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Notre position sur le mouvement des « gilets jaunes »

dimanche 10 février 2019, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 10 février 2019).

(d’après l’assemblée des assemblées)

Nous reconnaissons une fibre libertaire dans les outils utilisés sur le terrain : autonomie, action directe sans intermédiaire, démocratie directe avec des assemblées locales et une assemblée d’assemblées semblant se diriger vers un fédéralisme revendiqué. Comme eux, nous pouvons dénoncer la répression, le mépris, le dénigrement venant de ce gouvernement ainsi que sa campagne de communication médiatique (grand débat…), de même que des médias à ses ordres. Comme eux, au niveau économique, nous dénonçons les inégalités sociales et sommes pour une amélioration des conditions de vie des « défavorisés ». Sur le plan tactique, nous ne pouvons qu’encourager la création de comités dans les lieux de travail, des grèves et un blocage de l’économie.

Mais pourquoi ces moyens et ces tactiques si sympathiques à nos yeux et qui sont aussi les nôtres ne débouchent-ils pas sur le même but que le nôtre ? Parce que ce mouvement rassemble des personnes appartenant à deux classes distinctes et aux intérêts opposés : travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants pauvres d’un côté et petits patrons exploitant les premiers, de l’autre. Par l’alliance exploiteurs-exploités, la synthèse des revendications ne peut aboutir qu’à un concept national, opposé à un concept a-national prônant l’union des exploités contre les exploiteurs.

Et, de fait, ce mouvement ne remet pas en cause le système politique et économique dans lequel nous vivons, l’État et le capitalisme, mais veut simplement un changement de République et de « représentants » de l’État, parce qu’il est fondé sur un citoyennisme (le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple) se limitant à une nation, un territoire. Nous aussi, anarchistes, nous voulons une autre société, mais dans un monde sans frontières, organisé de manière non hiérarchique en communes libres, autonomes et fédérées entre elles par un contrat d’entraide – l’humain restant la base de cette société.

Posté le 9 février 2019 par Syndicat Intercorporatif de Montpellier

CNT-AIT / Montpellier

17 Messages de forum

  • A mon avis on ne peut rien dire sur le mouvement des Gilets Jaunes qui est bien sûr noyauté par toutes sortes de "raclures", "coloquintes", "endives" et autres manipulateurs. Ils sont condamnés à refaire la même chose tous les samedis pour maintenir l’image d’un mouvement compact, puissant et agissant et ne pas regarder les oppositions internes du mouvement. Les porcs qui ont introduit le RIC pour liquider les revendications immédiates, ultra légitimes et pertinentes ne sont pas forcément majoritaires mais ils essayent de le devenir en durant, ce qui va jusqu’à faire semblant de ne pas connaître l’initiative de Commercy ou à hurler de rage lorsque Rodriguez fait un selfy avec Benetçenot (ou Besanceniais) je sais plus.

    Notre rôle est simple à définir = attaquer le RIC pour contrer l’influence des UPR - FN - Chouardistes et des réformistes républicains type FI.

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    • Le RIC a été imposé PAR LES MÉDIAS pour faire oublier les augmentations de salaires.

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      • Tout à fait ! Les media, en coordination avec E. Philippe et Castaner, ont d’abord essayé d’imposer Cauchy et Chalençon, mais ça n’a abouti qu’à l’exclusion de ces faux leaders / Alors ils ont mieux compris par qui le mouvement est réellement noyauté et comment utiliser la période des fêtes de fin d’année pour aider les noyauteurs droitiers ou confus qui veulent surtout le RIC / Ces noyauteurs là sont moins stupides que les starlettes et les porte parole autoproclamés, moins faciles à démasquer que la liste "Ingrid". Ils misent sur la durée pour devenir les représentants légitimes de GJ lorsque 50, 60 ou 70 % des GJ actuels auront décroché !

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        • S’i crèvent vraiment de faim, c’est les autres qui vont décrocher !

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          • En province et dans la ruralité les GJ sont majoritairement des salariés qui ont acheté une Citroën Berlingot ou une Clio diesel à crédit et ont refusé de se faire niquer par la taxe carbone des écolos. Se sont ajouté les petits propriétaires qui ont hérité ou accédé à la propriété d’une bicoque et ont refusé de refaire un crédit pour changer la chaudière et foutre une chaudière à pellets qui crache plus de benzène qu’une Dodge Ram 6.7 … Tu ajoutes les fumeurs énervés, les motards en colère, les mecs qui ont envie de cramer les radars, … et moi, et tu verra très vite que ce mouvement n’a rien à voir avec celui des chômeurs en 1997-1998 ! Sur le rond point où je suis allé 3 fois, tout le monde détestait les écolos et leurs niaiseries, tout le monde savait que 20 cargos polluent comme 1 milliard de bagnoles ! …etc…etc.

