Que n’avions-nous pas entendu des semaines auparavant, l’or des manifestations de Téhéran en forme de révolutions de couleurs sur le « régime des mollahs », « l’opposition quasi unanime de tout un peuple à cette autocratie », « le rejet de la modernité et du respect des genres ». Les réjouissances dans les beaux quartiers de Paris, Los Angeles, Londres ou se mêlait drapeaux de la monarchie iranienne, ceux d’Israël et des États-Unis, sac Vuitton et foulard Hermès annonçaient la fin imminente d’une théocratie sanguinaire.
Malgré des milliers de morts et de blessés, malgré les bombardements délibérés sur des zones civiles, la destruction d’hôpitaux, d’écoles, d’un collège de jeunes filles et la mort de 170 d’entre elles, cette guerre hors du commun est avant tout le révélateur de la résilience de tout un peuple, son attachement au respect de sa souveraineté, de son indépendance, de son libre choix.
Pour comprendre, on gagnerait à rappeler l’héritage de Mohamed Mossadegh, le « vieux lion rugissant », qui engagea avec la nationalisation du pétrole iranien la première grande bataille économique des pays pauvres contre l’impérialisme.