C’est dans l’étude des systèmes complexes qu’Ingo Piepers, ancien commandant des Forces de Soutien Rapide de l’ONU à Sarajevo en 1995, a fait sa thèse de doctorat en 2006.
L’originalité de sa démarche, mais qu’il emprunte en grande partie à Ilya Prigogine (Prix Nobel de Chimie en 1977), consiste donc à considérer la société humaine, et singulièrement, la société occidentale, arrivée à un certain stade d’évolution, qu’il situe vers la fin du XVe siècle, comme une seule structure dissipative d’énergie, et dont il étudie donc les différentes phases de transition, marquées par des périodes conflictuelles de grande ampleur, de nature systémique, tandis que les multiples conflits d’ordre secondaires sont au contraires plutôt des "variables d’ajustements" des périodes de stabilité.
En conservant donc malgré tout une faible lueur d’espoir selon laquelle il ne serait pas déjà trop tard pour bien faire, il est intéressant de noter que Piepers envisageait, selon ses recherches dès 2016, le surgissement d’un conflit précisément majeur parce que systémique autour de l’année 2020.
Même si avec quelques "décalages", l’enchaînement, c’est le cas de le dire, des trois conflits en Ukraine, à Gaza et en Iran, tend à former précisément une sorte de ligne de fracture géostratégique de nature à l’évidence on ne peut plus systémique.