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MAI-68, PROLÉTARISER LA MOITIÉ DE L’HUMANITÉ

jeudi 31 mai 2018, par Robert Bibeau (Date de rédaction antérieure : 31 mai 2018).

L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/232308/

Mai-68, le « pacte social » revampé

Les mouvements sociaux de la fin des années soixante, qu’il est convenu d’appeler les évènements de Mai-68, balayèrent la France toute entière aussi bien que l’Europe, l’Amérique, l’Asie du Sud-Est et la Chine (Grande Révolution culturelle prolétarienne). Ces troubles sociaux embrasèrent l’ensemble du monde capitaliste, aussi bien dans sa forme libérale (occidentale) que dans son modèle dirigiste (soviétique). On observa plusieurs mouvements populaires qui se superposèrent en plusieurs vagues successives, venues mourir sur les mascarets des concessions que le capital concéda aux prolétaires (Grenelle) et aux étudiants pour ce qui concerne l’Occident, et par l’accompagnement de quelques mouvements de soi-disant « libération nationale » dans les États du tiers-monde « émergent ».

En pays capitaliste avancé ces mouvements se sont soldés par une « trêve sociale », résultant d’un nouveau « pacte social » convenu entre les bureaucraties syndicales, les conseils patronaux, et leurs thuriféraires gouvernementaux, sous l’œil ébaubi des organisations et des partis politiques de la gauche citoyenne, nationaliste et réformiste. Aussitôt signé, ce nouveau « pacte social » grignoté pendant des années fut remis sur le tapis sous la pression des crises économiques systémiques. Il est étonnant d’observer encore aujourd’hui que la défense des soi-disant « acquis », concédés par le grand capital tétanisé, se focalise sur le prolétariat français qui était à l’avant-scène en Mai-68.

Ces concessions ont été arrachées, il convient de le souligner, après des semaines de raffut étudiant auxquels se sont joints les travailleurs français (du moins, selon la chronologie proposée par les médias à la solde), ce qui décida le premier ministre Georges Pompidou (le good cop du tandem gaulliste) à accorder ce qui deviendra pour la go-gauche des « acquis » pour la vie (sic). Si aujourd’hui, après cinquante ans de reculs ouvriers, les derniers « acquis » sont retirés, c’est que les conditions de valorisation et de reproduction du capital mondial ont grandement changé. La concurrence exacerbée entre les alliés du passé est le reflet du déplacement du centre de gravité de la prospérité vers le capital chinois « socialisé » (sic).

Les pavés lancés par la jeunesse font encore rêver les nostalgiques du Grand-Soir-des-insurgés, autant qu’ils ont fait trembler la réaction, les protoconservateurs et les néolibéraux, terroriser par ces révoltes populistes spontanées. Aujourd’hui, 2018, les opportunistes et les réformistes, incorrigibles idéalistes, proclament le retour des beaux jours des émeutes de Mai-68 et d’une nouvelle ère « révolutionnaire ». Ils s’imaginent qu’ils feront « payer les riches » ; ils réclament que l’État des milliardaires taxe les grosses fortunes inégalitaires ; ils rêvent de fermer les paradis fiscaux ; ils proclament que la patrie et l’État totalitaire sont l’avenir de la nation ; ils rêvent de l’éducation philanthropique s’opposant à l’enseignement marchand et autres utopies gauchistes ou écologistes telles la prospérité décroissante et la pauvreté volontaire, dont des milliards de déshérités veulent pourtant se libérer. Ces petits-bourgeois sont subventionnés par la machine d’État sans se demander le pourquoi de ce soutien inusité.

Quelles leçons peut-on tirer de Mai-68, et à partir de ce bilan comment éclairer la voie des révoltés obstruée depuis des années par les petits-bourgs et la go-gauche obnubilée ? La classe ouvrière a-t-elle un rôle à jouer dans cet aparté ?

