Le Festival de Cannes est un rendez-vous américain
Antithèse - juin 2026
Pourquoi le cinéma américain occupe-t-il une place aussi écrasante dans nos salles, dans nos imaginaires et nos références ?
Pour répondre à cette question, il faut remonter à 1946. À ces quelques semaines de négociations à Washington où se joue, discrètement, quelque chose d’essentiel pour la France et pour l’Europe. Léon Blum, figure tutélaire de la gauche française, part aux États-Unis renégocier la dette de guerre. Il en revient avec les accords Blum-Byrnes, qui imposent des clauses léonines à la France sous prétexte de restructuration de la dette de guerre.
Parmi les clauses, une en particulier va transformer durablement le paysage culturel français : les salles de cinéma françaises ne seront désormais tenues de projeter des films nationaux que 4 semaines sur 13. Les neuf semaines restantes ? Ouvertes, grandes ouvertes, aux productions hollywoodiennes accumulées pendant les années de guerre et qui n’attendaient que ça.