On n’emprisonne pas un homme qui prétend que la Terre est plate ou que les Américains n’ont jamais marché sur la Lune. Mais, l’écrivain révisionniste Vincent Reynouard vient d’être condamné à deux ans de prison sous bracelet électronique.
Où sont les défenseurs attitrés de la liberté d’expression, ceux qui signent des tribunes enflammées à tour de bras ? Où sont les éditorialistes qui nous expliquent chaque semaine que la liberté d’expression est le thermomètre de la démocratie ?
Nos grands défenseurs de la liberté d’expression ont un tropisme curieux : ils s’indignent pour les causes qui leur ressemblent, pour les gens qui fréquentent les mêmes dîners qu’eux. Ils ont défilé pour Charlie. Mais Reynouard ?
Ce faisant, par leur absence, ils scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils prétendent s’asseoir. Car le principe — la liberté d’expression — qu’ils refusent d’appliquer ici, leurs adversaires le leur refuseront demain, avec la même bonne conscience.