Questions et investigation

Pourquoi la plupart des leaders étudiants de la génération de Mai-68 ont-ils mal tourné ? Étrange malédiction qui s’est acharnée sur ces fils de bourgeois n’est-ce pas ? Pourquoi autant de néofascistes lénifiés, autant de gauchistes tétanisés, d’opportunistes aliénés, d’altermondialistes hébétés, de réformistes désespérés et de nationalistes radicalisés issus des rangs des mouvements étudiants, féministes, et populistes et s’épandant à tout vent comme du chiendent ?

Divers témoignages nous serviront de guide dans l’exploration de cette grande esbroufe estudiantine, féministe et populiste. L’essai d’une universitaire, M. Marion, intitulé « Conséquences et héritage de mai 68 dans la société actuelle », présente le point de vue d’une intellectuelle sur ces évènements (1), un article sur l’activité de l’extrême gauche en France en Mai-68 (2), une entrevue de Simone de Beauvoir aux féministes japonaises (3), un article de la gauche marxiste-léniniste (4), un autre d’un groupe anarchiste (5) et enfin l’opinion d’un gaulliste frustré (6).

Conjoncture économique et sociale en Mai-68

Si en 1960 la France comptait 310 000 étudiants universitaires, en Mai-68 on en dénombrait 800 000 et la croissance se poursuivit ininterrompue jusqu’en 1990 (1,3 million d’étudiants postsecondaires) et même après (2,5 millions en 2018). Il en fut ainsi dans tous les pays d’Occident. En ce temps-là, l’État n’entravait pas l’accès aux études universitaires, au contraire, il en favorisait l’accès de façon à fournir une main-d’œuvre scolarisée de bonne qualité aux multinationales américaines et européennes lancées à la conquête des marchés français et européens. À l’époque, la « deuxième puissance économique mondiale » était constituée par les cartels américains installés en Europe, ce qui n’empêchait pas les entreprises européennes de se consolider et de disputer les marchés aux monopoles étatsuniens (alliés et concurrents). (7) L’Allemagne, sans rechigner, accepta de se muter en atelier industriel de l’Oncle Sam, de même que le Japon dans la zone Asie-Pacifique. En Mai-68, l’impérialisme américain était à l’apogée de sa croissance et de son hégémonie.

Madame Marion résume ainsi cette période d’effervescence politique succédant au Plan Marshall économique : « C’est dans une période de plein emploi, de prospérité, au plus fort des Trente Glorieuses, libérée des guerres coloniales que cette situation « insaisissable » a explosée. Jusqu’à la fin des années soixante, l’ordre du monde issu de la défaite nazie est bipolaire : Est et Ouest se font face. Mai 68 est un moment charnière qui marque la fin d’un monde. » « Mai 68 exalte l’épanouissement de l’individu, son droit au bonheur, contre la rigidité des hiérarchies et des disciplines. Dans le monde entier, des mouvements contestataires analogues retentiront. Mai 68 entraina de nouvelles valeurs dont la naissance d’une contre-culture, c’est-à-dire d’une révolution dans les rapports sociaux et de civilisation. On assista à une brusque évolution des mœurs, une façon de penser le monde différemment : mai 68 a accéléré la conquête par les femmes de leur égalité ». « La génération du babyboum affirmait ses vingt ans en 1968. C’est un double refus du modèle capitaliste et du modèle stalinien qui inspire les années soixante. La jeunesse est antifasciste et antiimpérialiste » dit-elle, afin d’introduire en douce les thèmes du schisme démocratique et générationnel (vieillesse capitaliste et totalitaire contre jeunesse antiimpérialiste et démocratique) ; le thème du schisme féministe (patriarcat contre matriarcat) ; et du schisme moraliste (jansénisme ascétique contre narcissisme hédoniste). Ces quatre fétichismes (jeunesse, démocratisme, féminisme, narcissisme) formeront la base du nouvel opium populiste que la bourgeoisie proposera à la populace via ses thuriféraires universitaires, les nouveaux clercs stipendiés et bien rémunérés, jusqu’à la crise de 2008 du moins. (8)

Évidemment, le propos de madame Marion est excessif quand elle qualifie les gamineries des soixante-huitards de « révolution dans les rapports sociaux et de civilisations » (sic). Une révolution sociale est engendrée par une révolution dans le mode de production (passage du féodalisme au capitalisme par exemple) ce que Mai-68 n’a jamais été vous en conviendrez.

