Balbino Katz, 9 juillet 2025 : La perfide Albion et l’illusion du rapprochement
Il est des gestes que l’Histoire, dans son entêtement souverain, juge plus sévèrement que les discours. La visite d’Emmanuel Macron à Londres, quelques jours à peine après l’inauguration du monument aux marins français tombés à Mers el-Kébir, appartient à cette catégorie des palinodies diplomatiques qui froissent plus profondément qu’elles ne réconcilient. Il s’est rendu à Londres, tel un consul triomphant, salué par une presse anglaise sans pudeur qui le proclame « vainqueur » dans un sommet que The Telegraph n’hésite pas à baptiser « sommet de reddition ». On ne sait s’il faut en rire ou s’en offusquer, tant le langage de la capitulation semble désormais tenir lieu de diplomatie.
Qu’on me pardonne de ne point m’en émouvoir avec l’enthousiasme des gazettes. Je descends, par mon père, d’un chevalier normand, Bertram Ier de Verdun, compagnon de Guillaume le Bâtard dans sa tentative, réussie, hélas, de planter la tige normande sur le sol anglais. Par ma mère, je compte dans ma lignée des hommes qui se sont battus contre les Anglais à toutes les époques où cela fut possible. Six membres de ma famille maternelle furent ainsi mobilisés en même temps pour la guerre d’Indépendance américaine ; deux y laissèrent leur vie. De cette lignée de marins levés pour de Grasse, j’ai hérité l’appartenance aux Fils de la Révolution américaine. Vous comprendrez que les affaires de la Grande-Bretagne ne me laissent pas froid.