Christiane Taubira va-t-elle porter plainte pour racisme contre la présidente de ce tribunal d’exception ?
Il s’agit de la manif -Palestine du dimanche 13 juillet 2014.
Un moment, on a cru à une caricature, un mauvais film. La présidente du tribunal (blanche, la cinquantaine, fort accent bourgeois, coupe au carré) harangue le prévenu (jeune, arabe, des marques des coups infligés par la police encore sur le visage), lui coupant sans cesse la parole, lui reprochant chaque mot qu’il tente : « Vous dites que le contrôle d’identité était abusif, mais est-ce à vous d’en juger ? Vous n’êtes pas ici pour vous exprimer, mais pour répondre à mes questions. »
De l’entrée en matière, où elle se moque de son nom de famille (Racisme ?), à la conclusion – une peine de quatre mois ferme avec mandat de dépôt (incarcération immédiate) pour avoir refusé un contrôle d’identité et s’être débattu – chaque minute de l’affligeante et courte scène qui s’est jouée mardi devant la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris faisait croire à une triste farce.
Lorsqu’il ose demander que l’on évoque les auditions de son petit frère et de son ami « blanc » Renaud, qui lui n’a pas été contrôlé, elle le coupe d’un ton sec : « Je lis les témoignages que je veux. On n’est pas à la cour d’assises ici. » La présidente parle de la djellaba que portait Mohamed dimanche en disant « accoutrement ». Racisme ?
L’avocat : « Les trois policiers ne s’en sont pris qu’aux personnes de type maghrébin, on a l’impression d’une bavure policière, au racisme latent, plaide l’avocat. Quand mon client vous dit qu’il est contrôlé toutes les semaines, ce qu’on peut surtout retenir, c’est que malgré ces humiliations répétées, c’est la première fois qu’il est arrêté pour rébellion. »
Quatre mois ferme !






















