L’impuissance étudiante

Une guilde étudiante ne constitue pas une classe sociale, même pas une puissance révolutionnaire dans les sphères économique, sociale, politique, idéologique ou militaire. Les étudiants ne produisent aucun capital, aucune plus-value, aucune richesse sociale. Les étudiants et les étudiantes se forment afin de devenir par leur labeur des producteurs de profits. Ce n’est donc pas la « grève » étudiante qui provoqua l’affrontement social le plus radical. Ce sont les grèves ouvrières et celles des prolétaires des services publics qui provoquèrent l’intervention musclée de l’État bourgeois menacé. En Mai-68 les étudiants français ayant jeté leur gourme furent rapidement désorientés et paralysés. Politiquement, à cette époque comme aujourd’hui, les étudiants se distribuaient à peu près comme leurs ainés entre la gauche et la droite, sauf qu’ils s’exprimaient plus bruyamment et plus spontanément. On ne peut donc leur reprocher de ne pas avoir livré la « révolution » qu’ils ne pouvaient provoquer ni ne sauraient diriger. On doit cependant leur rendre grâce d’avoir eu la sensibilité de percevoir et le courage de stigmatiser ce malaise sociétal délétère. Mais quelle était la source profonde de ce malaise ?

La première « révolution colorée »

« Le premier Mai-68 que nous plaçons ici en premier est le mai 68 ouvrier des grèves sauvages, en cours depuis 1967 et culminant en 1968, comptant plus de 10 millions de Français en grève d’une manière qui rapidement les a menés dans un grand mouvement de lutte ouvrière efficace parce que menée pour l’essentiel en dehors du système et sans le contrôle des centrales syndicales qui furent très vite dépassées par les évènements. Syndicats et partis politiques eurent toutes les peines du monde à remettre les gens au travail et il s’avère en cela que, comme d’habitude, la bureaucratie syndicaliste et de parti, PCF en tête, ont trahi le mouvement ouvrier, des travailleurs, (ils ont) mangé dans la main du patronat et du gouvernement pour casser la dynamique de la grève générale. Dès 1967 et en mars 1968 avec le mouvement de la SAVIEM de Caen, puis de Renault Billancourt, le mouvement gréviste avait pris une ampleur sans précédent, inspiré par cet esprit communard qui ne saurait mourir… Le second mai 68 fut celui du mouvement étudiant qui rejoignit le mouvement des forces ouvrières. Ce mouvement fut rapidement infiltré par les forces étatico-capitalistes et contrôlé de l’intérieur et servit à faire diversion. » (9)

« Par contre on va sans aucun doute nous rabâcher en boucle les “hauts faits d’armes” des étudiants de Nanterre et de la Sorbonne, qui de fait, pour les plus volontaires, ne firent que se raccrocher aux wagons déjà bien arrimés de la lutte des travailleurs français. Les merdias passeront bien sûr sous silence les collusions internes entre les mouvements politiques “gauchistes” (trotskiste, maoïste) et l’establishment du financement occulte, qui fit à terme de Mai-68 une des premières révolutions “colorées” de l’ère moderne dont le but principal était pour les intérêts de la City, de Londres et de Wall Street, de faire tomber De Gaulle, l’empêcheur de la domination géopolitique de l’empire et qui était alors au pouvoir en France, rôle qui semble dévolu au président russe Poutine de nos jours. » (10)

Il suffit d’observer que le Premier ministre Pompidou de retour d’un voyage à l’étranger a donné priorité à l’apaisement des grèves ouvrières pour comprendre où se trouvait la réelle menace pour le pouvoir en place. L’analogie avec l’arnaque impérialiste des pseudo « révolutions colorées démocratiques », trente ans avant leur généralisation, semble justifiée. La charge de la City et de Wall Street contre le trouble-fête de l’aile nationaliste française parait tout aussi plausible puisque de Gaulle s’en est confiée à des proches à cette époque, identifiant même la CIA comme l’organisme qui cherchait à l’intimider.

