VIVE LA RÉVOLUTION

Le progrès

samedi 13 octobre 2018, par do (Date de rédaction antérieure : 13 octobre 2018).

Charlie Chaplin - Les temps modernes

Salut à toutes et à tous,

Le progrès cause d’énormes dégâts parce que c’est la classe dominante qui dirige le progrès. Et aussi parce qu’on est beaucoup trop nombreux sur Terre.

S’il n’y avait pas la division de la société en classe, s’il n’y avait pas l’exploitation de l’homme par l’homme, le progrès pourrait être humainement dirigé par les hommes dans les directions choisies en conscience par eux. ET le nombre d’habitants de la Terre serait aussi choisi par eux ; alors que la classe dominante veut toujours plus d’habitants parce que la richesse ne se mesure pas en argent, mais en nombre d’esclaves, et aussi parce qu’elle a besoin d’avoir toujours plus d’acheteurs pour acheter ses marchandises, car nous sommes dans une société marchande.

Aujourd’hui, avec la société de classe, c’est la bourgeoisie qui dirige le progrès ; et les directions qu’elle impose au progrès sont avant tout les sciences et techniques lui permettant de mieux dominer et contrôler les hommes — fascisme technologique (caméras de surveillance, etc.), mais aussi techniques de manipulations des individus (psychologie) et de maniement des foules (sociologie) — ; et ensuite, les sciences et techniques lui permettant d’engranger le plus de profit possible, ce qui implique notamment un extractivisme destructeur : par exemple, détruire une montagne parce qu’elle contient un minerais, et c’est là qu’intervient négativement l’énorme surnombre d’habitants sur Terre, qui n’est pas seulement nuisible en soi, mais aussi parce que plus on est nombreux et plus il faut extraire de minerais et plus il faut détruire la montagne.

Rousseau est le seul philosophe des lumières qui a été rejeté par tous les autres (il n’avait pas la "maladie de la persécution", contrairement à ce qu’on nous "apprend" à l’école, il était vraiment rejeté !) parce qu’il disait que le progrès scientifique, loin de faire le bonheur de l’humanité, ferait son malheur. Il était le seul à ne pas être scientiste. Mais je ne me souviens pas s’il disait, ou ne disait pas, que si le progrès ferait le malheur de l’humanité c’était parce qu’il était forcément dirigé par la classe dirigeante.

Bien à vous,
do
http://mai68.org

La prise de conscience écologique est un symptôme de surpopulation

http://mai68.org/spip/spip.php?article1164

(L’énorme surnombre d’habitants sur Terre est nuisible en soi.)

Quand les machines pourront se passer de nous,
Elles nous tueront tous :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2302

14 Messages de forum

  • Le progrès 13 octobre 14:58, par bbb

    Bravo pour ce que tu envoies

    Ben

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  • Le progrès 13 octobre 17:39, par raimanet

    bonjour !

    excellent article comme a l’ habitude !

    merci encore.

    Raimanet.

    http://tiny.ph/sOLG -> Arundhati Roy citation

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  • Le progrès 14 octobre 00:59, par Luniterre

    En fait, la croissance démographique a tendance à se réduire, voire même, à se stabiliser, là où la population atteint un certain niveau de vie…

    Si ce que les riches parasites pillent sur les pauvres et les ressources naturelles peut être remis au service des besoins sociaux réels, il n’y aura probablement pas besoin de mesure coercitives supplémentaires pour réguler la population, qui pourrait trouver d’elle même son équilibre avec la planète !

    Cela suppose donc tout de même une volonté politique collective et une planification économique…

    Et donc aussi la volonté d’utiliser les moyens techniques adaptés, qui existent actuellement, dans ce but :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-et-planification-socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/

    Un recul technologique généralisé ne réglerait donc en rien le problème, et, au contraire, l’aggraverait probablement en appauvrissant encore davantage des populations qui commencent actuellement à accéder à un niveau de vie décent.

