Nicolas Dot-Pouillard, 2013 : Le mouvement national palestinien et la crise syrienne : une division contenue
En février 2012, Ismaël Haniyeh, Premier ministre du Hamas dans la bande de Gaza, prononce à la mosquée al-Azhar, au Caire, un discours rompant avec la logique de conciliation entre le régime et l’opposition syrienne initialement adoptée par le mouvement pendant plusieurs mois. Le changement progressif de positionnement du Hamas n’est pas étranger à la radicalisation militaire du conflit syrien : l’affrontement entre l’armée régulière et les combattants de l’Armée syrienne libre, à Homs, semble augurer d’un tournant majeur du conflit.
Le Hamas est pris dans un système de double affiliation. D’une part, il doit ménager l’Iran, ainsi que le Hezbollah, avec lesquels il a noué un partenariat non seulement politique, mais aussi logistique et militaire.
D’autre part, il doit prendre en compte une dynamique régionale globale, marquée par l’émergence des Frères musulmans sur les scènes électorales égyptienne, tunisienne et marocaine, ainsi que par le poids géopolitique du Qatar et de la Turquie. Ses liens avec les Frères musulmans syriens favorisent son éloignement progressif du régime de Bachar al-Assad. Il doit désormais prendre parti. Une certaine rupture avec « l’axe de la résistance » se dessine.
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