Le tempo s’est accéléré comme jamais depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée : jamais depuis la Libération, l’extrême-droite n’a été aussi proche du pouvoir. Jamais depuis la première partie du 20e siècle, elle n’a bénéficié d’autant de complicités et de ralliements. A l’été 2024, la dissolution décidée par le chef de l’État avait pour but, selon l’intéressé même, de donner une majorité au RN, dans l’espoir de lever l’hypothèque pour les futures présidentielles. Si la mobilisation de la gauche a entravé ce scénario, un séisme politique a néanmoins eu lieu : pour la première fois, le barrage républicain n’a été respecté ni par les électeurs de droite ni par les grands patrons.
« En résumé, le patronat est passé, entre 2011 et 2024, d’un barrage républicain fondé sur des principes démocratiques, à un barrage économique en 2012 et 2017, pour finalement adopter une stratégie de barrage anti-NFP en 2024 », note le journaliste et cofondateur de Médiapart, Laurent Mauduit, dans son dernier ouvrage, Collaborations dans lequel il enquête sur les liens que l’extrême-droite et les milieux d’affaires ont renoués.
Note de Thomas-Piketty, 8 novembre 2025 :
En votant contre la taxe Zucman, le RN s’est clairement affirmé comme le parti des milliardaires