
C’est William Cohen, secrétaire américain à la défense, qui joue la première scène de cette manipulation en annonçant à la chaîne américaine CBS : « Nous avons vu la disparition d’environ 100.000 hommes en âge de service militaire… Ils peuvent avoir été assassinés. »
Quelques jours plus tard, les esprits étant suffisamment échauffés, le doute peut laisser place à l’affirmation. Le secrétaire d’Etat « pour les crimes de guerre » [sic !] annonce d’un air tragique (quel bon comédien !) que « 225.000 Albanais âgés de 14 et 59 ans ont disparu. » Chaque mot étant pesé, disséqué, analysé, « disparus » doit être compris comme « tués ».
En faisant monter la tension crescendo, d’autres sources militaires américaines tablent, elles, sur le chiffre encore plus impressionnant de « 400.000 victimes ». Le mot « génocide » apparait et se généralise.
Les comparaisons vont bon train, les Kosovars d’aujourd’hui ressemblent à s’y méprendre aux Juifs d’hier. « Serbe » devient synonyme de « nazi ».
L’intoxication enfle au même rythme que s’accroissent les préparatifs militaires des Alliés. Plus le chiffre des « disparus », « massacrés », « torturés », « déplacés » grossit et plus le dispositif militaire dans la région se renforce. Les avions, les bateaux, les hommes de troupes, les chars, les hélicoptères… se déploient pratiquement à la même vitesse que les flots de mensonges déversés par les experts en communication du Pentagone.
Pour mettre fin au massacre il n’y a pas d’autre solution que d’abattre ce « monstre sanguinaire qu’est Slobodan Milosevic ». « Pour sauver les Kosovars assassinés sur les bords des routes ou expulsés de force de leur maison, il faut que les Etats-Unis envoient leurs ’boys’ mettre de l’ordre puisque les Européens sont incapables d’arrêter ce génocide. » Les experts en communication ont réussi à « communiquer ».
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