Déjà plus de dix jours de prison pour avoir, officiellement, « porté atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation » – concrètement pour avoir envoyé des jouets aux enfants du Donbass et collé des affiches « La Russie n’est pas mon ennemi ».
Voici comment, en 2025, tout se passe comme si la France signait des lettres de cachet 2.0 et fabriquait ses ennemis parfaits. En ce début de semaine, quand j’ai écrit mon premier article consacré à SOS Donbass [1] – ce que j’appellerai désormais « l’affaire Anna Novikova » –, je n’avais que le bref communiqué de la famille, quelques signaux dans les médias alternatifs et ce que je savais du travail humanitaire de SOS Donbass. Les médias mainstream, eux, restaient muets ou reléguaient cette actualité en pages faits divers, avant de reprendre en chœur, à partir d’un communiqué laconique, le récit tout prêt du « nid d’espions à la solde du Kremlin ».
Dix jours après les arrestations musclées de la DGSI, l’opacité administrative, judiciaire et médiatique est devenue une purée de poix nauséabonde — des fragrances acides et toxiques que le pouvoir semble respirer désormais sans même tressaillir.