    Luniterre

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  • Le progrès 14 octobre 04:09, par JMD

    La "surpopulation", que certains pensent résoudre par des moyens inhumains, notamment les guerres, en limitant l’accès aux soins, en imposant des conditions de vie de travail les plus pénibles (tant qu’il ne s’agit pas d’eux !), vient au contraire de telles conditions. La mortalité infantile, l’absence de Sécurité Sociale, de retraites, d’instruction créent contraire un réflexe naturel de survie entraînant les familles nombreuses, comme c’était le cas chez nous dans les années 40 (le baby boom d’après-guerre). Le remède est évident…

    Quant au progrès, le progrès ne doit pas être que technologique, mais aussi dans les mentalités, notamment par l’instruction, la santé, le social, et mis à la portée de tous.

    La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 et la Commune y avaient pensé. "Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous", disait une publicité de la SNCF des années 90. J’ajouterai cette phrase du Pantagruel de Rabelais "Sagesse n’entre point en âme malivole (malintentionnée) et science sans conscience n’est que ruine de l’âme". De mon temps on apprenait ces textes au lycée….

    Et on sait que quelque soit l’image que les médias leur font, les capitalistes ne sont pas des bienfaiteurs !

    Amitiés !
    JMD

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  • Le progrès 14 octobre 04:11, par JMD

    Marx pensait à juste titre que la production ne doit être que pour les besoins humains. Donc pas pour le profit capitaliste. Par conséquent le Travailleur doit maîtriser la production, et tant qu’existe le capitalisme, le temps qu’il passe au service de celui-ci. Ce qui a un rapport étroit avec le contenu du précédent message. En effet, le mot "école" vient d’un mot de grec ancien (skholé) qui signifie "temps libre", en observant que la fatigue empêche de retenir ce qu’on apprend. Du même registre, pendant ma scolarité les allocations familiales demandaient à mes parents un certificat de scolarité pour s’assurer que je suivais bien les cours (donc que je ne travaillais pas). La réduction du temps de travail (sans réduction du salaire) a été ainsi depuis le 19e siècle la préoccupation première du monde du travail, pour l’instruction, la santé, la vie sociale. Le vrai progrès, avec les machines, doit être évidemment une réduction drastique du temps de travail, un plein emploi et le bien-être pour tous, et non le profit insatiable du capital et la misère généralisée. La conclusion est facile à en tirer …

    JMD

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    • Le progrès 14 octobre 09:58, par Luniterre

      Cela rejoint ce post précédemment proposé, et non encore publié…

      (>>> pb technique ?? >>>effacer celui-ci, dans ce cas)

      En fait, la croissance démographique a tendance à se réduire, voire même, à se stabiliser, là où la population atteint un certain niveau de vie…

      Si ce que les riches parasites pillent sur les pauvres et les ressources naturelles peut être remis au service des besoins sociaux réels, il n’y aura probablement pas besoin de mesure coercitives supplémentaires pour réguler la population, qui pourrait trouver d’elle même son équilibre avec la planète !

      Cela suppose donc tout de même une volonté politique collective et une planification économique…

      Et donc aussi la volonté d’utiliser les moyens techniques adaptés, qui existent actuellement, dans ce but :

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-et-planification-socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/

      Un recul technologique généralisé ne réglerait donc en rien le problème, et, au contraire, l’aggraverait probablement en appauvrissant encore davantage des populations qui commencent actuellement à accéder à un niveau de vie décent.

      Luniterre

      Répondre à ce message

  • Le progrès 14 octobre 13:59, par Dominique

    Notre société est consumériste. Nous ne pouvons pas mettre la faute entièrement sur les élites alors que la grande majorité des gens se fichent complètement de savoir si le système politique est capitaliste ou marxiste tant qu’il leur permet d’augmenter leur niveau de vie afin de pouvoir consommer plus. Cela se vérifie chez nous, à Cuba, en Chine, partout. La solution n’est donc pas d’opposer capitalisme et marxisme mais de se débarrasser de cette société industrielle de consommation de masse. Repeindre en rouge ou en vert l’extractivisme ne changera rien, sauf pour le pire. On le voit déjà aujourd’hui, les nouvelles technologies ne nous débarrassent pas des anciennes nouvelles technologies et elles ne servent au contraire qu’à développer de nouvelles filières technologiques globalisées qui, in fine, ne font que rajouter leurs nuisances aux nuisances déjà existantes.