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      • Notre position sur le mouvement des « gilets jaunes » 10 février 17:22, par Jean Cendent

        Pas besoin d’aller si loin "dans mon bled" ils ont adopté le circuit court.

        Environ 15 km entre le QG des Gentils Virus de l’ex-Région Poitou-Charentes (4 départements) et la cabane des GJ.

        Les petits patrons qui font partie des Gilets Jaunes sont en voie de prolétarisation. Une alliance est donc possible.
        Quand leur RIC déjà refusé par le gouvernement et "presque" tous les députés et partis politiques représentatifs, leur sautera au visage ?
        Ils décideront peut être d’aller tracter (quoi d’ailleurs ? la Révolution… ) devant Pôle Emploi sans faire fuir, les chômeurs, les précaires, les cassos…

        Il suffit de discuter correctement, c’est-à-dire de s’écouter les uns les autres.
        Si, depuis le 17 Novembre 2018 "localement" il n’y a jamais eu une seule AG, cela va surement être très dur pour eux de changer leurs habitudes conceptuelles de la discussion et de l’écoute. Et qui voudra bien leur faire confiance après tant de temps de silence restrictif et d’apolitisme douteux pour éviter justement toutes discussions fâcheuses sur le capitalisme, ses
        ressorts et souteneurs.

        Mais bon, j’habite très certainement dans un univers parallèle.

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  • Obtenir des augmentations de salaires substantielles ne sera déjà pas si mal !

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  • Les petits patrons qui font partie des Gilets Jaunes sont en voie de prolétarisation. Une alliance est donc possible. Il suffit de discuter correctement, c’est-à-dire de s’écouter les uns les autres.

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    • L’artisan ou le petit entrepreneur qui travail au quotidien sur les chantiers avec son personnel n’a pas forcément intérêt à les sous-payer. Augmenter le SMIC, pour la plupart d’entre eux, ne peut se faire actuellement qu’avec des aides publiques sur les charges, aides qu’ils doivent quémander tout aussi bureaucratiquement que leurs salariés pour la nouvelle « prime macron ».

      C’est pourquoi il est donc tactiquement nécessaire de revendiquer une nouvelle répartition des charges sociales, qui permettra d’augmenter réellement le SMIC sans surcharger les TPE-PME, qui représentent 70% de l’emploi salarié en France.

      https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

      Autrement dit, la base d’un front social populaire et prolétarien qui balaiera le système comme un fétu de paille, lorsque la base de ce front sera unie sur un programme revendicatif approprié. C’est l’ébauche d’un tel front qui s’était formée, sur le terrain, le 17 Novembre.

      Dans une toute première phase d’alternative, ce qui est stratégique, c’est de collectiviser les banques et toutes les grandes entreprises qui contrôlent précisément les secteurs stratégiques de la vie sociale et économique.

      Avec le temps et la pratique, le sort des TPE-PME se décantera, selon les cas, en coopératives, petites boites autogérées, etc… Un secteur « privé » ou « mixte », progressivement réduit, peu survivre sous le contrôle d’un état prolétarien… Évidemment, ce n’est pas un truc anar…

      Mais cela reste cohérent avec une économie de transition, dans la mesure où c’est la définition démocratique des besoins sociaux collectifs qui sert de base à ce contrôle, et non la loi du marché, qui est et reste toujours une base essentielle du capitalisme.

      (Une économie de transition socialiste est donc par contre incompatible avec le « programme de transition » de Trotsky, qui, en son temps et dans ses écrits, ne cachait pas sa préférence pour l’économie de marché. Fait aujourd’hui encore largement occulté par la plupart des trotskystes.

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/ )

      Luniterre

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      • Notre position sur le mouvement des « gilets jaunes » 10 février 18:55, par Jojo Staluniterrien

        Évidemment, ce n’est pas un truc anar…

        Non, évidement tu m’étonnes, mon bon petit père des peuples…

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        • Mais un truc efficace…

          Collectiviser du jour au lendemain la totalité du secteur privé en y incluant donc la totalité des TPE-PME, le boulanger du coin de la rue, le petit maraicher (bio ou non…) qui vend directement sur les marchés en ville, etc… c’est simplement s’assurer d’une guerre civile inévitable, et dans un rapport de force particulièrement défavorable.

          Et pour le reste un rappel, c’est Staline qui a mis fin à la NEP, alors que Trotsky voulait non seulement la prolonger ad vitam æternam, mais l’étendre aussi à l’industrie socialiste :

          « L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

          In "la révolution trahie", Trotsky, 1936

          https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

          Luniterre

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  • Une alternative au capitalisme ???

    Belle formule, en apparence…

    "Nous aussi, anarchistes, nous voulons une autre société, mais dans un monde sans frontières, organisé de manière non hiérarchique en communes libres, autonomes et fédérées entre elles par un contrat d’entraide – l’humain restant la base de cette société."

    Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire, sinon une sorte de marchandage entre "communes autonomes", c’est à dire en tant qu’entités économiques reposant sur leurs ressources locales, nécessairement très inégales…!

    C’est, comme Marx l’avait déjà démontré théoriquement dans son "Anti-Dühring" et Mao pratiquement en faisant 16,5 millions de morts dans ses "communes populaires" entre 1958 et 1960, le retour à une forme particulièrement primitive et barbare de capitalisme, voire, à brève échéance, de féodalisme…

    Bonjour l’alternative…

    Luniterre

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  • C’est plus pour répondre aux commentaires qu’à l’article. L’anarchisme ne peut être compris qu’en le considérant comme régime politique. C’est le seul régime politique qui donne le pouvoir à tous et à toutes. La forme dévoyée de l’anarchisme est quand personne n’a le pouvoir, le chaos. À partir de là nous pouvons voir que tous les autres régimes politiques ainsi que leurs formes dévoyées (quand le pouvoir travaille pour son propre compte au lieu de travailler pour le bien commun) se situent entre ces deux extrêmes et ne sont donc que des formes plus ou moins dévoyées d’anarchisme.

    Quand au communisme, il n’est pas un régime politique mais seulement une façon différente de gérer l’économie de la civilisation industrielle et son productivisme. Ainsi, il s’inscrit dans le cours de l’histoire des civilisations vers une plus grande optimisation de l’exploitation qui caractérise l’ensemble des civilisations. Chaque civilisation a été pire que la précédente et la nôtre qui fut globalisée de force pendant les colonisations puis industrialisée ne fait pas exception. Le productivisme industriel implique une hiérarchisation très poussée du travail, hiérarchie qui vient renforcer celles de la richesse et de la politique. Le seul moyen d’échapper à cela est non pas de mettre même les bourgeois au travail obligatoire comme le proposent les communistes mais de supprimer le productivisme, de supprimer le travail obligatoire (quelque soit son nom à la mode).

    Les sociétés traditionnelles et leurs structures horizontales de pouvoir (donc anarchistes, les marxistes ne font que prouver qu’ils n’ont rien compris en les qualifiant de communisme primitif, le communisme n’étant pas un régime politique) se sont dévoyées dans les premières villes de l’antiquité, leur progrès et leurs structures verticales de pouvoir.

    L’histoire ne revient pas en arrière et ce mode de vie suprématiste fut globalisé par les colonisations puis industrialisé. Aujourd’hui nous savons que l’industrialisation est une catastrophe comparable à la solution finale d’Hitler, une catastrophe qui a déjà exterminé 60% du vivant et que le 40% restant va être exterminé à un rythme qui s’accélère avec chaque nouvelle technologie industrielle.

    Tout cela implique qu’il y a au moins 3 bonnes raisons pour mettre fin au productivisme industriel, c’est-à-dire pour arrêter la civilisation industrielle de consommation, d’exploitation et de destruction de masse :
    1) elle est non réformable, l’arrêter est donc le seul moyen pour stopper l’extermination du vivant dont nous faisons partie pour le meilleur comme pour le pire.
    2) l’arrêter est le seul moyen pour mettre fin au productivisme industriel et à sa hiérarchisation poussée et aliénante du travail. Nous serons débarrassé du même coup du capitalisme et des faux espoirs du communisme productiviste.
    3) l’arrêter est le seul moyen pour se débarrasser de la civilisation et de son suprématisme, le seul moyen de donner un sens positif à la fin de l’histoire comme on nous l’apprend à l’école, le seul moyen de pouvoir retourner à des modes de vie pluriels basés sur le local.

    à noter aussi qu’Hitler était un amateur. Il ne faisait tuer que celles et ceux qu’il n’aimait pas et encore, il a laissé des survivants. La société industrielle ne s’embarrasse pas de tels scrupules, les innombrables espèces animales et végétales qu’elles a exterminé ont disparu pour toujours. Ce n’est pas photoshop ou hollywood qui les ressusciteront. Vu l’ampleur de cette extermination et son rythme qui ne cesse d’accélérer, nous n’avons en fait pas d’autre choix que d’entrer en résistance et de tout faire pour arrêter ce massacre. Mais ça, ce ne sont pas les communistes et leurs syndicats qui vont nous le dire, eux qui ne sont que les fidèles chiens de garde du progrès et de son productivisme industriel mortifère, aliénant et périmé. Il n’est plus possible de continuer à être hypnotisé par les promesses quasi-religieuses du progrès et la seule inconnue est de savoir si ce productivisme va disparaître avec nous ou si nous allons réussir à l’arrêter avant qu’il ait fini de niquer le vivant dont nous faisons partie.

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