Mais tout ce qui précède sur l’activité étudiante infiltrée, sur le féminisme petit-bourgeois dévoyé, sur la soi-disant révolution sexuelle et culturelle – sans révolution économique ni sociale – sur les grèves ouvrières trahies et sur la collusion des gauches vénales, réformistes, ou terroristes ne révèle pas les motifs profonds de cette quasi-insurrection qui a échoué. Le mystère reste entier sur les contradictions profondes qui ont provoqué ces mouvements et sur les raisons de leurs échecs dans le monde entier.

Je soumets cependant qu’une révolution ne peut jamais être trahie. Elle peut avorter, elle peut s’essouffler, mais elle ne peut être trahie. Pensée ainsi serait de mettre sur les épaules d’un homme ou d’une organisation une responsabilité qui relève d’une classe sociale toute entière. Une classe sociale ne peut se trahir elle-même. Elle peut toutefois mal appréciée la conjoncture ou encore considérée que les conditions objectives et subjectives ne sont pas à maturités.

La libération et le développement de nouvelles forces productives

Sous un mode de production, les moyens de production – y compris les forces productives sociales – évoluent et progressent sans cesse ou alors ce mode de production régresse et un nouveau mode de production social est appelé à le remplacer. Toutefois, un mode de production ne s’affaisse jamais avant d’avoir développé l’ensemble des moyens de production qu’il est susceptible de contenir, de manager et de faire fructifier (de faire « profiter »). Cette loi d’économie politique s’applique aussi bien en étendue – s’étendant sur l’ensemble des continents, déferlant du foyer de développement capitaliste initial vers la périphérie tiers-mondiste « émergente », – qu’en profondeur au sein même de chaque continent industrialisé parmi les populations prolétarisées ou à prolétariser, pensons à la gente féminine, l’autre moitié de l’humanité à exploiter.

En Mai-68, le mode de production capitaliste en voie de mondialisation accélérée émergeait de trente années de croissance productiviste ininterrompue (1939 – 1968). De nombreux pays du tiers-monde s’étaient libérés du carcan du mode de production féodal-paysan-agraire et s’intégraient difficilement au mode de production social capitaliste (libéral ou soviétique), en tant que fournisseur de matières premières et d’énergies, sous la botte des bourgeoisies nationalistes, dirigeantes des succursales vassales des multinationales occidentales (voilà succinctement résumée la quintessence des luttes de « libération nationale » bancales). (11) Dans les pays fortement industrialisés, la mécanisation, l’informatisation et la robotisation de la production étaient engagées si bien qu’en maints endroits la main-d’œuvre qualifiée venait à manquer alors qu’une moitié des forces productives sociales désœuvrée était recluse au foyer.

Pour recruter ces forces productives sociales et les enrégimentées dans de nouvelles unités de production-exploitation féminisées il fallait d’abord les libérés de l’asservissement aux fonctions de reproduction de la vie, tout en les attirant vers de nouvelles tâches mécanisées désormais à leur portée (emplois non traditionnels), et par des salaires égalitaires les appâtées pour rejoindre l’armée de réserve des prolétaires. Telles seront les tâches des mouvements féministes commanditées.

Le combat féministe petit-bourgeois

À propos du féminisme et de la « libération de la sexualité féminine, homosexuelle et transgenre » le gaulliste Denis Tillinac répond aux prétentions des soixante-huitards : « Pour rappel, la libération sexuelle, c’était l’euphorie de l’après-guerre, c’était les années 1950. Et dieu… créa la femme était un film de 1956, l’essai Le Deuxième sexe était le manifeste du féminisme, écrit par Simone de Beauvoir en 1949, Histoire d’O. de Pauline Réage, le roman érotique hard qui avait été tiré à 300 000 exemplaires, était écrit à la même époque, en 1954, et toute la littérature romanesque de l’époque faisait une apologie de l’adultère. Tout ce qui manquait c’était la pilule. Et là encore, les soixante-huitards n’y sont pour rien. Celle-ci est arrivée en 1967 avec la loi Neuwirth. » (…) « D’ailleurs, les mesures dites sociétales, considérées comme de gauche, c’est-à-dire la libéralisation de l’avortement, la majorité à 18 ans, le divorce par consentement mutuel, c’est Giscard D’Estaing qui les instaure ! Donc le clivage droite-gauche s’estompe et la société tout entière s’enfile dans cette espèce de logique libertarienne qui devient très vite libérale. » (12)

