Le 28 juillet 2026, les forces américaines et saoudiennes ont mené des frappes coordonnées sur le territoire irakien. Selon le commandement militaire américain, ces opérations visaient des groupes qualifiés de « terroristes alignés sur l’Iran », accusés d’avoir tenté d’attaquer des forces américaines et des infrastructures énergétiques saoudiennes. Présentées comme une réponse défensive à des menaces immédiates, ces frappes prennent une autre signification lorsqu’elles sont replacées dans une histoire plus longue. Les organisations visées appartiennent, ou sont étroitement liées, à l’ensemble connu sous le nom de Hachd al‑Chaabi, les Forces de mobilisation populaire irakiennes. Or ces forces ne sont pas apparues pour combattre les États-Unis ou l’Arabie saoudite. Elles ont été constituées dans l’urgence, en 2014, lorsque Daech menaçait de provoquer l’effondrement de l’Irak.
Le même Donald Trump qui attaque aujourd’hui cette architecture militaire avait déjà ordonné, le 3 janvier 2020, la frappe qui tua Qassem Soleimani, Abou Mahdi al-Mohandis et les autres membres de leur convoi. Il ne s’agit donc pas de deux épisodes sans rapport. Une continuité stratégique apparaît. En 2020, les États-Unis ont frappé le centre de coordination reliant l’Iran à une partie des forces irakiennes. En 2026, ils frappent les structures qui lui ont survécu.