Qui connaît le rôle important que joua Oliver Cromwell, dès le XVIIe siècle, dans la formation d’un « sionisme chrétien », lequel occupa une place prépondérante dans la thèse évangélique selon laquelle « la rédemption chrétienne de toute l’humanité ne peut advenir qu’après le retour des enfants d’Israël dans leur patrie perdue ? » Dans son livre Le Sionisme, une invention européenne, Sonia Dayan-Herzbrun, professeure émérite de sociologie politique à l’université Paris-Diderot et spécialiste de la colonialité, montre comment, à partir de ces prémices, et de toutes les puissances européennes qui cherchèrent à bâtir un empire colonial, la Grande-Bretagne s’avéra — foi messianique et diplomatie convergeant — la plus intéressée par la conquête de la Palestine.