Le Venezuela demeure le grand laboratoire politique de notre époque. On y tente de réaliser ce que le système mondial ne peut tolérer : combiner démocratie participative, souveraineté nationale et redistribution sociale dans un cadre socialiste. C’est pourquoi les attaques se poursuivent : blocus, sanctions, asphyxie économique et campagnes de délégitimation. Mais même là, on a pu observer les formes les plus créatives de résistance populaire : les communes, l’autogestion et l’idée d’un pouvoir d’en bas. Dans l’histoire du marxisme, l’expérience bolivarienne représente une tentative d’actualisation : non pas en répétant des dogmes, mais en greffant la tradition émancipatrice sur les réalités latino-américaines, avec Bolívar, Chávez, les peuples autochtones et la mémoire insurrectionnelle du continent. C’est un processus inachevé, lourd de tensions, mais c’est aussi la preuve que le marxisme n’est pas mort : il mute, se réincarne et cherche de nouvelles synthèses.