Au moins Colin Powell avait-il pris la peine de brandir une fiole – certes truquée – pour « prouver » devant l’ONU l’existence d’armes de destruction massive en Irak. C’était en 2003, à New York. Le secrétaire d’État américain cherchait à rallier la communauté internationale à une guerre déjà décidée, contre Saddam Hussein.
Près de dix ans plus tard, en 2012, Benyamin Netanyahou ne fera même plus cet effort : un dessin grossier, censé représenter la progression du programme nucléaire iranien, suffira à illustrer l’imminence d’une menace. « Dans quelques mois, peut-être quelques semaines », jurait-il à la tribune des Nations unies. Treize années ont passé et Netanyahou ne prend même plus la peine de prévenir. Il attaque. Officiellement, pour empêcher les mollahs d’obtenir la bombe atomique. Il pousse encore plus loin le précédent américain de 2003. Mais sur la base de quelles preuves ? Mystère.