups d’un boxeur dans une ligne de gendarmes et l’engin de chantier dans un ministère. La loi « anti-casseurs » et les milliers de garde-à-vue. Les grands-mères piétinées par la police et les lycéens gravement blessés. Les manifestations interdites et les peines exemplaires. Le Grand Débat National et les conclusions présidentielles : « intensifier » la politique menée. Il y aura des dizaines « d’actes » chaque samedi.