Si, après Mai-68, au sein du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la contraception) et du MLF (Mouvement de Libération de la Femme) l’on réclamait le droit au travail pour les femmes, c’était notamment pour qu’elles aient accès au divorce. En effet, comment divorcer si, dès le lendemain, la femme se retrouve sans rien et à la rue ? Ces « droits » au divorce et à l’esclavage salarié sont parmi ceux, avec le droit à l’avortement, qui ont été accordés facilement par l’État bourgeois dans les années qui ont suivi Mai-68. Aujourd’hui, l’on peut comprendre pour quelle subtile raison les capitalistes l’ont promu via les militantes féministes. Dans les années 1960-70, il suffisait d’un seul salaire par ménage pour subvenir aux besoins d’une famille, alors qu’aujourd’hui, deux salaires suffisent à peine.

Si la bourgeoisie a promu la soi-disant « libération » de la femme, l’équité salariale, la contraception et l’interruption de grossesse c’est pour que la salariée ne soit pas contrainte d’interrompre son travail, qu’elle puisse s’échiner au boulot, et à terme diviser le salaire horaire par deux (en termes de pouvoir d’achat réel hors inflation). C’est-à-dire, de pouvoir exploiter travailleurs et travailleuses deux fois plus qu’auparavant, sans compter que cet afflux soudain de main-d’œuvre augmentait la concurrence. Évidemment, la récession s’abattant sur l’économie capitaliste anarchique, le taux de chômage s’envole. Mais cela le capital s’en lave les mains, renvoyant les femmes à leur liberté de chômer. En Mai-2018 ce sont les immigrants qui jouent ce rôle ingrat de faire pression sur les revenus et le travail salarié dans les pays industrialisés.

(À SUIVRE)

NOTES

(1) M. Marion. Conséquences et héritage de mai 68 dans la société actuelle

http://www.oboulo.com/summary/addTo…

(2) Cahiers du maoïsme. Revue Marxiste-Léniniste-Maoïste. Édition 2009. Paris. France.

(3) http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

(4) http://www.les7duquebec.com/7-daill…

(5) http://www.les7duquebec.com/7-daill…

(6) Denis Tillinac http://www.les7duquebec.com/7-de-ga…

(7) J.J. Servan-Schreiber. Le Défi Américain. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-J…

(8) M. Marion. Conséquences et héritage de mai 68 dans la société actuelle http://www.oboulo.com/summary/addTo…

(9) http://www.les7duquebec.com/7-de-ga…

(10) http://www.les7duquebec.com/7-daill…

(11) Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne.

http://www.les7duquebec.com/7-de-ga…

(12) Denis Tillinac http://www.les7duquebec.com/7-de-ga…

2 Messages de forum

  • « En Mai-68, l’impérialisme américain était à l’apogée de sa croissance et de son hégémonie. »

    …Selon M.Bibeau…

    Je ne tiens pas du tout à avoir l’air de m’acharner après lui, même s’il trouve utile de republier mes articles contre mon souhait, et d’autant plus qu’il ne les lit pas, ce qui ne l’empêche pas de prétendre en faire la critique, annoncée, à l’occasion…

    En effet, dans mon papier sur le cinquantenaire je prends soin de rappeler l’offensive du têt, dont les dernières cartouches sont, du reste, tirées alors que débutent les troubles étudiants en France… Cette offensive, malgré son peu d’efficacité réelle sur le plan militaire, à tel point qu’elle remettait en cause la situation politique au Nord-Vietnam, a néanmoins suffi pour déstabiliser l’Oncle Sam et la plus grande part de l’Occident, au point d’amorcer le processus diplomatique qui devait amener la reddition du Sud, quelques années plus tard…

    De plus, le coût cumulé des contre-offensives US avait largement contribué à miner la finance en dollar, arrivée en fin de cycle comme substitut de l’étalon or. La pente vers la fin des accords de Bretton Woods était donc également largement amorcée, et de façon irréversible.

