Raja Abdulhaq, 14 février 2026 :
La publication du dossier Epstein a bouleversé les réseaux sociaux, qui se sont rués pour vérifier la moralité des noms qui figurent ou non sur la liste. Cette obsession pour « qui est dans le dossier » exonère de fait les institutions américaines, en focalisant l’attention sur des déviances individuelles.
Le récit dominant qui traverse le spectre politique en vient à suggérer que le soutien indéfectible de Washington à Israël et sa complicité directe dans le génocide à Gaza sont le fait de politiciens compromis et contraints par des services secrets étrangers.
Ce cadre analytique est déficient, car il se base sur l’hypothèse erronée que la classe politique américaine est en quelque sorte guidée par une boussole morale libérale, et que son soutien à un massacre de masse est un écart de conduite par rapport à ses valeurs, par ailleurs bienveillantes.
En réalité, les élites coloniales et capitalistes occidentales n’ont pas besoin d’être contraintes pour justifier leur participation à la destruction de la vie palestinienne. L’alliance américano-sioniste est enracinée dans des impératifs matériels et idéologiques, Israël fonctionnant comme un avant-poste clé de l’hégémonie américaine et un laboratoire militaro-industriel stratégique dans la région.




