    De plus, le progrès à besoin de l’argent et donc de ses inégalités ainsi que du travail obligatoire et son aliénation pour être construit. Donc là aussi on ne s’en sort pas. Marx a raison sur l’argent quand, dans La question juive, il écrit qu’il faut se débarrasser de l’argent. Le malheur est qu’il était progressiste et que pour construire le progrès, il renie cette certitude dans le reste de son oeuvre. Et aussi que pour construire le progrès, il a besoin du travail obligatoire, du productivisme. Ce qui implique aussi que ses théories sont imprégnées de scientisme et que les sociétés basées dessus ne peuvent que développer les mêmes monstruosités technologiques (on l’a vu en URSS où ils ont même construits des brises-glaces nucléaires - 1 a coulé après que son réacteur ait troué la coque, l’autre pourrit en cale sèche, ou à Cuba où ils ont une centrale nucléaire) que les sociétés capitalistes.

    Pour qu’il y ait une révolution, il faudrait d’abord une révolution des consciences, que les masses se rendent compte que quelque soit le gadget industriel qu’elles achètent, sa production, indépendamment du système utilisé pour tenir la comptabilité et redistribuer la valeur ajoutée, ne peut que contribuer à niquer la planète. Les véritables écolos le disent à leur façon : ce qui pose le plus problème aujourd’hui à la Nature, ce n’est pas la pollution (le réchauffement climatique est la conséquence de 2 ou 3 polluants et l’industrie en invente chaque jour de nouveaux), c’est l’activité humaine en tant que telle, l’emprise sur la Nature que représente l’infrastructure de la société industrielle. Ce qui implique que nous n’avons pas besoin de nouvelles technologies, nous avons besoin de moins de technologie, de revenir à un niveau technologique supportable par la Nature. Un tel discours n’intéresse ni les politiques ni les médias car dans leur jargon, il n’est pas porteur (en termes électoraux ou d’audiences).

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    • Le progrès 14 octobre 16:57, par Luniterre

      "Ce qui implique que nous n’avons pas besoin de nouvelles technologies, nous avons besoin de moins de technologie, de revenir à un niveau technologique supportable par la Nature."

      __1_ "un niveau technologique supportable par la Nature."

      Très bon principe, à priori… Mais comment définir ce niveau ???

      Et quelle est votre définition personnelle ???

      __2_ Ce niveau de vie, qu’on supposera suffisamment décent, sinon élevé, devra donc être accessible à tous les humains vivant sur la planète, pour être une "révolution" au sens social et économique du terme.

      Comment proposez vous de le rendre effectivement accessible à tous les humains ?

      __3_ "Pour qu’il y ait une révolution, il faudrait d’abord une révolution des consciences,…"

      Ce que l’histoire montre, c’est que les évolutions technologiques et les changements économiques précèdent l’évolution de la conscience collective, et non l’inverse ! Comment pensez vous pouvoir inverser ce processus ?

      __5_ Le développement de l’informatique et de l’internet est un moyen possible d’interactivité qui peut permettre une gestion collective réellement démocratique et adaptée aux besoins. Pensez vous revenir en arrière sur cette avancée technologique, même si elle est effectivement encore assez mal utilisée, actuellement ?

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-et-planification-socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/

      Luniterre

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  • Le progrès 17 octobre 18:17, par Olivier MONTULET

    On parle beaucoup du progrès… mais jamais on ne le défini. On progresse vers un but. Il faut donc définir cette utopie et ouvrir un chemin qui nous guide vers elle. Alors qu’elle est cette utopie dont on parle tant et qu’elle est la notre. Ne faudrait-il pas donner notre énergie à creuser notre sillon plutôt que de chercher à combler ceux des autres ?