    Sans le coup machiavélique monté par Kissinger pour s’allier à la Chine contre la Russie soviétique, on ne voit même pas vraiment où aurait été la porte de sortie pour l’Empire US…

    Parler d’apogée dans ces conditions, c’est évidemment assez ridicule, mais noyé dans la masse brumeuse des considérations grandiloquentes de M. Bibeau, cela passe donc presque inaperçu…

    Triste état du débat politique, à l’heure actuelle !

    Luniterre

    (* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/ )

    ****************************************

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  • Sur les révolutions, l’histoire nous apprend que malheureusement dans la majorité des cas le peuple s’em prend plein la gueule car quand la propagande ne suffit plus, les états sortent les matraques et les canons. La révolution cubaine est une exception, pas la règle.

    Après sur Mai 68, ce mouvement n’a pas été trahi, il a été récupéré. En 68, il était facile d’entendre ou de lire les vrais écolos, ceux qui disaient - et disent toujours - que le problème est notre mode de vie. Les deux slogans principaux du début de Mai 68 étaient "Non à la société de consommation" et "Non à la guerre".

    Mais l’histoire ne s’est pas passée comme cela. L’écologie fut récupérée par des braillards opportuniste comme ce crétin de Kohn Bendit, les syndicats s’occupèrent du reste. 8 ans plus tard, les punks avaient tirés les leçons de ce fiasco avec "Business as usual" et "No future". On en est toujours là aujourd’hui.

    Les écolos nous font croire qu’avec des technologies "renouvelables" qui ont besoin de mines et de tout le reste de l’infrastructure industrielle on va pouvoir alimenter les gadgets à l’obsolescence programmée et de plus en plus programmable à distance de ce même complexe militaro-industriel sans niquer la planète jusqu’au trognon.

    Quand aux syndicats, toujours fidèles à eux mêmes, ils ne cessent de réclamer plus de productivisme, c’est-à-dire plus de ce travail obligatoire jadis appelé esclavage qui réduit les êtres humains en zombies décervelés.

    Et tout ça pour quoi, et bien pour, comme dans la chanson de HK, niquer la planète. Parce que c’est notre raison d’être. La seule chose que HK ne dit pas dans cette chanson "Niquons la planète" c’est que le meilleur moyen pour cela, notre raison d’être, c’est de consommer plus. Et c’est bien ce à quoi s’évertuent tous les partis et syndicats, à nous faire consommer plus.

    La seule solution serait, non pas une gouvernance mondiale fut-elle communiste mais de revenir au local. Près de chez moi, le maraîcher qui a les meilleurs légumes du marché ne plante pas ses graines en suivant le GPS dans un tracteur à cabine climatisée et au son des Pink Floyd mais à la main. C’est aussi celui qui a la plus grande variété de produits et celui qui s’en sort le mieux.

    Alors vos usines, vos mines, vos routes, vos bombes, et aussi vos voitures qui vous rendent esclaves de deux des pires lobbies de la planètes, vous pouvez vous les f. dans le cul. De toute façon, vos frontières n’arrêterons pas plus la sixième extinction de masse qu’elles n’arrêtent les migrants. Le minéral lui s’en sortira toujours, nous y’a plus beaucoup de chances et ce n’est en tout cas pas en continuant de perpétuer la civilisation industrielle de consommation de masse que nos enfants auront un autre avenir que de retourner au stade minéral pendant des centaines de millions d’années.

    Je préfèrerai qu’il y ait une solution dans le cadre de notre mode de vie non négociable, elle serait plus simple à faire accepter, malheureusement il n’y en a pas. Il ne reste plus qu’à débrancher le progrès qui nique la planète et en finir avec le travail obligatoire et l’argent une bonne fois pour toute. Et c’est possible, les peuples autochtones qui n’ont qu’un seul mot pour désigner jeu et travail nous montrent l’exemple.

    ça plane pour moi, moi, moi, moi ,moi
    ça plane pour moi
    ça plane pour moi - Plastic Bertand

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