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    • Le progrès 17 octobre 22:14, par Luniterre

      On supposera que vous avez voulu écrire :

      « quelle est la nôtre… ? »

      Effectivement le « progrès », sans plus de définition, n’est qu’une utopie au sens le plus inquiétant du terme, c’est à dire une chimère, en fait, et même une chimère destructrice, dans bien des cas…

      Pourtant on entend généralement par « progressiste » une personne ou un mouvement qui s’oppose à la « réaction », qui elle même s’oppose …au « progrès », dans ce qu’il est supposé avoir de positif, quoi que restant le plus souvent mal défini, sinon carrément indéfini…

      On en sort pas…

      La question mérite donc d’être franchement posée : qu’entend-t-on par « progrès »… !??

      Marx nous a parlé, il y a déjà un certain temps… de communisme.

      Une société où l’humanité aurait été libérée de toute servitude, en grande partie grâce au « progrès » technique, collectivement maîtrisé…

      Une société d’abondance ?

      Selon certains, affirmatifs, il n’avait pas oublié totalement cette question d’équilibre avec les ressources naturelles de la planète…

      Il y a donc une limite, une contrainte, quelque part…

      Il ne s’est pas étendu non plus outre mesure sur les moyens de parvenir à cette « utopie » qu’il refusait, de plus, de reconnaître pour telle !

      Il a néanmoins écrit la Critique du Programme de Gotha, un texte assez clair et net sur le sujet, dans les principes d’une économie de transition.

      Dans la mesure, précisément, où le principe en est clair, pas besoin de s’étaler outre mesure, justement.

      Le livre n’est pas une recette de cuisine, seulement un schéma de principe.

      Nécessaire et suffisant pour s’en inspirer en fonction des conditions concrètes de chaque époque.

      Actuellement c’est pourtant un de ses textes les plus critiqués, et d’abord, par ceux qui se prétendent « marxistes »… Un comble !

      L’idée d’une transition, à partir d’une situation concrète, vers le communisme…

      L’ « utopie » comme but, et le chemin entrouvert, pour s’en approcher…

      S’engager sur le chemin, voilà ce qui me semble à la fois « progressiste », et communiste, au vrai sens du terme.

      Le paradoxe : un chemin où on se retrouve de plus en plus seul, à mesure qu’on avance…

      Humanité et « progrès » : une antinomie ?

      Luniterre

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      • Le progrès 31 octobre 16:01, par Luniterre

        "Humanité et « progrès » : une antinomie ?"

        A cette question, les partisans d’une sorte de retour en arrière semblent répondre oui, du fait de renoncer à poursuivre le débat, mais semblent surtout également incapables de répondre aux questions concrètes posées par cette affirmation.

        A quel niveau de technologie veulent-ils s’arrêter ?

        Jusqu’où veulent-ils vraiment reculer ?

        Que proposent-ils aux populations qui vivent encore dans le plus grand dénuement ?

        En réalité l’évidence du monde actuel est que le progrès est nécessaire pour de nombreux pays encore contraints à la misère par les inégalités dues à l’exploitation impérialiste.

        En finir avec celle-ci reste la clef d’une économie basée sur des échanges équitables qui nivelleront le progrès à ce qui est supportable pour la planète, si la conscience collective trouve par là le moyen de …progresser !

        L’équilibre des niveaux de vie qui en résultera mettra aussi un terme à la surpopulation, par le même phénomène d’autorégulation qui s’est déjà ébauché en Occident.

        La résistance et la lutte anti-impérialiste sont donc la clef du problème. Les "anticapitalistes" de l’Occident ne seront vraiment dignes de l’étiquette dont ils s’affublent que lorsqu’ils assumeront le lien insécable entre ces deux aspects de la lutte : anticapitalisme et anti-impérialisme sont les deux faces d’un même combat, tout comme capitalisme et impérialisme sont les deux faces d’une même pièce.

        https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

        Luniterre

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  • Le progrès 17 octobre 21:35, par Jean Cendent

    @Olivier MONTULET
    Très bonne question.
    Question fondamentale.


    S’il n’y avait pas la division de la société en classe, s’il n’y avait pas l’exploitation de l’homme par l’homme, le progrès pourrait être humainement dirigé par les hommes dans les directions choisies en conscience par eux.

    Bien d’accord,

    Merci do pour cet article.

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